‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 153 sur 170 · DE LA SA · texte numérisé non relu

DE LA SA

Lui d à su Divinité, puisqu'il lui a été fail

Là où je serai, sera aussi mon serviteur. là un ni plein de joie et de bonh< ur. L'i sprit y

perd son activité et disparaît dai de la divii

'"si là jus',! m ni son salut et sa félicité.... L'cspril d«ï hommes parfai r jusqu'à l'abîme de la Divinité, à

'intelligible;- il peut s'y plonger et nager dai ■mi» uis infini» s de la divine éss inçe, et là, détaché

immobile dans de la Divinité,

épouiile de l'obscurité de sa lumière naturelle .et d'une lumière supérieure. Dieu J'attire dans la simplicité de son unité, où il se perd lui-même pour se transformer en Dieu, non par nature, mais par g

infinie de lumière qui l'environne, il jouit d'un sil< née, qui est la paix et la félicité parfaite. 11 comprend le Rien éternel el tant qui i - et incompréhi nsible, le Rien q

l rien parce qu'il n'esl riende&chx s, et que l'tspr-it

humain ne p ul trouver aucune créature qui puisse le eont-nii : il voit que c s Rien surpasse toute intelligence et qu'il est ii:. prélt air tous.

« Lorsque l'esprit commence à se fixer dans les ténèbres d lumière, il perd toute propriété de lui-même, toute action; il ne inaîl plus, parc qu'il est absorbé, enseveli en Dieu. Et. comme à cette liant* ur de la contemplation il reçoit dai propi ice une lumière qui rayonne de l'unité de la divine

la trinité des Personnes, son esprit se perd . il meurt à lui-même et à l'emploi de ses forces :eultés; il esl ravi et comme égaré par une ignoi .absorbé dans le silence ineffable de la lun de L'unité suprême. C'est là le point le plus élevé que puisse atteindre l'esprit de l'homme.

iint Denys l'Aréopagite, appelle cet état : « la hau « inconnue et lumineuse, les ténèbres profondes d'une s; « deur éblouissante, le rayon de l' obscurité divine », | l'âme s'y unit à la divine Essence, et que, dans cet Océan de lumière, elle la voit, la contemple et la possède; ce qu'elle comprend dans ce ravissement, c'est que l'infini surpasse sa

i et qu'il reste inconnu à toutes les intelligences; i c i inconnu, i-lleen jouit à travers l'obscurité et les lénèbp sd'une

lumière qui lui découvre l'immensité et l'incompréhensibilité de Dieu. » {Traité de l'union avec Dieu, § 6, édition Cartier l.)

265. Cette contemplation merveilleuse ne saisit pas toujours Pâme avec autant d'énergie. Par moments l'impression sera moins forte; mais il restera un sentiment profond de la Divinité, une lumière qui, pour être plus douce et moins éblouisssante, ne laissera pas d'être également pénétrante et de maintenir une sorte de perception de Dieu extrêmement précieuse et salutaire.

C'est de cette contemplation de l'Être divin plus ou moins distincte, mais extrêmement élevée et féconde, que procède la joie essentielle décrite plus haut par saint Jean de la Croix; c'est elle qui engendre les actes d'amour de Dieu très sublimes dont nous traiterons plus loin, et qui rendent si merveilleusement élevés les mérites des âmes saintes.

Alors l'influence de la Divinité s'exerce sur elles puissamment, allumant dans leur cœur comme une soif de l'infini. Chacun •des attributs divins produit en elles son opération propre; en présence de la Sainteté divine, elles ressentent vivement leur impureté; l'idée qu'elles ont de la gloire et de la splendeur de Dieu fait mieux ressortir à leurs yeux leur propre laideur; la Toute-Puissance, l'Immensité, l'Éternité du Très-Haut,' leur faiblesse et leur impuissance, leur petitesse et leur néant.

266. Les lumières accidentelles que Dieu daigne accorder à Pâme épouse lui viennent assez souvent par la voie de la pure intelligence selon le mode de perception des anges et des âmes séparées. (V. suprà, n° 33.)

