‹ Les Défenses Sociales Contre L'AlcoolismeChapitre 6 sur 21 · A2 HO LI · texte numérisé non relu

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féculentes, les graines, les fruits pour la fermentation. |

Mais de telles boissons restaient rares, peu abondantes aussi parfois, les maîtres se les réser-

vaient, interdisant leur emploi au peuple, sous pré-

texte de prévenir l'ivresse et les désordres. Ainsi légiféraient les Péruviens, pour le « huinapu », boisson mousseuse, alcoolique, provenant de la fermentation de la chicha ou maïs. à L'’excitation de l'alcool n’est pas regardée simplement comme un tonique. Elle paraît être d'essence

divine. En l’utilisant on communique avec les dieux,

on obtient l’extase. La boisson fermentée fait partie du culte ; elle donne aux fidèles des hallucinations, des convulsions, des visions de Larache

Par suite, son usage est réservé à à certaines époques fériées seulement, aux fêtes sacrées.

C’est l'ivresse aiguë, collective, non l'alcoolisme habituel. Tous se réunissent avant la grande beuverie pour préparer Le boisson. Ainsi, les Indiens de la Guyane préparent la liqueur de cassave, où piwari,

dans un grand baquet commun au village ; ceux des

rives du Marañon mâchent, longuement le yucca avant de le déposer dans un bassin, où il fermentera.

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De même, leg Polynésiens se réunissent pour masti- …

quer les racines du piper‘méthysticum, qui produit

le kawa. À Costa-Rica, chez les Indiens, l'ivresse par

la boisson de maïs était générale aux jours fériés.

La boisson fermentée peut enfin être réservée aux guerriers quand ils combattent. Les Tobas du

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Brésil s’enivrent quand ils vont en expédition ; ils sont alors saisis de folie furieuse, hurlent, et se déchi: rent les chairs avant d'attaquer l’ennémi. Une pratique-opposée S'observe, il est vrai chez les Massaï, peuple belliqueux de l'Afrique orientale : l'usage de lalcoo! \ est interdit aux seuls guerriers. { Les deux ‘théories sont également justifiées : l'alcool, en anesthésiant, donné du courage au soldat poltron ; mais il à une action fugitive, brouille les idées, devient néfaste dans toute entreprise durablé, comme une expédition, une reconnaissance, qui exige Ja réflexion et la continuité dans les efforts.

A Nr ; Fa ( Si les boissons alcooliques ne sont pas assez abondantes, le sauvage fait exactement comme le civilisé : il recourt à des suecédanés, à des ersalz, substances | qui ont une’action excitante analogue. - AE ; Les sorciers recourent dans ün bul professionnel, aux boissons alcooliques, connaissent d'autres toxiques avec lesquels ils obtiennent 18 même effet ou un effet pire. Ainsi, les prêtres mexicains em-. ployaient, et le tabac, et le fruit d'une convolvulacée, l'ololiukqui, el un Datura, le tolosche, ét 1 epeyotl, cactée naine qui {donnait des visions colorées et excitait à la dromomanie. Les sorciers Samoyëdes ou Shamans usent d’une ammanite; nos sorciers, au Moyen Age, prenaient la mandragore, Ja jusquiame,

ec, (CITÉE …

Passons à la période de Thistorique. On note alors la découverte du vin. Cette boisson aurait été postérieuré aux autres ‘boissons fermentéés. Les < ES Egyptiens et les Celtes connürent toujours Ja bière re d'orge ; les Aryens burent. le soma; les Grecs, les” | Romains, les Germäains eurent l'hydromel. En Egypte é on aurait retrouvé, dès la première dynastié, des vases Et fermés avec un boûchon où ‘élait marqué le’ nom du 7

vignoble (1). Et la première représentation des Von 20 danges, suivie d° écrasement ‘des grappés, existe” SE > des bas-reliefs égyptiens des” HIT IV", V° dynasties. : PA (ne ‘ænophilie, ou passion du vin, se répandit rapide: ment en ce pays ; les Egyptologues y ont retrouvé les noms d’ une demi-douzaine de crûs renommés. à ss

| Chez tous les peuples anciens, iv résse fut regardéé comme surnäturelle, ‘et l'on attribua à à des héros À où à des dieux l'invéntion du Vin ; les Egyptiens en glorifièrent. Osiris, es Hébreux. Fe patfiarche Noé

(Bible PRRDRRN NN PES PME CALE NES

Déjà les moralistés, ‘en {220 avant notre ère,

sous Rhamsès IT, accusaient les boïissons fermentées. Dans le plus ancien livré de morale, l'est question de la manière dont on doit se iénir à table, un pue gobelet d'eau siipean pour étanéhèr. la soif êt ce peu

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d’ eau suffit aux besoins du corps. « Si tu es à table Fr avec un gourmand, ne mange que quand il aura fini ME 7e son repas ; lorsque c'est avec un ivrogne, ne mange Hi que lorsqu'il aura assouvi son désir.» Il existe une e balance égyptienne dont le poids oscille. L’ivresse Ke est comparée à ce pelit poids qui vacille avant de se M her etc. CARRE ae

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CPE à Bi: ie: Grecs eu du vin, ls étaient RUE par rapport à nous. Leurs cabarets ou: thermopolis qui rappellent les cafés maures, servaient des bois-

sons chaudes. Ne 2?

