IMPORTANCE
totalement engagée dans les choses de la intérêts temporels ^(1 e-xposéeàde
grav r, et, d'autre part, enoore novice dan?
les choses spirituelles, ce n'est qu'à force de réflexions, d»' considérations qu'ell" petit dégager son cœur, P-élever veis Dieu el tin r de sa volonté d- s résolutions énergique et saintes. C'est donc la méditation, l'oraison discursive qui lui convient.
Dans la voie illuniinative, où, selon renseignement d' s thé passions n'ont plus tant de- farce, où le désir d'av; dans la vertu • onp plus vif. où l'amour de Dieu fait
sentir à rame Bes premières ardeurs, les considérations joueront un moindre rôle, la part du cœur sera plus grande. Alors apparaîtra l'oraison des vifs désirs, des demandes ardentes, des résolutions plein» s de ferveur : ce sera l'oraison affective 2.
Enfin, dans la voie- unitive, le soin principal de Pâme> dil saint Thomas, tend moins à croilre dans l'amour de Dieu qu'à être unie à Lui et à jouir de Lui '. « Aussi, dit le Pèie Balthaiar -tint Thomas, dans un de ses opuscules 4, blâme-t-i! les personnes spirituelles qui passent leur vie à chercher Dien sans jamais jouir de Lui s. » Par ailleurs, ces âmes ayant reçu de sont tiès frappées des grandeurs et d- s bontés de Dieu; des raisonnements pour les persuader de leurs devoirs env< rs Lui ne pourraient que leur être à charge; elles ont pour Lui un amour tranquille, mais intense, que l'Esprit divin Lui-
1 Sairrf The>m3«. 2. 2. q. 24, a. 9. — Suarez, De statu religios», 1. 1. Tract. VII, ch. xm, n° 8 et 9.
2 Me&andre de Halès appliquait très justement à l'oraison des profitants n={\e définition df H int-Yictor: Oratioest conver Deum, FER PICM ET hoiilem affectuji, fide, et spe, et charitate subaùxa (4e part., quœst. 88, memb. 1, art. 1).
3 Ad hoc principaliter intendil ut Deo inhscreat et eo fruatur, et i»c pertinet ad perfe 3) Perfecti etiarn in charitate proficiunî, sei non.e*t ad hoc principalis eorum cura : sed jam eorum sludium circa JW maxime versatur ut Deo inhœrennt. 2. 2. q. 24, a. 9, c.
* Op. 63. De beatitudine, c. III. in fine.
5 l)r coiitemplatione sive via unitiva optime intelligilur. . . quod Bernardus dixit. . . « oratio est Hoiiixi- DEo adh.f.eentis affectio, eïfamiti*ris qiuvdam et pia aUocutio, et statio illuminatse mentis ad FKrESDTrsi qcamdic licet •». Quœ ultima verba maxime déclarant statum animât quœ ad unionemaseendit,nam illuminata supponitur etvs Deo QUrEsCKHs ad fruendum illo. Suarez, De devotione, xj, 7.
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même verse en elles, et elles goûtent dans cet amour une profonde et vive satisfaction. Le mode d'oraisoa des âmes parfaites sera donc moins violent, plus simple à la fois et plus calme; c'est l'oraison contemplative ordinaire.
Mais, parmi les âmes parfaites, il en est à qui Dieu accorde des faveurs merveilleuses, comme les ravissements, les extases, qui suspendent l'exercice des facultés sensibles; ou bien Dieu opère en elles des phénomènes purement spirituels sans l'intermédiaire des sens extérieurs ni même de l'imagination, les mettant ainsi dans l'état des anges ou des âmes séparées; telles sont les visions intellectuelles; c'est là ce qui constitue la contemplation extraordinaire 1.
Art. II. — De l'Oraison discursive
Ls genre d'oraison qui convient aux commençants c'est, avons-nous dit, l'oraison de méditation.
§ 1. — Définition de l'oraison discursive
129. « L'oraison de discours, dit le P. Surin (Cat. spir., lre partie, en. n), est celle par laquelle l'homme, par diverses
1 Cf. Suarez, De oratione, ch. xiv.
« Chacun, dit le P. Lallemant, doit se tenir fidèlement à l'oraison propre du degré et de l'état où il est dans la vie spirituelle. Il y en a de trois sortes. La méditation ou l'oraison de discours convient aux commençants qui sont dans la vie purgative, l'oraison affective à ceux qui avancent et qui sont dans la vie illuminative; la contemplation et l'oraison d'union aux pai faits qui sont dans la vie unitive. » (7e principe, eh. Ier.)