« Le quatrième (et suprême) degré de la contemplation, dit le P. Lallemant, est quand l'âme n'agit plus par l'imagination, qui sert aux ravissements et aux extases, mais que Dieu l'éclairé admirablement par des espèces ou par des lumières intellectuelles et indépendantes de l'imagination et des fantômes. Pour lors, il n'y a que la plus haute pointe de l'esprit qui agisse, ou pour mieux parler, qui reçoive l'opération de Dieu, et cette divine opération n'empêche point l'action extérieure des sens. . .

« Dans cet état Dieu donne quelquefois pour un temps,

1 Cs traité de l'union avec Dieu attribué au B. Suzo est-il bien de ■Iui?JEn tout cas estte doctrine est très belle et très juste.

quelquefois pour toujours, des connaissances si pénétrantes que, sans voir des yeux les personnes avec qui l'on traite, on les voit de l'esprit, et on sait ce qu'elles veulent dire avant qu'elles ouvrent la bouche. On sait ce qu'il faut répondre en toute occasion, et sur toutes les affaires qui se présentent. On reçoit des lumières surnaturelles pour se conduire toujours et en tout par l'Esprit de Dieu.

« C'était là le degré d'union divine où étaient ordinairement les Apôtres, même au milieu du monde et parmi leurs plus grandes occupations. (Doctr. spir., 7e pr., ch. iv, art. 8.)

267. Les lumières accidentelles peuvent chez ces grands serviteurs de Dieu devenir très fréquentes; elles portent surtout sur les dogmes fondamentaux de la Religion.

« Dans cet état si sublime du mariage spirituel, dit saint Jean de la Croix, l'Époux découvre à l'âme comme à sa fidèle compagne ses plus merveilleux secrets et, comme l'amour véritable et parfait ne sait rien cacher au cœur qu'il aime, Il le fait très fréquemment et avec la plus gracieuse condescendance. Par ces communications intimes II la fait entrer surtout dans la connaissance profonde de son Incarnation et des moyens admirables qu'il a employés pour accomplir la rédemption de l'humanité. » (Cant., str. XXIII.)

On voit un exemple de cela dans la vie de saint François de Sales. « Un jour qu'il se préparait à monter à l'autel, absorbé dans la méditation jusqu'à oublier l'heure ordinaire de sa messe, un de ses aumôniers étant venu l'avertir qu'on l'attendait : « Ah ! s'écria-t-il en se levant avec allégresse, je vais donc Le prendre ce divin Sauveur, je vais donc Le prendre. » Et il se revêtit des ornements sacrés en faisant paraître une joie extraordinaire. Interrogé ensuite par son confesseur sur le motif de cette joie : « C'est, répondit-il, que Dieu m'a donné de grandes lumières sur l'Incarnation et l'Eucharistie, et m'a inondé d'une telle abondance de grâces que la joie intérieure s'est reflétée sur mon extérieur. » {Vie, par M. Hamon, vi, 8.)

268. En parlant des grâces accordées aux âmes héroïques nous avons dit que celles qui appartiennent à la voie extraordinaire ne sont pas accordées à toutes. Cette remarque, le lecteur l'aura compris, s'applique aux âmes saintes : ainsi les lumières communiquées par voie de visions intellectuelles, la manifestation ou

déclaration faite par Dieu de cette union très étioite avec Lui, qui est le mariage mystique, l'absence de peines de cœur ou de souffrances intimes, ne sont pas essentielles à l'union transformante; des âmes peuvent l'obtenir sans recevoir ces faveurs. Ce qui parait essentiel a cette union, ce qui semble la consommation du travail de la grâce dans une âme, ce que les cœurs généreux peuvent désirer et demander avi Seigneur, ce sont les lumières très élevées sur Dieu, l'amour intense et sublime, la pleine domination de la grâce dans toutes les puissances del'âme avec cette paix profonde et constante, cette pleine possession de soi-même qui en est la conséquence.

