LE FROID, LA CHALEUR, CAUSES MORBIDES SUFFISANTES
qui reparaît à titre de cause seconde. — Il y a plus.
Assurément, le froid facilite l’invasion microbienne, en faisant fléchir le pouvoir bactéricide, les mouvements des phagocytes, etc., assurément, les pleurésies, les néphrites a frigore peuvent être des affections d’origine bactérienne; toutefois, la diminution thermique est capable de créer la maladie sans le secours d’un microbe. — Que se passe-t-il lorsque brusquement un de ces abaissements thermiques impressionne le tégument externe? Cette brusque impression provoque des effets multiples ; elle peut, en particulier, à la manière des frictions répétées, retentir, comme nous l'avons vu, sur le système cérébro-médullaire, qui à son tour réagit sur les échanges ; l’albuminurie apparaît, albuminurie légère, souvent transitoire, quelquefois durable; cette persistance dépend, dans certains cas, d’un effet spécial de ce refroidissement.
Sous cette influence, la masse sanguine est refoulée dans les viscères, dans le foie, dans le rein; ce refoulement modifie les conditions de vitesse, de pression dans l'intimité de ces viscères; dès lors, la physiologie ou mieux le fonctionnement de ces glandes se trouve compromis, d'autant plus que, d’après les travaux d’Overbeck, de Nussbaum, l’hyperémie péritubulaire peut occasionner une vraie néphrite durable. Si on ajoute à cette cause le passage irritant des poisons humoraux devenus plus abondants par suite de la rétention cutanée, on conçoit que cetto lésion puisse être constituée sans le concours d’un seul germe. — Que ces germes, une fois le lieu de moindre résistance créé, affluent, se fixent à ce niveau, conformément à des expériences classiques, la chose est possible ! Mais pourquoi donc les agents atmosphériques qui modifient les échanges, la nutrition,