‹ Les dégénérescences auditivesChapitre 14 sur 21 · Revisla speriment di Freniat. Vol. X · texte numérisé non relu

Revisla speriment di Freniat. Vol. X

sept cas avec autopsie, dans tous la circonvolution temporo-sphénoïdale supérieure était atteinte, et que dans douze cas, la seconde et la troisième l’étaient également.

« Sur vingt-cinq cas de surdité verbale rassemblés par le Dr Ervens, dix ne présentaient qu’une lésion du lobe temporal. Dans sept de ces cas, la première temporale était particulièrement prise, et dans les trois autres, les limites exactes de la lésion ne furent pas établies. Dans huit cas, la lésion comprenait aussi bien le pli courbe que la circonvolution temporale supérieure et les parties avoisinantes des lobes occipitaux et pariétaux, et un cas est rapporté comme dù à une lésion du pli courbe seulement. Dans ce cas, il paraît y avoir de la cécité et de la surdité verbale. Dans tous les cas, sauf un, il y avait une lésion évidente de la temporale supérieure ». (Ferrier.)

Les conceptions précédentes sont depuis les nouveaux travaux de Pierre Marie et de ses élèves remises en questions en ce qui concerne du moins Lliypotbèse d’un centre de surdité verbale. Il y aurait des faisceaux d’associa-

tions irradiant sur une zone beaucoup moins réduite et nette topographiquement. Psychologiquement aussi le déficit ne serait pas un et réduit à une catégorie aussi artificiellement restreinte que les psychologues et les cliniciens l’auraient cru. M. P. Marie met ainsi en dou.e la possibilité des aphasies sensorielles en particulier de la surdité verbale pure sans pour cela confondre les aphasies avec la démence.

Les cas de décharges auditives ou de sensations acoustiques avec lésions irritatives de la première circonvolution tomporale, apporteraient encore une preuve pour la localisation du centre auditif dans cette circonvolution. Gowers a rapporté deux cas de cette nature. Dans l’un, une tumeur dont la plus ancienne partie était au-dessous de la circonvolution temporale supérieure, déterminait des convulsions qui débutaient par une aura auditive rapportée à l’oreille opposée. Dans l’autre, une tumeur atteignant la première temporale, produisait des convulsions unilatérales qui débutaient par la sensation subjective d’un

grand bruit comme celui que ferait une machine. (Deseases of nervous System, Y. II,

Hughes Bennett a rapporté plusieurs cas de décharges de sensations auditives suivies d’une perte temporaire de l’ouïe, dans l’oreille opposée ou dans les deux. Ainsi, une femme sujette à des attaques épileptiques précédées par l’illusion d’un grand bruit comme celui d’une cloche dans l’oreille gauche, devenait temporairement sourde de chaque oreille après chaque attaque. Les deux oreilles étaient défectueuses, mais incontestablement la gauche davantage. On a trouvé la circonvolution supérieure atrophiée dans des cas de surdité de longue date, ou de sourds-muets congénitaux. Milles rapporte le cas d’un homme sourd depuis 30 ans; le cerveau, autrement normal, présentait une atrophie extensive des deux circonvolutions temporales supérieures. Broadbent décrit le cerveau d’une fernino sourdemuette chez laquelle, en plus de quelques lésions du lobule supra-marginal, il y avait une atrophie des deux circonvolutions temporales,

plus marquée à gauche. Les faits tirés de la pathologie humaine viennent encore à l’appui de la localisation de l’ouïe dans la circonvolution supérieure de ce lobe, tirées de la physiologie expérimentale et de l’anatomie comparée.

Les expériences do Baginski, comme les recherches microscopiques de Flechsig et Bechterew, montrent que le nerf auditif est en rapport avec le centre auditif de l’écorce, par la bandelette inférieure du côté opposé, et de là, par le tubercule postérieur des tubercules quadrijumeaux et le corps géniculé interne avec les fibres médullaires de l’écorce. Les expériences de Baginsky consistent à détruire le labyrinthe chez les lapins et à suivre le trajet de la dégénérescence. Il a trouvé une disparition marquée des fibres delà bandelette du côté opposé, et un certain degré d’atrophie dans le tubercule postérieur des tubercules quadrijumeaux et dans le corps géniculé interne. Von Mon a ko w dit aussi qu’après l’extirpation du lobe temporal chez les lapins nouveau-nés, on trouve une atrophie dans les

fibres médullaires correspondantes de la capsule interne et dans le corps géniculé interne du même côté; il confirme ainsi les idées de BAGiNSKY et de Flechsig.

