LBCR VALEUR DEVANT DIEU L
le combat contre les tentations ou dans l'accomplisseuent Elle est encore sujette aux divagations de l'esprit, aux épanchemeats extérieurs, qui sont un obstacle à l'union divine. (Xuit obsc, n, 2.)
Le désir ardent qu'elle a du ciel est fait en partie de charité brûlante et pure, en partie de l'amour du repos et d'un désir peu surnaturel d'être délivrée des luttes pénibles de cette vie. Elle se soumet, il est vrai, et « trouve une consolation dans la pensée qu'elle est retenue ici-bas par la volonté de Dieu, mais cela ne suffit pas » et ne fait pas disparaître les peines très vives que lui ■nt les amertumes de l'exil. En effet, « malgré toutes les qualités que nous lui avons attribuées, l'âme n'a pas encore cette union parfaite à la volonté divine que nous verrons dans les degrés supérieurs. .., elle ne peut davantage parce qu'elle n'a pas reçu plus de forces ». (5e Demeure, ch. n.)
137. Ajoutons que beaucoup d'âmes qui montent jusqu'à ce degré manquent de constance pour s'y maintenir. « Ces habitants du cinquième rocher, demande Suzo, ne s'abandonnent-ils pas entièrement en Dieu? » « Oui, répond Jésus-Christ, mais inconstance, ce qui fait que beaucoup ne persévèrent pas et retournent au quatrième rocher, en reprenant leur volonté propre et en vivant sans renoncer complètement à eux-mêmes; puis ils se repentent, se donnent de nouveau à Dieu et retournent ainsi au cinquième rocher. » Suzo : « Mais d'où vient cette inconstance? » Jésus-Christ : « Leur volonté particulière n'est pas entièrement morte. Ils sont cependant bien aimés de Dieu et plus parfaits que tous ceux que tu as vus jusqu'à présent; ils pouillent, dès le commencement, de leur volonté, pour se donner à Dieu, et quoiqu'ils ne persévèrent pas toujours dans leur renoncement, ils habitent pendant presque toute leur vie
m?nt celui que signale ici saint Jean de la Croix un :rdissem?nt par lequel l'âmî souhaite le repos et demeure dans ■d oisif, dans un vague entretien de ses pensées, dans un morne
rhn^rin, quand les choses ne lui réussissent pas. Ce défaut fut reconnu lard dans la Mère, et quand il le fut, tous les démons se mirent à le
«lnfendre comm? leur dernier retranchement dans la partie sensible.
I . i Mère ne s*en était pas aperçue elle-même ; car, ordinairement presque nne ne le connaît, parce qu'il ne porte pas directement au mal, à une certaine tiédeur qui empêche le bien. »(3e partie, ch. vn. m abrégea du P. Bouix, ch. xxxvm.)
le cinquième rocher; et après leur mort le purgatoire doit effacer la tache de leur inconstance, mais ils jouissent ensuite d'une grande gloire dans le paradis. »
§ 3. — Deux subdivisions du cinquième degré
138. C'est pour cette raison que l'auteur du Dialogue des neuf rochers, qui se donne comme- l'interprète du B. Suzo, compte ■relon nous, deux degrés, les cinquième et sixième rochers, là f)ù sainte Thérèse n'en marque qu'un seul,lacinquièmedemeure. .Dans l'un et l'autre il y a véritable renoncement, union sincère 3t complète de la volonté humaine à la volonté divine ; mais ce renoncement, déjà fréquent et même habituel dans le cinquième rocher, n'empêche pas qu'on y éprouve plus d'une défaillance.
On remarque, en effet, au début de la vie unitive, que c'est surtout dans les jours d'ennui et de peine que l'âme plus détachée se serre plus étroitement contre son Dieu; en dehors de cela elle est exposée à quelques relâchements : que par exemple, dans les moments où elle n'est pas sous le coup de l'épreuve, elle rencontre des objets qui lui plaisent, des créatures qu'elle peut et doit aimer, dont les qualités la charment, quelque travail, quelque occupation nécessaire, mais qui flatte ses inclinations, si elle n'y prend garde, elle aimera ces choses, selon le mot de saint François de Sales, avec quelque superfluité. Sans doute, au point de perfection où elle est parvenue, elle n'éprouvera que des attaches légères, elle n'aura à se reprocher que des faiblesses passagères, souvent rétractées par des actes de renoncement sincères et absolus, par les protestations qu'elle fera de n'aimer que Dieu seul. Du reste, ses oraisons toutes d'amour et d'abandon à Dieu suffiraient déjà à effacer ces quelques taches et à la maintenir dans des dispositions habituelles de vraie abnégation. Cependant, elle s'oubliera encore, il lui arrivera, dans la recherche de ces êtres dont elle subit l'attrait, d'obéir aux instincts de la nature plus qu'à l'inspiration de la grâce, plus qu'à l'amour du devoir.
Plus tard, si elle a continué de progresser, le renoncement sera devenu plus constant, il s'exercera dans la prospérité comme dans la tribulation. Ce s°rait là le sixième rocher. Là « sont les