§ 7. — Vertus admirables des grands Sai?its. Leur charité. Leur crédit auprès de Dieu,

269. « Quelques-uns disent que les âmes qui sont élevées à ce degré sont confirmées en grâce. Il est certain qu'elles exercent des actes de vertu si purs et si parfaits, qu'il n'est pas concevable combien ils honorent Dieu et augmentent le mérite de l'âme. »

Ainsi parle le P. Lallemant. Saint Jean de la Croix est de ceux quipensent que les âmes arrivées à ce d< gréd'amoursonteonfirmées en grâce (Cant., sir. XXII). Jésus, l'Époux très fidèle, pourrait-Il permettre que l'âme avec qui II a contracté une illiance si étroite, l'abandonne et se perde? Il déclarait, nous l'avons vu, à sainte Véronique Juliani qu'il voulait contracter avec elle une union perpétuelle et indissoluble. Sainte Thérèse au contraire semble reconnaître pour ces âmes la possibilité d'une faute grave h

Quant aux fautes vénielles de fragilité tous reconnaissent qu'elles en commettent encore. « Ne vous figurez pas, dit sainte Thérèse, que ces âmes, pour grands que soient leurs désirs et ferme leur résolution de ne commettre pour quoi que ce soit au monde une imperfection, en soient exemptes; elles ne laissent

1 Elle ne s'exprime pas claiicmcnl : « Des péchés mortels dont elles aient conscience, dit-elle, ces âmes sont ex. mptes, mais elles ne sont pas en sécurité; car elles peuvent en être coupables sans le savoir, ce qui n'est pas pour elles un petit touiment. » (7e Dem., ch. iv.)

pas d'en commettre beaucoup et même des péchés, mais non de propos délibéré. » « De vérité, disait la Yen. Marie de l'Incarnation, je suis une grande pécheresse, qui commets des lâchetés sans nombre, des puérilités sans fin, des faiblesses sans mesure. » ( Vie, iv, 1, p. 606.) Il faut sans doute dans ces aveux faire très grande la part de l'humilité, mais nous ne devons pas oublier que l'impeccabilité n'existe pas sur la terre. Nous ne comprenons pas, il est vrai, comment peuvent pécher ers âmes qui reçoivent des grâees puissantes et aussi continuelles, qui ressentent d'une façon habituelle la motion du Saint-Esprit, qui possèdent Dieu au centre (Telles-mêmes, dans une région où les orages des tentations ne pénètrent pas, bien plus qui ne ressentent que très

ement, dans la partie inférieure elle-même, les premiers mouvements des passions humaines : mais Adam et Eve

nt-ils moins favorisés ? Les anges, avant leur chute, surtout les plus élevés et particulièrement Lucifer, n'étaient-ils pas comblés d< s gi ■;';■ is précieuses et affranchis de toute

concupiscence? Cependant ils furent gravement infidèles; il n'est donc pas étonnant que ces âmes saintes, malgré tant de faveurs, restent sujettes à de très légères infidélités.

'. C\ s' ici que tes auteurs mystiques placent le désintéressement héroïque sur lequel on a tant discuté et qui fut, il y a deux s, l'objet d'une si vive controverse entre deux illustres

pies.

Pour élucider ce sujet délicat et voir à quel point de perfec-. tion s1 charité de ces grandes âmes, écoutons d'abord

saint François de Sales traitant avec sa grâce ordinaire cette grav n :

Au-dessus de toutes ces âmes, il y en a une très uniquement unique. . ., la plus aimante, la plus aimable et la plus aimée de toutes les amies du divin Époux, qui non seulement aime Dieu sur toutes choses et en toutes ehoses, mais n'aime que Dieu en toutes chos s: de sorte qu'elle n'aime pas plusieurs choses, ains une seule chose, qui est Di- u. Et parce que c'< st Dieu seul quelle aime en tout ce qu'elle aime, elle l'aime également partout, selon que le bon plaisir d'icelui le requiert, hors de ■'. sans toutes choses. Si ce n'est que mon Sauveur urquoi n'ai mer ai- je pas autant la montagne du

tire que celle du Thabor, puisqu'il est aussi véritablement

e l'une qu'en l'autre. . . Or, cette sacrée amante n'aime non pus son roi avec tout l'univers que s'il était tout seul sans univers, parce que tout ce qui est hors de Dieu et n'est pas Dieu ne lui est rien. Ame toute pure qui n'aime pas même le paradis, sinon parce que l'Epoux y est aimé, mais l'Époux si souverainement aimé en son paradis, que s'il n'y avait point de paradis à donner il n'en serait ni moins aimable, ni moins aimé par cette courageuse amante, qui ne sait pas aimer le paradis de son Époux, ains seulement son Époux de paradis, et qui ne prise pasmoins le Calvaire, tandis que son Époux y est crucifié, que le ciel où II est glorifié. » (Amour de Dieu, x, 5.)

