FOSSES NASALES : DÉFENSES PHYSIQUES, CHIMIQUES. III
fenses mécaniques contre (les corps étrangers solides, liquides. — Les aliments. — Le voile du palais. — L’épiglotte. — Nombre et variété de ces défenses au niveau de ces portes d’entrée.
Normalement l’air doit pénétrer par les fosses nasales ; c’est là sa véritable porto d’entrée. Aussi n’est-il pas surprenant de constater, à ce niveau, l’existence d'un certain nombre de défenses, visant les éléments nuisibles, les parasites, les produits solubles, etc., qui peuvent venir de l’extérieur.
En premier lieu, la filière étroite que ces éléments doivent traverser ralentit leur vitesse, favorise leur accolement aux parois ; les saillies, les angles, les poils, les vibrisses, les propriétés agglutinatives des sécrétions facilitent cet accolemcnt. — Faites l’expérience suivante: faites passer, dans un bouillon stérile, l’air qui arrive à l’orifice externe; pratiquez une opération identique pour celui qui, sortant par l’ouverture postérieure, va traverser le pharynx : vous constaterez, comme le prouvent les tubes que je vous présente, à quel point cet air s’est dépouillé en franchissant ce dédale.
Il y a plus. — Les parasites, retenus dans le mucus qui tapisse le revêtement de ces cavités, subissent une atténuation parfois considérable ; ies recherches de Lermoyez et Wurtz ont établi que la bactéridie charbonneuse, après un séjour de quelques heures dans ce mucus, devient incapable de tuer le cobaye. Cette atténuation n'est pas limitée à cette bactéridie ; elles’étend aux streptocoques, aux staphylocoques, au bacille du colon : je me suis efforcé de vous montrer, avec preuves à l’appui, qu'il s'agit là d’une protection générale. Or, ce mucus est un produit des cellules des glandes externes de la membrane de Schneider; sa sécrétion est quelquefois si abondante que son écoulement entraîne
112 ROLE DU MUCUS. — BACTÉRIES MUC1NOGÈNES.
mécaniquement des quantités plus ou moins considérables de germes.
Il est juste de remarquer que les travaux que j'ai poursuivis avec Desgrez, aussi bien que ceux de Babès, de Lepierre, de Wcyl, de Behring, etc., établissent que les parasites produisent des composés analogues. — L’apparition de la mucine dans les cultures est un fait incontestable, tout au moins dans des conditions spéciales. C’est ainsi que le microbe pyocyanique fabrique cette mucine dans des milieux faits avec de la viande, tandis que dans les liquides purement minéralisés on ne décèle rien de semblable; pour le bacille vert iluorescent, on enregistre des phénomènes inverses. — Ces substances sont insolubles dans l'acide acétique en excès; elles sont solubles dans des acides minéraux; sous l'inlluence de ces acides, elles fournissent des éléments aptes à donner un précipité avec la liqueur de Fehling ; elles contiennent du soufre, mais non du phosphore, caractère qui délimite leur parenté avec les nucléo-alburnines.
11 est intéressant de savoir que les germes sont mucinogènes, car, dans une série d’inflammations des membranes de revêtement, cette mucine augmente à un mo-
ment où, d’un coté, ces germes sont de plus en plus nombreux, où, de l’autre côté, les cellules apparaissent, de plus en plus altérées.
Grâce aux attributs germicides de ce mucus, les bactéries, dans des conditions déterminées, concourent à leur propre anéantissement, en donnant naissance à des principes défavorables à leur vitalité ; elles agissent comme nos éléments anatomiques, car les poisons biliaires, les poisons urinaires, si nuisibles à nos tissus, découlent du fonctionnement de ces mêmes tissus.
L’échauffement que subit l’air en traversant les fosses