RÉFLEXES ET MUTATIONS NUTRITIVES
instinctifs, spontanés, ne réveillant que faiblement la conscience. — Les humeurs, le sang modifiés impressionnent directement les centres; leur composition entraîne des modifications dans la mécanique thoracique, comme aussi dans les processus intimes de la nutrition des tissus.
Qu’est-ce au fond que l’inhibition ou plutôt que sont en définitive quelques-uns des elléts de cette inhibition, sinon l’arrêt ou le ralentissement de ces mutations, de ce que Brown-Séquard appelait les échanges, sinon en dernière analyse la diminution de l’oxygène consommé, de l’acide carbonique formé! Que de conditions physiques. chimiques, psychiques sont capables d’agir dans ce sens ou dans le sens contraire, dans celui de la dynamogénie? Qui n’aperçoit l’immense étendue du chapitre entr’ouvert? Qui ne se rend compte que des interventions nerveuses directes ou réflexes ne conduisent à rien moins qu’à l’étude de la nutrition considérée dans ses formules prédominantes au point de vue des combustions, des oxydations, de la thermogenèse? Le jour où ces questions solliciteront nos méditations, d’abondants développements permettront de pénétrer plus avant dans 1 analyse de ces défenses qui reposent en partie sur l'oxygénation, mais qui sont également liées à l'intensité des mutations nutritives.
A ce point de vue, la participation de l’appareil nerveux est d autant plus importante que son influence ne se borne pas aux modifications imposées au système broncho-pulmonaire, aux actes respiratoires, elle intervient encore par l’intermédiaire de la circulation.
Cl. Bernard estime que la sensibilité du cœur lui permet de réagir sous l’influence des excitations les plus variées; Neumann, Paalzow, Ravig, Heidenhain, Ch. Bichet, plus encore François Franck, etc., ont étudié ces
-94 RÉFLEXES CIRCULATOIRES. — RÉGULATEURS DE PRESSION, modalités réactionnelles; faibles, ces excitations accélèrent le myocarde; trop fortes, elles le ralentissent; elles irritent la membrane interne des cavités ventriculaires; elles provoquent des oscillations de pression qui s'exécutent rapidement. Ce sont ces relations nerveuses entre le centre et la périphérie qui dans quelques affections, dans l'insuffisance aortique, par exemple, permettent de comprendre la physiologie pathologique du processus. On reproduit, en effet, le tableau de cette maladie de Corrigan soit en perforant les valvules à l’aide du valvulotome, soit en pratiquant des irritations de cet cndartère sans aucune perforation, autrement dit sans véritable insuffisance.
Grâce à ces phénomènes réflexes, l’économie corrige les conséquences des élévations notables de pression réalisées en un point déterminé; avertis, les centres répondent en ouvrant des réservoirs; c’est le cas du nerf de Cyon, de ce dépresseur par excellence; c’est aussi le mécanisme qui permet d’injecter sous vos yeux 200, 300 centimètres cubes d’urine, même davantage, à un lapin dont le sang en poids ne dépasse pas 13S grammes; ce sont encore ces propriétés des centres régulateurs soux^ent • actionnées par des réflexes, c’est le balancement des circulations, qui rétablissent la moyenne, quand. on supprime tout un territoire vasculaire.
Or, agir ainsi c’est assurer le parfait fonctionnement des glandes; c’est protéger l’organisme contre les congestion^, les anémies et même les hémorragies; d’autre part s’opposer aux stases, aux afflux sanguins ou aux ischémies, c’est s’opposer aux greffes microbiennes; c est aussi combattre l'apport des poisons. — Injectez des germes dans la circulation ; ils se développeront de préférence dans la zone dont vous avez lié l’artère ou la veine,