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CHAPITRE PREMIER

L'héroïsme Définition et exemples

173. Nous rangeons dans le sixième degré les âmes qui pratiquent Ils v.-rtus d:um- manière héroïque.

Pour qu'une vertu atteigne l'héroïsme, il faut, dit Benoît XIV (De canonizatione Sanctorum) : 1° Que la matière en soit ardue." que la pratique de cette «vertu suppose, vu les circonshi;

nergie bien au-dessus des forces communes de l'humanité; 2° que ces actes de vertu soient accomplis promptement, sans hésitation; 3° avec joie et entrain; 4° et cela non en passant, mais à l'ordinaire, chaque fois que l'occasion s'en présente.

Cette facilité, cet entrain dans la pratique dts œuvres ardues, vant pontife l'attribue avec raison à l'influence des dons du Saint-Esprit. Ainsi il attribue la foi héroïque au don d'intelligence, l'espérance héroïque au don de crainte de Dieu, la charité héroïque au don de sagesse, la prudence héroïque au don de conseil, etc.. « Avec le secours des dons du Saint-Esprit, dit le P. Laliemant, les Saints en viennent à ce point de perfection de faire sans peine des choses auxquelles nous n'oserions ment penser, le Saint-Esprit leur aplanissant toutes les difficultés et leur faisant vaincre tous les obstacles. » (Doctr. spir., 4e princ, ch. in, art. 2, § 5.)

Il ne sera pas inutile de donner ici des exemples de ces vertus héroïques, que nous empruntons pour la plupart à Benoît XIV.

VERTUS THÉOLOCALES

174. Foi. — C'était une foi héroïque que celle qui donnait à saint Pie V, encore dans les ordres mineurs, le courage de remplir les fonctions d'inquisiteur — à Côme contre un béré-

tique de marque du nom de Planta, lequel, appuyé par des partisans nombreux et puissants, allait être nommé évèque — , àBergame contre l'évêque lui-même infesté du venin del'hérésie, et contre un certain Georges Medolaco, dont la popularité et le crédit avaient effrayé les précédents inquisiteurs et les avaient empêchés de procéder contre lui. Les périls qu'il courait, car il pouvait perdre la liberté et la vie, n'arrêtèrent pas le jeune religieux dominicain et ne l'empêchèrent pas de s'acquitter de ses fonctions avec succès, tant était grand son zèle pour la pureté de la foi.

Quand saint Gaétan apprit que la ville de Naples avait rejeté le tribunal de la sainte Inquisition et que le Concile de Trente s'était vu forcé de suspendre ses séances, il ressentit une peine si profonde qu'il en pensa mourir de douleur. Les juges, dans le procès de sa canonisation, virent avec raison dans ce fait une preuve de sa foi héroïque.

175. Espérance. — Héroïque était la vertu d'espérance dans saint Louis Bertrand, qui restait intrépide dans les plus graves dangers et qui, ayant même un jour avalé du poison, demeura sans inquiétude, se remettant entièrement entre les mains de Dieu. C'était aussi une espérance héroïque qui lui faisait supporter avec tant de patience et les' mauvais traitements que lui infligeaient les ennemis de l'Église et les plus cruelles maladies, pendant lesquelles il se plaisait à répéter : Domine, hic ure, hic seca, ut in seternum parcas. « Seigneur, brûlez-moi, déchirezmoi, torturez-moi en ce monde et que je sois épargné en l'autre ! i

C'est encore la vertu d'espérance portée jusqu'à l'héroïsme qui fit éprouver à tant de Saints de vrais transports d'allégresse à l'approche de la mort et répéter d'un si grand cœur les paroles de David : Lsetatus sum in his qux dicta sunt mihi : in domum Domini ibimus.

Héroïque est aussi l'espérance des Saints quand, en proie aux angoisses de la conscience, poursuivis même parfois par la pensée de la réprobation éternelle, ils ne perdent point l'espoir de la vie bienheureuse, ou encore quand, dénués de tout, accablés d'épreuves, en butte à mille oppositions, ils s'appuient sur Dieu avec une constance inébranlable.

Héroïque était la confiance en Dieu de saint François d'Assise, de saint Gaétan, voulant que les maisons de leur ordre ne pos-

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