Voir Revue d'Hayem. Tome XXVIII, 1886, page
arrêts de développement auditif 103
en une gouttière profonde. — Le sillon qui sépare le pli courbe de la circonvolution centrale postérieure est aussi élargi. — La 3° circonvolution frontale est atrophiée et sur le lobe occipital droit, la substance corticale a aussi disparu et les sillons sont élargis. — Il ne reste que quelques filets du tronc des deux nerfs auditifs.
Dans les Annales des maladies de l’oreille, pour 1876. l’auteur avait déjà publié un cas dans lequel, chez un sourd-muet, de 74 ans, on avait trouvé une atrophie des lobes occipitaux L
1. (Surdité ancienne avec Atrophie des lobes occipitaux. Gaz. medical. n° 29, 1880.)
CONCLUSIONS
On peut avec Gellé résumer comme suit les connexions physiologique des organes de l’audition, périphériques et centraux.
L’audition peut-être le point de départ de réflexes d’adaptation, de défense uni et hinauriculaires, et aussi des réflexes combinés avec les autres organes des sens (orientation); d’excitations motrices volontaires (attention) , ou inhibitoires (résolution) ; les images-acoustiques peuvent être simples ou associées, conventionnelles (musique, paroles) ou évocatrices d’images visuelles associés, (audition colorée); il peut y avoir rappel d’i-
mages auditives, représentations mnémoniques ou leur perte (amnésie, amusie); on peut observer l’excitation auditive, les algies ou dysesthésies auditives diverses (douleurs), les hallucinations l’objectivation de l'audition intérieure, où son obnubilation (incapacités, trouble mental); l’ouie peut-être le point de départ d’excitations motrices, d’adaptation à la reproduction du son (éducation, langage extérieur, écriture, ou perte de cette faculté, amnésie, aphasie); les troubles vaso-moteurs locaux et généraux, tels que la pâleur, la rougeur, le frisson, la salivation, les sueurs, peuvent s'associer avec les troubles de la sphère acoustique; les fonctions du cœur (palpitations, syncope) ; et des poumons (arrêt de respiration, angoisse,) comme de l’équilibration (rotation, chute à terre sans perte de connaissance) sont aussi en rapport possible avec l’état de l’audition.
Enfin au point de vue affectif, émotions, plaisirs, douleurs, antipathies et sympathies, l’état de la sphère acoustique joue un rôle important.
CONCLUSIONS
Quoiqu’il en soit l’état anatomique des organes de l’audition chez l’idiot ou le dégénéré peut fournir à l’examen direct des données intéressantes :
L’examen de la membrane tympanique peut déceler une affection de l’oreille moyenne (Sclérose, catarrhe, suppuration, etc.)
L’examen du conduit auditif externe et de la Trompe d'Eustache ne doit pas être négligé ; l’atrésie plus ou moins complète de ces canaux, est directement liée à l’arrêt de développement des parois osseuses, aux asymétries cranio-faciales ou au développement des formations adénoïdes étroitement liées à l’état d’arriération générale mentale et physique.
L’oreille externe au point de vue morphologique a une importance qu’on ne peut nier, après les travaux de Morel et Schwalre; au point de vue anthropologique, les mensurations auriculaires doivent être complétées par les mensurations craniométriques (brachycephalie des idiots à système sensoriel imparfait).
— Microscopiquement on peut observer des altérations des expansions nerveuses termi-
nales de la 8e paire et des portions de l’oreille interne qui s’y rattachent.
Des altérations centrales peuvent exister aussi, et se trouver en relations de cause à effet avec les lésions périphériques.
Dans des cas, (idiotie dite périphérique) à l’altération sensorielle correspond secondairement l’atrophie du centreinutilisé.
Inversement l’altération périphérique peut dépendre d’une lésion centrale primitive.
Les centres correspondants à la fonction auditive sont les zones temporo-occipitales moyennes et le lobe pariétal inférieur — les localisations précises ne peuvent être mieux affirmée, eu égard aux divergeances de détail des auteurs, en particulier pour ce qui concerne la surdité verbale.
L’anatomo-clinique appliquée à l’idiotie peut contribuer à éclairer les points qui nous occupent (autopsies de Seppili). Les données embryologiques corroborent les précédentes.
— Les causes de l’audition imparfaite chez nos malades, étant connues, il y a lieu d’y remédier par des méthodes pédagogiques spécia-
CONCLUSIONS
les, jointes à un examen organique minutieux, avec thérapeutique locale appropriée, au besoin.
Les procédés d’enseignement visent à développer par associations l’intelligence arriérée par imperfection des sens et insuffisance des acquisitions.
Le but vers lequel on doit tendre, est l’égalité sociale qui n’est possible qu’avec l’enseignement de la parole articulée (au lieu de la dactylologie).
Bien que difficile à appliquer à l’imbécile, cette méthode [doit être préconisée comme pour le sourd simple.
A son défaut Seguin recommande les applications de la musique à la gymnastique élémentaire, le chant pour les organes vocaux par exemple, le rythme mnémonique, etc., tous moyens qui mettent à profit la fonction auditive.