PM-PORTAM
cette amitié avec Dieu, parce qo famili» suppose une certaine égalité de condition et qu'en Jésus-Christ il n'y a rien d'imparfait, tandis que nous sommes par nature vicieux, sensuels, ingrats. . ., considérez tout ce que vous auriez à gagner à cettt amitié, voyez combien II vous aime et alors passez par-dessuï l'ennui de demeurer longtemps avec Celui qui est si différent de vous . . .
« Je ne comprends pas, Seigneur, pourquoi tout le monde m s'efforce pas de s'unir à vous par une amitié si intime. Les méchants, qui ne vous ressemblent pas, doivent s'approcher de vous pour que vous les rendiez bons; qu'ils consentent seulement à ce que vous passiez avec eux deux heurts chaque jour, alors même qu'eux de leur côté soient là, près de vous, distraits par mille soucis et pensées du monde, comme il m'arrivait jadis. Vous avez égard à cette violence qu'ils se font pour demeurer ainsi en votre compagnie, car, au commence nient et même parfois plus tard, ils ne peuvent faire davantage, et vous empêchez, Seigneur, les démons de les attaquer; de jour en jour la puissance de ces esprits tentateurs diminue, et vous donnez à ce.1 âmes plus de force pour vaincre. Certes, Vie de toutes les vits. vous ne tuez aucun de cuix qui se confient en vous et veulent vous avoir pour ami; au contraire vous donnez un regain de vit et de santé au corps en même temps qu'à l'âme. » (Sa Vie ch. vin.)
125. Saint Alphonse de Liguori n'est pas moins fiïirmatif nous dirions pi* sqae n'< st pas moins enthousiaste : « Un confesseur prudent, dit-il. dès qu'il reconnaît qu'une âme a l'honni] du péché mortel et quelque désir d'une vie chrétienne, doit avant toute autre chose, la former à la pratique de l'oraisoi. mentale, et d'abord à la méditation de.- . certes; car ce
araît bien nécessaire aux âmes j exa persévérer cl;: de Di( u. . . et il n'< st point clc- pratique que le démon n< he a empêch r comme la pratique de l'oraison ... Il n'es pas douteux que si le me si plein de péchés et l'enfer d<
damnés, cela vient de ce qu'on ne médite ; éternelles... Si l'on demandait aux damnés : « Pouiquo êtes-vous en enfer », la plupart répondraient : < C'est parce q-u< nous n'avons pas assez songé à l'enfer. » Dans l'oraison mentale c'est Dieu qui parle : Durant eam in solitudinem, et loquar ce
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cor ejus : Je la mènerai dans la solitude et je parlerai à son cœur. (Osée, n, 14.) Or, Dieu parle mieux qu'aucun prédicateur, C'est par l'oraison mentale que tous les Saints se sont sanctifiés. L'expérience prouve que ceux qui sont fidèles à l'oraison se gardent des fautes mortelles et, si par hasard ils viennent à faire quelque chute, ils sont promptement relevés. L'oraison mentale et le péché mortel s'excluent mutuellement. On voit beaucoup de chrétiens qui récitent le Rosaire, l'office de la Sainte Vierge, qui jeûnent et continuent à vivre dans le péché; tandis que celui qui demeure fidèle à l'oraison, non seulement quittera le péché, mais il se détachera des créatures pour aimer Dieu. L'oraison c'est la fournais? où les âmes s'enflamment de l'amour, divin. » {Praxis, 122 et 217.)
« Je ne connais pas de meilleur moyen pour nous sauver, disait saint Jean-Baptiste de Rossi, que ''oraison mentale. Celui qui ne va pas à l'oraison va à la tentation. Le jour où nous n'aurons pas médité, craignons de pécher. »
Le docte Suarez estimait si fort l'oraison, qu'il eût mieux aimé perdre toute sa science qu'une demi-heure de communication av.:c Dieu l.
126. Il serait superflu de multiplier les citations. Tous les vrais serviteurs de Dieu, sans exception, professent la même estime du saint exercice de l'oraison mentale, et on ne peut mieux résumer l'ens?ignement des Saints qu'en disant : l'oraison donne la véritable sagesse, et avec elle toute sorte de biens : Venerunt mihi omnia bona pariter cum Ma, et innumerabilis honestas per manus illius. (Sap., vu, 11.) Par elle on corrige tous les vices, par elle on acquiert toutes les vertus.
Au contraire, que peut-on attendre de ceux qui n'ont jamais réfléchi, qui ne se sont jamais arrêtés à une considération sérieuse? Hélas, ils sont nombreux de nos jours, et l'on peut trop justement répéter le mot de Jérémie : Desolatione desolata est terra, quia nemo est qui recogitet corde.
Voilà ce qu'il faut dire et répéter. Et si l'on nous objecte que l'on peut réfléchir sans faire de méditation, répondons formellement : « Non. Dès là que vous vous arrêtez à une pensée sérieuse, que vous réfléchissez sur une vérité de foiei que vous tirez
1 S. Jure, Connaissance de Jésus-Christ, t. III, ch. v.