Pour eux, € comme pour les sauvages, le vin donnait # ‘inspiration, l'ambroisie était la pose ses Dieux. Dionysos ou Bacchus était le Dieu du vin, ses fidèles étaient les Silènes et les Satyres, et leurs fêtes”

Î étaient orgiastiques ; le vin donnait äux Ménades |

App inspiration prophétique. Ici encore l'ivresse n'était

point. continue, habituelle ; on Le recourait dans les

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en fêtes sacrées.

| AE L ivresse fut donc regardée comme sacrée : cet. 7) éaë était celui des bienheureux dans l’autre monde, ce ct le fidèle était admis äù festin des Dieux.

Ée dits, Pourtant l'ivresse. n' ‘était pas univérsellement #4 admise ; déjà on reconnaissait les méfaits des bois-

PE sons’ fermentées.… JE A j so ss à . Plufarque raconte que les: Spartiates En ne: ‘ er ‘enfants, des ilotes ivres pour les dégoüûter “durant, il est vrai qu il vécut de 5o'à r20 après Jésus-

; Christ, et 4 rapporté une légende. : : 1.

| De) æ— 16 —

De même Dracon à Athènes aurait puni de mort tous les délits sans en excepter l'ivresse ?

Chez les Romains l'ivresse était mal vue au moins au temps de Cicéron; cet orateur, dans la 2° Philippique, reproche à Antoine d'avoir été ivre au point de vomir en public (XXV)..

On raconte que les Hodus interdisaient le vin aux femmes et aux enfants: les matrones sor-

+ taient de table quand on remplissait les coupes. Ges- Re règles furent d' ailleurs: délaissées sous l'empire. F

De même que les sauvages actuels, et que les | Egvptiens, les Grecs et les Romains, les Persans et les Hindous regardèrent comme sacrées les boissons alcooliques, parce qu’elles procuraient l'inspiration K divine. Et pourtant ils conseilièrent la sobriété.

Les Persans eurent le haoma qu'ils célébrèrent dans PAvesta, les Hindous eurent 1e soma qu ils célé- brèrent dans les Védas.

Li 7. st i

à À. Le haoma de l'Avesta dans la religion :

À de Zoroastre D'EERS Le haoma est le même breuvage que le soma : -

hindou, mais it n’est pas aussi complètement divi-

nisé que le soma dans le Véda. Pourtant son importance ne-le eède à celle d'’ aucune divinité, les Dieux Jui ont sacrifié et l’ont prié. : “put

nn,

védiques : le breuvage sacré est confondu avec la

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Il est probable que les deux religions ont déifié 1e soma, parce qu'ils en ont reçu le culte d’une religion primitive commune (Victor Henry).

La prose de l’Avesta dogmatise ces ‘croyances

pluie, la fécondité, l’ambroisie, l’immortalité. Dans lAvesta on ne trouve pas d'interdiction

des boissons fermentées.

\ Pourtant les Parsis, qui actuellement suivent

cette religion, sont sobres, boivent peu de vin, moins

encore de liqueurs spiritueuses et ont l'ivresse en

horreur.

Leurs livres religieux prèchent la modération.

‘Au début, du xx° siècle leur Pa prêtre, ou Panchayet, ordonna, sous peine d'excommunication, la fermeture d’une boutique de marchand de vin, tenue par un Parsi dans un quartier fréquenté par dés coreligionnaires (1).

B. — Le soma des Hindous

- Dans Fe Rig Véda le soma est longuement célébré. On le retirait par fermentation d'une plante mal connue. On a pensé qu'il s ‘agissait d’une asclépiadée.

Le soma était de couleur jaune clair, il devait être

consommé en un très bref délai, sinon il tournait à

l'aigre et donnait la ET servait comme offrande aux Dieux. On n’en

(4) R. Menant. Lies Parsis, Annales du Musée Guimet, LE VI,

. A" partie), p. 92, Paris 1898.

raît actuellement déconcertante.

Les Védas sont des hymnes INOiNsS anciens qu on: + ne l'a admis ; on pense qu'ils sont des premiers siècles de notre ère, Mais encore s inspiraient- -ils ne au.

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