‹ Les défenses naturelles de l'organismeChapitre 28 sur 261 · PLURALITÉ DES TOXINES ET FORMES MORBIDES · texte numérisé non relu

PLURALITÉ DES TOXINES ET FORMES MORBIDES

quent que ces accidents dérivent de la mise en jeu de poisons spéciaux formés dans les tissus par la virgule pathogène; on ne pouvait les attribuer à cette virgule elle-même, soit parce que son passage dans l’urine est problématique, soit parce que ces désordres éclatent sans incubation. — A ce moment, j’ai achevé d’établir cette donnée capitale des propriétés morbifiques des toxines, en déterminant, tant par l’inoculation du bacille, que par l’emploi de ses sécrétions stériles, l’entérite, l’albuminurie, la fièvre, les hémorragies, la paralysie spasmodique si pathognomonique de la maladie pyocyanique : on sait l’importance actuelle et théorique et pratique de cette doctrine.

Le professeur Bouchard est allé plus loin, en soutenant que les poisons fabriqués par un agent pathogène sont de divers ordres; j’ai prouvé avec lui le bien fondé de cette conception, en montrant que, parmi ces corps, les uns sont solubles dans l'alcool, les autres insolubles. Il existe une sécrétion principale, habituellement de nature albuminoïde, qui confère au mal sa physionomie fondamentale; puis, à côté d’elle, variables suivant les conditions de vitalité du microbe ou de constitution du terrain, se trouvent des composés secondaires capables d’imprimer à l’affection des caractères, des formes accessoires, le type cardiaque, par exemple, si les matières qui agissent sur le cœur, matières fréquemment entraînées en solution alcoolique, sont assez abondantes ; or, les acides des fermentations figurées, si bien étudiées par Fermi, peuvent appartenir à cette catégorie d’éléments secondaires.

Toutefois, la source la plus considérable de ces substances réside dans la nutrition, dans la désassimilation.

Scliutzenberger a démontré que l’albumine se décompose, si on la chauffe en vase clos, en présence de la ba-

FORMULE DE SCflUTZENBERGER.

ryte; on obtient une scorie de produits ; la tête de la formule livre de l’urée, de l’acide oxalique, acide bibasiquc, très stable, qui, pour arriver à l’état de CO2 ou de H*0, doit passer par le stade d’acide formique ; les branches do la formule donnent des leucines, des leucéines, aboutissant par oxydation aux acides gras ; on obtient encore l’acide lactique, différents autres produits.

Pour s’éliminer, ces acides subissent des transformations successives qui les amènent à l’état d’eau ou de CO2; ils sortent alors par la peau, le rein, l’intestin, le poumon. Mais, si la nutrition paresseuse n’évolue pas suffisamment vite, si ces transformations sont trop lentes, ces composes s’accumulent, changeant ainsi la constitution des humeurs, la réaction des plasmas ; ces changements, loin d’ètre inoffensifs, entraînent diverses modifications anatomiques ou fonctionnelles.

Les éléments phosphorés des centres nerveux sont contenus dans des lécithines ou des nucléines. Les premières assez complexes comprennent de l’acide phosphoriquc, de la glycérine, des acides, des bases; leur décomposition est difficile à réaliser promptement. Les secondes plus simples contiennent également de l’acide phosphorique, des bases de la série xanthique. Si l’alcalinité organique fléchit, la fixité de ces principes diminue soit en raison de nouvelles tendances à la solubilité, soit parce que, la charpente minérale des os s’appauvrissant en phosphates sous l’action de cette acidité, le névraxe cède une partie de ses propres matériaux, des éléments de cet ordre ; ces éléments vont remplacer ceux qui abandonnent le système osseux.

On ne sera, dès lors, pas surpris de constater le développement d’une foule de réactions nerveuses anomales,

Page 1