271. L'amour de Dieu va donc si loin chez ces âmes saintes que le plus habituellement elles s'oublient elles-mêmes, absorbées qu'elles sont dans leur amour et ne songeant qu'aux intérêts de leur Dieu.

« Il n'est pas étonnant, dit saint Jean de la Croix, que l'âme, enivrée qu'elle est de l'amour divinrne se préoccupe nullement de la gloire que Dieu doit lui donner, mais qu'elle se livre exclusivement à Lui par un immense amour, sans songer le moins du monde à ses propres intérêts. » (Cant. spir., str. XXXVIII.)

C'est bien ainsi que nous sont dépeints les habitants du neuvième rocher.

« Jésus-Christ. — Ils sont si affermis dar.s la foi qu'ils ne veulent savoir que Jésus crucifié, et leur humilité est si profonde qu'ils se jugent indignes de toutes les faveurs extraordinaires de Dieu et de ses consolations célestes. Aussi ne les désirent-ils, ne les demandent-ils jamais.

« Henri. — Que demandent-ils à Dieu dans leurs prières, s'ils ne désirent rien sur la terre et dans le ciel?

« Jésus-Christ. — Ils demandent qu'en eux et dans toutes les créatures tout serve à la gloire de Dieu, qu'ils aiment, qu'ils veulent, qu'ils recherchent par tous les moj'ens. Ils sont tellement perdus en Lui, que tout ce qui leur arrive, ainsi qu'aux autres créatures, leur semble une faveur précieuse. Si Dieu leur accorde sa grâce, ils Le bénissent ; si Dieu les en prive, ils Le bénissent encore. Ils n'ambitionnent rien sur la terre, ils préfèrent seulement l'amertume à la douceur, parce qu'ils sont passionnés pour la croix.

« Henri. — S'ils n'aiment rien, craignent-ils quelque chose?

« Jésus-Christ. — I's ne craignent ni l'enfer, ni le purgatoire, ni le démon, ni la vie, ni la mort; ils sont affranchis de toute crainte servile. Ils ne redoutent qu'une chose, c'esl de ne pas imi r les exemples de Jésus-Christ comme ils le désirent. Leur humilité est si profonde qu'ils se méprisent eux-mêmes, ainsi que tout ce qu'ils font, et qu'ils se mettent aux pieds de toutes les créatures, n'osant jamais se comparer à personne. I s aiment également tous les hommes en Dieu, et ils s'attachent avec un grand amour à tous ceux qui Lui sont chers. Ils vivent morts et comme ensevelis pour le monde, et le monde aussi est mort et perdu pour eux. Les opérations de l'esprit où l'homme r ponce le plus difficilement à sa volonté, sont soumises et anéanti s. Ils ne se recherchent jamais; ils n'aiment pour eux ni plaisir ni honneur. I!s ont renoncé à toutes créatures dans le temps et d ms l'éternité, et ils vivent dans une sublime ignorance, puisqu'ils ne savent que Jésus crucifié. »

272. Il y a donc dans le feu de la charité, dont ces âmes sont embrasées, un oubli, une abstraction d'elles-mêmes, non pas continuel, c'est évident, mais très fréquent.

N'y a-t-il pas même davantage? La charité est jalouse. Ravie comme elle l'est par les perfections de son Dieu, cette âme n'en viendra-t-elle pas quelquefois, dans l'impétuosité de son amour, jusqu'à rejeter expressément tout ce qui est en dehors de Dieu, comme n'étant rien près de Lui, et tout ce qui n'est pas le bisn de Dieu comme indigne de ses affections et de ses désirs? Sa propre béatitude elle-même, en tant que cette béatitude plaît à la nature, en d'autres termes la satisfaction que la nature trouvera dans le repos éternel, ne pourra-t-elle pas en faire bon marché; n'en viendra-t-elle pas dans les élans de son cœur jusqu'à déclarer qu'elle ne se compte pour rien en présence de son Dieu, et qu'elle l'aime tellement que la privalion même de ce bonheur ne détruirait pas son amour?

Cet acte de charité n'a rien d'impossible. On le rencontre riiez les âmes héroïques, surtout dans leurs épreuves; à plus forte raison et plus fréquemment chez les Saints du suprême degré.