Munck, en détruisant directement le lobe temporal chez le chien, produit la surdité psychique.

Luys a décrit l’atrophie de la circonvolution du coin chez des sourds-muets de naissance et chez de vieilles sourdes.

La lésion des centres ou des fibres conductrices peut être unilatérale, comme la surdité.

On doit à Seppelli une excellente étude sur deux cerveaux de dégénérés atteints de surdimutité congénitale.

L’un appartenait à une femme morte à 36 ans, l’autre à un homme de 40 ans.

Dans les deux cas il existe un arrêt de développement des lobes temporaux, au regard des autres régions cérébrales, en particulier une atrophie plus marquée sur l’un des cerveaux, dans la première temporale gauche.

Silvio Venturi a publié une note clinique

sur l’audition chez les dégénérés épileptiques (Arch. de Psijch., 1886). Il a noté chez deux d’entre eux, atteints de plagiocéphalie, un très notable abaissement de l’acuité auditive du côté opposé, et cela 30 fois sur 40 hommes, 25 fois sur 35 femmes.

Les fibres centrales des nerfs auditifs ne passent donc pas toutes, comme le voulait Meynert, à travers le cervelet, dans leur trajet vers les hémisphères cérébraux, hypothèse qui, d’ailleurs, ne concorde pas avec la destruction du cervelet lui-même.

Quelques fibres du huitième nerf passent indubitablement dans le cervelet, mais il semble que ce sont les fibres vestibulaires des canaux semi-circulaires et non les fibres cochléaires ou vrai nerf de l’audition.

Les cellules fusiformes, ou ciliées, crêtes papilles macules et taches auditives de la périphérie nerveuse de la VIIIe paire émettent des prolongements centripètes qui s’enchevêtrent

en plus autour des dernières divisions de l'acoustique.

En embryologie, on montre que ces éléments proviennent de l’ectoderme comme les centres nerveux.

Les rameaux nerveux issus de ces plexus forment les nerfs cochléaire et vestibulaire dont l’union constitue le tronc de la VI [Ie paire flanqué de ganglions (g. de scarpa, g. geniculé) puis le nerf se dédouble en racines antérieure (motrice) et postérieure (sensible) tout comme les nerfs rachidiens.

Les rameaux émanant du nerf vestibulaire (nerfs ampullaires, utriculaireset sacculaires) vont du bulbe au cervelet après être passés par des noyaux de relais (nerfs de Deiters et Bechterew), du cervelet des fibros centrales remontent au lobe pariétale (pariétale ascendante) et aux centres des mouvements associés de l’œil et de la face. Ainsi s’expliquent les irradiadiations spasmodiques observées sur certains dégénérés de l’ouïe, (diplopies, nystagmus, strabisme, dilatation et contraction pupillaire, etc.)

lésion centrale et audition corticale 57

Les rameaux du nerf cochléaire gagnent le noyau antérieur delà VIIIe paire et le tubercule acoustique. Delà, des fibres centrales se dirigent vers la région pariétale opposée; la majeure partie se distribue à l’écorce temporale opposée (lre circonvolution T), le noyau cochléaire est plutôt cérébral l. Flechsig et Held signalent la seule voie acoustique directe constatée dans un faisceau de fibres se myelinisant avant la lre temporale elle-même; puis se développent simultanément les centres acoustiques, les corps genouillés et la région temporale (Monakow). Après le développement des faisceaux et centres de la sensation organique et tactile, se développent l’odorat et la vision. (Soury) 2. Puis vient la maturation des nerfs de l’audition, en commençant par l’appareil du limaçon ; mais la myélinisation centrale des fibres auditives médullaires et cérébrales moyennes, précède celle du nerf optique lui-même.

D’après Flechsig (Neurol. Centralbl., 1897, p.

Page 1