‹ Les déformations de la tête fœtale dans la présentation du siègeChapitre 9 sur 19 · TD · texte numérisé non relu

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tions plastiques dues à l’accouchement ont disparu, ce délai passé.

Dernier et suprême argument, elles existent dans l'utérus même, avant que l'intervention du travail ne puisse être soupçonnée d’avoir modifié la morpholosie de la tête. Bar nous en donne une preuve frappante et définitive en rapportant l’observation d’une femme morte en éclampsie, très près du terme, mais avant l’apparition de signes mêmes prémonitoires d’un accouchement prochain : l’enfant, extrait par césarienne, présentait des déformations caractéristiques du type de celles que nous décrirons ci-dessous.

En présence de ces preuves irréfutables, il faut donc bien conclure que ces déformations sont imputables à la grossesse elle-même.

Leur cause doit en être recherchée sans aucun doute dans la pression exercée sur l’extrémité céphalique par le muscle utérin et plus spécialement par la partie antérieure du fond de l’utérus avec laquelle est généralement en contact la partie de la tête déformée.

A première vue, il peut sembler que cet organe si souple ne puisse modifier sérieusement la forme de la tête fœtale, mais, malgré tout, même pendant la grossesse, la tonicité du muscle utérin est énergique et la tête fœtale est si malléable! « Nous en avons pour preuves, écrit Bar, ces asymétries craniennes persistantes qui se produisent chez le nouveau-né sous la seule pression subie par un des côtés de la tête pendant un decubitus prolongé. » Comment alors s’étonner que se déforme une tête comprimée deux ou trois mois avant la naissance, peut être plus

avant dans la vie intra-utérine, à un moment où les os du crâne sont bien minces encore? Il n’est pas impossible d’ailleurs que, dans certains cas, la fragilité de los, un rachitisme congénital peut-être, vienne augmenter ce pouvoir de compressibilité de la tête fœtale, bien qu'aucune observation connue de nous n’en fasse état.

Sans doute, le fœtus est libre dans la cavité de l’amnios et isolé en tous points par une couche de liquide qui répartit uniformément les pressions sur toute sa surface. En exécutant les mouvements actifs et en changeant de position, il n’entre en contact avec la paroi amniotique que d’une manière légère et momentanée. La tête, en particulier, est entourée d’un véritable matelas d’eau qui la protège de l’action utérine déformatrice, de telle sorte que, la quantité de liquide étant suffisante, la pression ne déforme pas ou très peu l’extrémité céphalique.

Mais, il n’en sera plus de même, si le liquide est en quantité plus restreinte, sans même qu’il s’agisse d’oligo-amnios vraie. Le fœtus ne sera plus alors isolé et garanti par lui contre la pression extérieure,

“et de plus, ses mouvements actifs seront empêchés

où gênés et très limités; aussi la paroi utérine lui imposera-t-elle une attitude fixe et cette immobilité sera d'autant plus absolue que le fœtus aura perdu de sa souplesse du fait du relèvement de ses membres inférieurs en attelle lorsqu'il sera en siège décomplété mode des fesses.

La cavité utérine étant régulièrement conformée en ovoide, ce sont les parties les plus saillantes du fœtus qui seront comprimées d’abord et surtout. Le muscle utérin entrera donc en contact particulière-

ment intime avec la tête sur laquelle elle viendra, dans les cas extrêmes, s’appliquer directement et se contracter sans cesse, et cette compression sera plus puissante encore, puisque, la tête étant cantonnée en un point invariable de l'utérus, elle sera ininterrompue. On comprend aisément que l’intervention de ce mécanisme sera maximum lorsque la tête sera retenue prisonnière par une corne utérine.

Ce sont, en somme, l'attitude fixe de la tête et la pression continue du muscle gestateur — conditions découlant de la diminution du liquide amniotique — qui permettent de comprendre ces déformations.

Plus la quantité de liquide amniotique sera minime, plus, évidemment, les déformations seront importantes. Nous verrons qu’effectivement, c’est presque toujours dans les cas d’oligo-amnios, qui est d’ailleurs une des plus puissantes causes de déformations fœtales qui soient, que l’on verra des modiiications très notables du crâne. Mais la quantité de liquide amniotique peut varier dans d’assez larges proportions sans qu’on puisse parler d'anomalies. Aussi, « on ne peut, dit Bar, différencier, de façon absolue, les déformations de la tête avec hydramnie normale et celles avec oligo-amnios; elles procèdent de la même cause », et ces derniers ne sont que l’exagération de celles-là. D’autant plus qu’il est des cas où la quantité de liquide est normale mais en apparence seulement, car elle est insuffsante pour protéger le fœtus contre la pression extérieure. L’oligo-hydramnie est alors toute relative, mais elle existe. « Il y a, en un mot, continue Bar, entre les cas avec oligo-hydramnie avérée et ceux avec hydramnie normale, des cas limites

que l’on peut ranger à volonté parmi les faits avec oligo-hydramnios ou parmi ceux sans oligo-hydramnie. >» Ainsi ne peut se justifier une classification des déformations basée sur ce critère. C’est pourquoi nous l’abandonnerons tout à l’heure.

Le liquide amniotique n’est peut-être pas seul à isoler dans certains cas la tête fœtale de la paroi utérine. L’épaisseur du placenta intervient sans doute. Bonnaïire et Schwab ont rapporté deux observations dans lesquelles ils racontent avoir rencontré un gâteau placentaire qui — interposé entre le muscle utérin et la tête — avait été comprimé de manière telle, qu’il en était résulté une atrophie des cotylédons qui avaient été tassés et atelectasiés sur une surface de la superficie d’une petite paume de la main, au point de contact de la tête. Celle-ci était régulière et nul doute qu’elle n’eût été déformée si le placenta n’était venu la garantir de l’utérus.

La pression utérine exerce son action déformatrice peut être de très bonne heure mais surtout dans les derniers mois de la grossesse. Son effort se trouve sans doute accru sous l'influence des contractions du travail, car, même si pour franchir la filière pelvienne la tête n’éprouve aucune difficulté, on peut aisément concevoir que ne peut être « normale une tête qui, pendant plusieurs heures, a supporté tout le poids des contractions utérines ». (Budin.)

Aussi, dans les cas où ces déformations sont très légères coïncidant avec une hydramnie paraissant normale, avec un ballottement céphalique observé très nettement pendant la grossesse, sans que les membranes ne se soient rompues prématurément,

nous serions assez enclin à penser, pour peu que le travail ait été un peu long, qu’elles n’ont d’autres causes que cette action de l’utérus pendant le seul accouchement.

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