LE PROGRÈS DANS LES SCIENCES
des bacilles, de la contingence de la virulence, des variations bactériennes, la rareté de la multiplication de ces parasites dans le sang, la prédominance de l influence des toxines ; ces toxines sont aptes à engendrer, en touchant aux organites, des désordres morbides ou les bienfaits de l’état réfractaire ; elles sont propres par conséquent à créer des lésions ou à conduire à la sérothérapie, etc.
Le nombre de ces progrès est tel qu’il est permis de répéter avec Goethe, en songeant à la variété de ces notions expérimentales : « L' expérience corrige l'homme tous les jours. » — La rapidité de cette évolution est si considérable que déjà le chercheur le plus humble connaît des choses que Pasteur ignorait; semblable à un pygmée hissé sur les épaules d’un géant, il découvre un horizon plus étendu que celui du Maître.
Il n’est pas impie de parler de la sorte ; car, si un savant ajoute des connaissances à l’ensemble des notions acquises, d’autre part il détruit quelques-unes des opinions de ses prédécesseurs ; il enseigne ainsi l'insoumission aux autorités morales, insoumission parfaitement conciliable avec le respect des personnes. D'un autre côté, un expérimentateur ne découvre jamais l’absolu, tout au moins dans les sciences d’observation; s'il en était autrement, cet absolu comprenant tout, nous n'aurions plus qu'à fermer nos livres; nous pourrions de la sorte satisfaire notre tendance au repos, mais nous mécontenterions notre appétit de curiosité. A cet égard, on peut se rassurer ; il n’est que trop aisé de voir les facilités qu’auront nos successeurs à être plus instruits que nous, perspective de nature à rendre modeste le travailleur le plus favorisé.
Du reste, plus une science avance , dit Cl. Bernard,