DÉFAUT D’ALCALI.NITÉ. — ANOMALIES NERVEUSES
analogues à celles qui se déroulent, quand, pendant la croissance, les besoins excessifs de l’allongement appauvrissent ce névraxe par de semblables procédés, en parvenant à soustraire quelques-uns de ces éléments constitutifs ; c’est, dans ces conditions, que surviennent des céphalées, des palpitations, parfois des accidents choréiques, des crises épileptiformes, etc.
Il suffit d’enregistrer de pareilles perturbations morbides pour acquérir la conviction que cette alcalinité organique est nécessaire pour protéger l’économie contre les désordres nerveux, comme elle est nécessaire pour la défendre contre les troubles de la nutrition, contre les diathèses, contre les dyscrasies, contre l’uricémie, la lacticémie, l'oxalémie, l’état goutteux, etc., dont le fond môme consiste dans l’hyperacidité plasmatique.
D’ailleurs, lorsque ces principes acides atteignent certaines proportions, ils sont capables de provoquer des lésions variées ; des injections d’acide lactique, d’acide oxalique altèrent le rein, à en croire Gaucher, ou môme le foie, suivant Minkowski, Boix; Pisenti estime que les ostéopathies dites hypertrophiques pneumiques dépendent de leur action, si cette action se prolonge longtemps. Pourtant, comme vous pouvez en juger, quelques-uns de ces corps sont doués d’une faible toxicité; il faut 0,64 d’acide urique ou 4,49 d’acide hippurique pour tuer 1000 grammes de matière vivante, proportions des plus minimes quand on considère les doses formées dansl’économie en vingt-quatre heures ; ces doses sont telles que plusieurs jours, plusieurs semaines sont nécessaires, si on veut accumuler les quantités indispensables pour faire succomber unhomme de poids moyen. D’autres produits, parmi ces matières, sont plus actifs ; je puis citer, à titre d’exemple, le composé éthyldiacétique; la volatilité de
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ÉTAT BACTÉRICIDE ET ALCALINITÉ HUMORALE. 3!
quelques-uns de ces principes fait que les voies respiratoires ne sont pas toujours indemnes.
Une modification à coup sûr plus importante n’est autre que l’abaissement do l’état bactéricide, réalisé sous de semblables inlluences. Cet abaissement est une des raisons qui expliquent les prédispositions créées par une foule de causes secondes, en particulier par le surmenage; ce surmenage, d’après Moscatelli, Colosanti, provoque l’accumulation de l’acide lactique, résultat du travail musculaire ; d’autre part, comme je l’ai vu avec Roger, il favorise l’évolution bactérienne ; de plus, Cohnstein constate que, dans ces conditions, le pouvoir germicide fléchit : on saisit sans peine l’enchaînement de ces processus.
Il existe cependant des dyscrasies acides, la goutte par exemple, qui ne paraissent pas rendre plus facile l’envahissement microbien; chez certains arthritiques, on note même des caractères de lenteur, de torpidité, au point de vue de l’évolution du mal, ou de sclérose, si on envisage le côté anatomique ; pourtant, en réalité, les acides organiques prédisposent aux infections.
Arloing inocule une culture de charbon symptomatique qui demeure sans effet ; à ce moment, il ajoute dans le muscle un peu d’acide lactique, et l’animal succombe. Mais si, avec Roux et Nocard, on analyse le phénomène, on arrive à se convaincre que cet acide intervient en débilitant le terrain, nullement en exaltant l’agent pathogène; tout au contraire, ce corps atténue cet agent, à la manière de HCl en solution étendue. D’ailleurs, d’une façon générale, si on veut obtenir une culture très virulente, très riche eh une toxine fortement active, il convient de supprimer toute acidité, condition que permet de réaliser l’emploi de viandes ayant