INFLUENCE DÉFENSIVE DE L’OXYGÈNE. — LES VACCINS
tissus; les conditions physiques des milieux ambiants, surtout les agents atmosphériques concourent ainsi dans une assez large mesure à la sauvegarde de l’économie.
L’oxygène, par exemple, principe éminemment utile quand on l'utilise dans de sages proportions, devient nuisible à trop forte dose, occasionne du délire, une véritable intoxication. Les êtres monocellulaires n échappent pas à cette influence; grâce aux modifications subies par eux, Pasteur a pu fixer en quelque sorte un type parmi les races de bactéridie charbonneuse, type assez actif pour engendrer une légère infection vaccinante, assez atténué pour que cette infection guérisse habituellement. Donner à une espèce des caractères déterminés, mais surtout rendre ces caractères durables, transmissibles, héréditaires, permanents : c’est là une des plus belles conquêtes de la bactériologie.
La création des vaccins figurés repose entière sur ce principe d’asservissement, de domestication des microbes; on parvient à obtenir une fixité suffisante pour rendre ce procédé pratique, pour permettre d’abaisser la mortalité* dé manière à faire disparaître les champs maudits. Néanmoins, on court toujours quelques risques ; le germe peut être trop affaibli, et dans ce cas il est impuissant à créer même l’état réfractaire; s’il est au contraire demeuré trop résistant, dans ces conditions son inoculation n’est pas absolument exempte de dangers. Aussi préfère-t-on fréquemment les vaccins solubles, c’est-àdire l’injection des toxines suivant une technique déterminée, méthodedont j’ai donné une despremières démonstrations inattaquables. Pourtant, nul n’oserait affirmer que ces produits sont totalement inoffensifs; notre ignorance sur la composition des sécrétions bactériennes est trop profonde pour tenter une telle affirmation, d’au-