PROTECTION ANATOMIQUE, MÉCANIQUE
Toutefois, cette évolution, dans des circonstances spéciales, devient lente, paresseuse, insuffisante pour conduire ces éléments à ces destinations finales. Dès lors, ils s’accumulent en proportions variables, faisant fléchir plus ou moins l’alcalinité, déterminant ainsi des dyscrasies acides, des abaissements de vitalité du côté du névraxe déminéralisé par suite du passage à l’état soluble, sous l’influence de ces acides, des composés riches en éléments phosphorés; ils diminuent également la résistance des différents tissus, en réduisant leurs propriétés bactéricides ou phagocytaires.
Telle est la vraie genèse de l’accroissement de pareilles substances. — Le défaut d’élimination cutanée assurément peut avoir sa part ; à ce titre, il concourt à désarmer l’organisme, à le livrer aux anomalies de la nutrition, aux irrégularités des réactions nerveuses pathologiques, aux accidents de l’infection triomphante. Mais, en général, cette influence est restreinte; le rôle des glandes sébacées, dans ces processus de défense, à certains égards est plus modeste.
Leurs sécrétions répandent à la surface externe une sorte de vernis protecteur, de couche isolante, de revêtement propre à s’opposer à la capillarité, aux adhérences intimes. Aussi, l’absorption cutanée est-elle singulièrement atténuée; quelques corps mis à part, particulièrement quelques composés volatils, des produits mercuriels, le salicylate de mélhyl, le gaïacol, etc., cette absorption est sensiblement négligeable; cet enduit graisseux s’ajoute à l’écoulement sudoral, au peu de perméabilité des stratifications de l’épiderme, pour nous protéger contre les agents extérieurs, principalement contre les poisons aussi bien que contre les parasites.
La sueur complète, à plus d’un point de vue, ces modes
88 TOXICITÉ DE LA SUEUll. — DÉFENSE PAR ÉLIMINATION.
de résistance. — A vrai dire, à l’état normal, Rôhrig constate que ce liquide est peu toxique; Oueirolo a des conclusions analogues; seul Arloing déclare qu’il suffit de 15 à 30 centimètres cubes de ce liquide pour tuer un lapin. Mais, remarquons, en premier lieu, que cet éminent expérimentateur a recueilli fréquemment ce produit en exprimant des linges, des flanelles, procédé capable d’introduire des éléments étrangers ; remarquons, eu second lieu, que les animaux ont succombé dans des délais de deux à quatre, à cinq jours; or, ces délais permettent de songer à l’infection, hypothèse qu’il faut écarter en semant les viscères.
J'ai repris ces recherches avec Mavrojanis, qui a fait fabriquer un vêtement, pantalon et veste, en caoutchouc ; après nettoyage parfait de la peau et de ce vêtement, il a soin de revêtir ce pantalon, cette veste, serrés fortement au niveau des malléoles ou des poignets de façon à ne laisser passer aucune goutte de sueur; le liquide s’accumule, comme vous pouvez le voir en examinant ce dispositif, dans des sortes de culs-de-sac formés par le tissu ; des robinets placés dans des points déclives permettent de le faire écouler.
Mavrojanis le plus souvent a opéré sur lui-même, condition importante pour la sincérité de l’expérience ; il a provoqué la sudation par le travail musculaire ou par la seule élévation de la température ambiante, tantôt à jeun, tantôt à peu de distance des repas, tantôt sans ingérer de boissons, tantôt après avoir pris des quantités variables d’eau ordinaire. — Comme on pouvait le prévoir, les résultats ont varié suivant les circonstances; les boissons, par exemple, diminuent l’action de cette sécrétion. Mais, d’une manière générale, la toxicité est demeurée faible; il a fallu en moyenne 110 à 140 ccnti-