273. Cet acte est-il constant de façon à devenir la disposition habituelle de ces âmes? Le soutenir serait tomber' dans l'erreur condamnée par le bref d'Innocent XII. En effet, la première

des propositions extraites du Livre des Maximes était ainsi conçue : « Il y a 'un état habituel d'amour de Dieu qui est une charité pure et sans aucun mélange du motif de l'intérêt propre. Ni la crainte des châtiments, ni le désir des récompenses n'ont plus de part à cet amour. On n'aime plus Dieu ni pour le mérite, ni pour la perfection, ni pour le bonheur qu'on doit trouver en l'aimant. »

Il faut donc dire que, chez les Saints dont nous parlons, on rencontre, car eux-mêmes en témoignent, les actes de désintéressement héroïque que nous venons de décrire, mais aussi des actes d'espérance simple, par lesquels l'âme désire la possession de son Dieu considérée comme son Biensuprême,etsurtout,etle plus fréquemment, l'acte d'amour parfait au sens où nous l'avons expliqué. (N° 102.)

L'amour parfait, avons-nous dit, est non seulement l'amour d? bienveillance par lequel on désire la gloire de Dieu sans retour sur soi-même, mais aussi l'amour de complaisance par lequel, ravi des amabilités de Dieu, on tend spontanément vers Lui, on désire instinctivement, et par la force même de l'amour, s'unir à Lui, Le mieux connaître, Le mieux aimer, Le mieux posséder, sans considérer d'une manière réflexe la satisfaction que la nature trouvera dans son union avec son Dieu.

274. Telle nous paraît en cette délicate matière la vraie doctrine, et nous croyons l'enseignement de sainte Thérèse pleinement conforme à l'explication que nous venons de donner. Qu'on en juge :

« Voici, dit-elle, ce qui m'étonne le plus dans ces âmes : vous avez vu avec quelle ardeur elles désiraient mourir afin de jouir de la présence de Notre-Seigneur et quel martyre était pour elles (dans la sixième demeure) la prolongation de cet exil ; et maintenant elles sont si embrasées du désir de Le servir, de faire bénir son nom, d'être utiles à quelque âme, que, loin de soupirer après la mort, elles souhaitent vivre pendant de très longues années et au milieu des plus grandes souffrances, trop heureuses de pouvoir à ce prix procurer au divin Maître, en chose si petite que ce soit, une partie des louanges qu'il mérite. Quand elles auraient la certitude d'aller au sortir de la prison du corps jouir de la vue de Dieu et quand la pensée de la gloire des Bienheureux se présenterait à leur esprit, elles n'en seraient point

touchées parce qu'elles ne désirent pas alors — (por enfonces) — jouir de cette gloire. — C'est bienjà l'acte de désintén ss< ment héroïque, té] que nous l'avons exposé. ■ — Leur gloire à

de pouvoir faire quelque chose pour le service du divin Crucifié, principalement lorsqu'elles considèrent qu'il reçoit tant d'offensi s et qu'il est si peu d'anus qui, détachétfs de tout le r< 9te, n'aient en vue que son boum ur.

A la vérité, lorsque parfois elles n'ont pas présente à IN sprit cette pensée de la gloire de Dii u, et surtout lorsqu'elles voient le peu de service qu'elles Lui rendent, elles sentent avec une ineffable tendresse d'amour se réveiller en elles le désir de se voir au ciel avec leur divin Époux, et de sortir de cet exil — c'est bien là l'amour parfait, qui, par sa propre force et sans considération réfi. xe sur soi, tend directement à Die;u. — Mais, rentrant presque aussitôt en elles-mêmes, elles rer.or.cent à ce désir et se contentent du bonheur de Le posséder toujours au plus intime d'elles-mêmes, elles Lui offrent l'acceptation volontaire de la prolongation de cette vie, comme le gage d'amour qui puisse leur coûter le' plus en ce monde. » (7e Demeure, eh. m.)

275. Mais tout cela ne fait pas comprendre la profondeur, l'énergie calme, mais extraordinaire ment intense, des actes d'amour que produisent o s âmes saintes.

