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IV. Etats délirants

a. Délires d’emblée, protéiformes polymorphes, à marche le plus souvent aiguë, le plus souvent curables;

à base d’idées religieuses, érotiques, ambitieuses, liypocliondriaques, mélancoliques, de persécution.

l>. Délires systématisés des dégénérés (systématisation limitée sans tendance à l’évolution progressive) à marche le plus ordinairement chronique, à durée longue se terminant quelquefois par la démence. i

Les dernières formes d’aliénation qu’il nous reste à classer seront rapidement indiquées. Elles sont admises par la généralité des manigraphes et ne sont pas, comme les psychoses proprement dites que nous avons envisagées jusqu’ici, l’objet de contestations importantes. Aux aliénations dont la cause première réside dans une prédisposition spéciale, nous opposerons celles qui ne sont qvL accidentelles, celles qui se rattachent à de^ r facteurs étiologiques puissants, uniques, aequis%^ bien déterminés, incontestables, ou à des lésions matérielles constituées progressivement ou brusquement dans des cerveaux normaux.

Le groupement séparé de ces formes se justifie pour deux raisons principales : 1“ Elles ont un aspect clinique des mieux tranchés et uniforme pour chacun des groupes; 2“ leur cause immédiate est indiscutable; l’appareil symptomatique est pathognomonique de la cause elle-même. Le délire épileptique est tel, en effet, qu’à son seul aspect on diagnostique l’épilepsie.

En première ligne et immédiatement après les états dégénératifs nous rangerons les états délirants directement engendrés par les névroses : hystérie, épilepsie. Ici la psychose (hystérique ou épileptique) est manifestement liée à la névrose par un lien de cause à effet. L’effet est tellement subordonné à la cause qu’on peut désigner ces états sous le nom d'équivalents psychiques de la névrose. C’est en les considérant ainsi d’ailleurs que l’on peut être seulement autorisé à

ijQ LES DÉGÉNÉRÉS,

les groupera part. Cette considération élimine d’emblée, en effet, les états d’aliénation qui peuvent survenir chez des hystériques ou des épileptiques en dehors des accès. Ces états ne sont pas rares; ils sont alors caractéristiques d’un état dégénératif, qui préexiste, assez souvent à la névrose elle-même, et qui justifie le rapprochement que nous faisons des folies névrosiques et des états dégénératifs. 11 y a dans ces cas coexistence du délire névrosique et du délire des dégénérés; plus rarement le délire névrosique coexiste avec la folie simple ou le délire chronique. Nous ne nous attarderons pas à discuter la valeur de l’hypochondrie en tant que névrose. Celte conception qui s’est reproduite avec une singulière persistance depuis Morel, ne nous semble pas justifiée. L’hypochondrie ne possède aucun caractère nosographique qui puisse autoriser son isolement autrement que comme élément symptomatique.

Deux grands groupes d’aliénations accidentelles terminent maintenant cet exposé de classification : les ' démences organiques et les folies toxiques, groupes bien nettement délimités, irréductibles entre eux et aux groupes précédemment exposés, faciles à rattacher à leur cause génératrice directe, ayant enfin des caractères généraux bien tranchés. Les folies par intoxication, quel que soit d ailleurs le poison, ont des caractères communs, spécifiques; c’est à leurs formes aiguës qu’on peutappliquer en particulierl’épithète de délires hallucinatoires décrits à tort séparément comme entités mor-

GLASSIFIGATION DES ÉTATS PSYCHOPATHIQUES, 71 bides par certains auteurs. Les démences organiques sont réductibles à des lésions matérielles, destructrices de la substance cérébrale, quelle que soit la cause de ces lésions, quelle qu’en soit l’étendue, quelle qu’en soit la forme anatomique. Symptomatiquement, quelles qu’elles soient, elles sont réductibles à un affaiblissement des facultés mentales, général ou partiel, suivant la nature et l’étendue de la lésion.

Les trois groupes suivants compléteront donc notre tableau synoptique de classification.

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