Le P. Surin {Cat. spir.), n'est pas moins explicite : a Pour qui est Uoraison de discours ? Pour ceux qui commencent. — Pour qui est l'oraison affective ? Pour ceux qui avancent. — Pour qui est la contemplation ? Pour les parfaits (1™ part., ch. I). — Combien y a-l-il de sortes de contemplation ? demande-l-il au chapitre suivant. Il y en a deux principalement, l'ordinaire et l'extraordinaire. — Quelle est la contemplation ordinaire ? C'est un simple repos de l'âme dans lequel elle goûte et connaît les choses divines, sans qu'elle ait de peine à se tenir en la présence de Dieu et à considérer avec affection les choses célestes. — Quelle est la contemplation extraordinaire ? C'est celle qui, outre et par dessus ce repos, est accompagnée de dons et faveurs extraordinaires, cornais visions, ravissements et extases. »
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considérations,, tâche de reconnaître les vérités de la foi, de s'en instruire, tirant des résolutions et conclusions pour l'amendement de sa vie. » « L'oraison de méditation, dit le Vén.Libermann (Ecrits spirituels, p. 115), est une application sensible de notre esprit à une vérité surnaturelle, pour s'en convaincre, et se porter à l'aimer par le secours de la grâce. » Le raisonnement comme moyen, la résolution comme but, voilà donc ce qui caractérise ce mode d'oraison ; là-dessus touslesauteurssont d'accord.
Tous conviennent également que, pour les commençants, une méthode est presque toujours nécessaire. Du reste, n'en faut-il pas une au début de tout art? Ce n'est qu'à l'aide d'une méthode claire, pratique et élémentaire, que les maîtres peuvent former leurs élèves; ils les guident ainsi et les suivent tout d'apas à pas. Plus tard l'élève, familiarisé avec la pratique, agissant avec plus d'aisance, se dégagera des entraves d'une marche trop méthodique.
Cette méthode est la même chez tous les maîtres de la vie spirituelle. On peut comparer celle donnée par saint Pierre d'Alcantara, celle du P. Louis de Grenade, celle que suit saint Ignace dans les méditations de ses Exercices spirituels, celle qu'enseigne saint François de Sales, dans Y Introduction à la Vie dévote, la méthode de Saint-Sulpice 1, et l'on verra que, si les uns insistent plus que d'autres sur certains points, si quelques détails varient, les divergences sont petites et le fond est identique.
§ 2. — Méthode d'oraison discursive
130. /. Préparation. — Tous les auteurs placent en première ligne la préparation : Ante orationem prœpara animam luam, et noli esse quasi homo qui tentât Deum. « Avant de prier prépare ton âme et ne sois pas comme un homme qui tente Dieu (Eccl. xvni, 23). » L'esprit humain n'est point porté de lui-même aux choses divines; la plupart des hommes, et surtout des commençants, ont habituellement l'esprit et le cœur remplis de pensées, de préoccupations et de sentiments profanes, si bien qu'il faut avant tout les dégager, pour s'établir dans une disposition de
1 Voir le livre M. L°tourneau, curé de Saint-Sulpice, La Méthode d'oraison mentale du Séminaire de Saint-Sulpice. Paris, Gabalda.
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recueillement et de prière. « Avant de toucher un instrument., dit saint Pierre d'Alcantara, on commence par le mettre d'accord. » Celte préparation doit être bien nécessaire puisque l'Esprit-Saint nous dit que la négliger c'est tenter Dieu, c'està-dire Lui demander un miracle.
« La préparation, dit saint François de Sales, se réduit à deux points : se mettre en la présence de Dieu et Lui demander le secours de ses lumières ( Vie dévote, 2e partie, ch. iî). » Le bon Saint indique ensuite quatre manières de se mettre en présence de Dieu. Gomme son livre est dans toutes les mains, consentonsnous de résumer brièvement sa doctrine. Le premier moyen consiste à S3 bien pénétrer de l'immensi lé de Dieu qui est présent en tous lieux. . . La second moyen, c'est de pens?r que non seulement Dieu est où nous sommi .s, mais qu'il est en nous-même,au fond de notre âme. . . Un troisième moyen, c'est de considérer le Fils de Dieu en son humanité, regarda»! du haut du ciel tout ce qu'il y a de personnes au monde, mais particulièrement les chrétiens et surtout ceux qui sont actuellement en prié]., s. La quatrième manière consiste à s'imaginer qu" Jésus-Christ est dans le même lieu que nous, comme si nous Le voyions devant nous, et à peu près comme nous avons coutume de nous représenter nos amis.
Il est bon de se s?rvir de l'imagination pour se mettre ainsi en présence de Dieu. En effet, « l'imagination étant agréablement touchée par un objet surnaturel, elle nous laisse tranquilles pendant l'oraison et aide plutôt qu'elle ne gêne; tandis que lorsqu'on la laissa sans rien faire, elle gêne ordinairement ». (Liberm., Ecrits, p. 127.)
L'invocation comporte trois parties. A la vue de la grandeur de Dieu, l'homme doit s'abaisser devant Lui et Lui présenter ses hommages. C'est l'acte d'adoration. Certaines méthodes, en particulier celle de Saint-Sulpice, y joignent avecraisondesactesd'humilité et de contrition.par lesquels on s'avoue indigne de paraître devant Dieu et d'être souffert en sa présence, et on Lui demande pardon de toutes les infidélités de sa vie. Cela fait, reconnaissant aussi l'impuissance où l'on est de Lui rendre dignement ses devoirs et de Le prier comme il faut, on réclame les lumières de l'Esprit-Saint et le secours de sa grâce. Ici on invoque brièvement la Sainte Vierge et l'Ange gardien.