Ah ! disait un jour sainte Catherine de Gènes, si je pouvais dire ce que sent mon cœur, qui est tout brûlé et consumé! — Dites-nous-en quelque chose, répondirent ses enfants spirituels. Elle répliqua : Je ne puis trouver de mots propres à exprimer un tel amour, et il m'est avis que tout ce que j'en pourrais dire serait si loin de la réalité, que cela lui ferait injure. Sachez seulement que si une goutte de la charité que ressent mon cœur tombait en enfer, l'enfer serait changé en paradis, car il s'y trouverait tant d'amour et d'union que les démons deviendraient des anges et les peines des consolations. La peine infernale ne saurait coexister avec l'amour de Dieu l. »

Saint Jean de la Croix, dans le Cantique spirituel (str. XXXVIII), compare cet amour de l'âme pour Dieu à celui de Dieu pour l'âme, le premier étant une participation très intime

1 Cité par M. l'abbé Brinquant : La béatitude suprême de l'intelligence et du cœur dans le ciel, p. 386.

de l'acte par lequel Dieu s'aime Lui-même, acte auquel l'âme est comme associée. « L'âme aime Dieu avec la volonté et la force de Dieu Lui-même. . . Alors, en effet, Dieu, sans aucun doute, non seulement apprend à l'âme à l'aimer comme II aime, c'est-à-dire purement et sans intérêt; mais de plus, en la transformant en son amour, 77 lui communique sa propre force, qui la rend capable de l'aimer désormais selon la mesure d'intensité dont II l'aime lui-même.

« Il semble donc qu'il lui met sa propre force entre les mains, et qu'il lui montre, en agissant avec elle, la manière d'en faire usage; c'est-à-dire qu'il lui apprend à aimer et qu'il lui donne le moyen de le bien faire. »

« Par son aspiration divine, dit plus loin le saint auteur (str. XXXIX), l'Esprit-Saint élève l'âme à une hauteur incommensurable; Il la remplit de Lui-même, Il la rend capable de produire en Dieu la même aspiration d'amour que dans la Très Sainte Trinité le Père produit avec le Fils, et le Fils avec le Père, et qui n'est autre que l'Esprit-Saint lui-même. Ce divin Esprit, par cette transformation qu'il fait subir à l'âme, l'aspire dans le Père et dans le Fils, afin de se l'unir par la plus étroite union. Il est impossible d'exprimer ce que produit dans l'âme cette transformation, alors même qu'elle ne s'accomplit que dans les limites de cette vie. L'aspiration divine que Dieu, dans cet état de transformation, envoie à l'âme en Lui-même, l'âme, lorsqu'elle est unie à Dieu et transformée en Dieu, la Lui renvoie à Lui et en Lui. »

Dans son livre de la Vice flamme d'amour, amené à traiter le même sujet, le saint auteur y renonce : « J'hésitais, dit-il, si je parlerais de cette aspiration de Dieu; réflexion faite, je n'en parlerai décidément pas, parce que je vois, à n'en pouvoir douter, que cela m'est impossible et que, si j'en disais quelque chose, cette faveur admirable paraîtrait infiniment au-dessous de la divine réalité. Par cette aspiration que Dieu produit dans l'âme au moment où s'accomp'it le réveil qui lui donne une si sublime connaissance de la Divinité, Il lui communique le Saint-Esprit selon la mesure de cette connaissance, qui l'absorbe profondément, et II l'embrase d'un amour d'autant plus délicieux qu'il est à la hauteur des merveilles dont il a été témoin. Cette aspiration étant remplie de biens et de gloire, le Saint-

Esprit en comble l'âme à son tour, et par là II la pénètre tout entière d'un amour tellement ineffable, qu'il est au-dessus d*1 toute gloire et de tout sentiment. » (Str. IV, vers 4, 5, 6.)

Nous imiterons, et pour cause, la réserve de saint Jean de la Croix, nous contentant de dire que, chez ces âmes d'élite, la perfection de la charité et de toutes les vertus qu'elle engendre dépasse tout ce que nous en pouvons concevoir.

276. Sans doute, même dans ces hauteurs sublimes de la perfection, il y a des demeures nombreuses : Mansiones multee sunt ; nous voulons dire des degrés divers de sainteté. On peut appliquer à l'union transformante ce que saint Jean de la Croix (Suprà, n° 101) dit que l'union divine en général : « Cette union d'amour renferme bien des degrés, qui varient selon la capacité plus ou moins grande de rame et la mesure des grâces accordées par le Seigneur à chacun. » Mais il n'en est pas moins vrai que le moindre degré de cette union transformante communique àl'âme des riclussrs merveilleuses et la rend immensément chère à Dieu.

277. Mais si l'union transformante, même dans ses degrés moindres, donne aux âmes une si haute valeur, que faut-il penser de ceux qui l'obtiennent dans une très large mesure, et qui sont des géants de sainteté? On ne doit pas être surpris de ce que les auteurs nous disent de ces parfaits amis de Dieu et du crédit qu'ils leur attribuent sur le cœur du Souverain Maître. « Si de semblables êtres — ils sont rares en ce monde — étaient connus, dit sainte Catherine de Gênes, on les adorerait en terre, mais Dieu les tient inconnus à eux-mêmes et aux autres jusqu'au temps de la mort, auquel le vrai se distingue du faux. » (Diai, 3e partie, ch. x.)

« Quand Dieu fait la grâce à une âme, dit le P. Lallemant, de l'élever au dernier degré de la contemplation, Il ne lui refuse plus rien; elle obtient ordinairement tout ce qu'elle demande. Si on la prie de demander à Dieu quelque faveur, aussitôt qu'elle se met en devoir de présenter à Dieu sa requête, elle sent que l'Esprit-Saint l'emporte en des secrets admirables, où elle se perd, ne pensant plus au sujet de sa prière et ne se souvenant plus de ce qu'elle voulait demander, et cependant Dieu le lui accorde et ses vœux ont leur effet sans qu'elle y pense. Une âme qui est arrivée à ce point de perfection peut à elle seule soutenir,

par ses prières et par son crédit auprès de Dieu, toute une religion l, tout un royaume. »

Les Saints du neuvième rocher sont « tellement chers à Dieu et jouissent d'une si grande faveur auprès de Lui que. si un seul demandait une chose, et tous ks autres chrétiens le contraire, Dieu l'écouterait et l'exaucerait de préférence ... La grâce qu'ils possèdent est si grande qu'elle ne peut paraître tout entière au dehors; eux-mêmes l'ignorent et ne désirent pas la connaître. S'ils sont petits par le nombre, ils sont considérables par le mérite, et c'est sur eux, comme sur des colonnes so'.idt s, que Dieu soutient son Église. Sans eux le christianisme périrait, etle démon entraînerait dans s s fiiets 'e monde entier. Autrefois ces serviteurs bien-aimés étaient plus nombreux dans l'Église. »

On lit dans la Vie de sainte Gertrude (1. V, ch. xix; Sainte ayant eu connaissance de l'état pitoyable où se trouvait une âme du purgatoire, suppHait Dieu de lui faire miséricorde : « Soigneur, disait-elle, ne voulez-vous pas vous laisser fléchir à mes prières et pardonner à cette âme? » A quoi Notre-S igneur répondit avec beaucoup de bonté et comme en la caressant : « Je veux, pour l'amour de toi, avoir pitié, non seulement de cette âme, mais même d'un million d'autres âmes. »

Ah! si nous comprenions ce que sont les Saints, combien grand est leur crédit et merveilleuse leur puissance, alors même qu'ils restent ignorés des hommes, nous n'aurions pas de désir plus ardent que celui de voir de telles âmes se multiplier dans l'Église; nous supplierions Dieu avec larmes de donner au monde qui, de nos jours surtout, en a si grand besoin, ces flambeaux brûlants et luisants, qui dissipent les ténèbres, réveillent la foi et réchauffent la tiédeur, ces parfaits serviteurs qui savent si bien faire l'œuvre de Dieu et travaillent avec un si prodigieux succès à la gloire de leur Maître et an salut de leurs frèn s.

Seigneur, Seigneur, donnez-nous des Saints.

1 Un ordre religieux tout entier.

Préparation à la Communion J

Règlement

1. Pour bien m" préparer à m^s communions, je ferai m3S prières fidèlement et toujours avec attention.

2. Je re<x mm inderai m s communions à Marie, ma bonne Mère, et je la prierai souvent pour cela.

3. Je m'efforcerai de pratiquer les vertus chrétiennes : Obéissance, Application au travail, Patience, Esprit de sacrifice et Lutte contre m?s défauts.

4. Puisque, pour aller au ciel, le plus sûr moyen est de recevoir fréquemment Notre-Seigneur, je demanderai au bon Dieu, dès maintenant, qu'il permette que je communie souvent pendant toute ma vie.

Prières du matin etdusoir bien faites

te

bd

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