‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 44 sur 170 · Sainte Thérèse décrit. nous l'avons fait, l'état · texte numérisé non relu

Sainte Thérèse décrit. nous l'avons fait, l'état

-des âmes de la troisième demeure; elle signale ce mélange de piété et d'imperfection que l'on rencontre chez elles :

« J'ai connu, dit-elle, des personnes, et je crois pouvoir dire ■en assez grand nombre, parvenues à cet état. Elles avaient mené pendant de nombreuses années une vie correcte; l'âme, le corps, tout en elles était bien réglé* autant qu'on ?n pouvait juger, et voilà qu'après ces années de fidélité, lorsqu'on pouvait croire qu'elles foulaient le monde sous leurs pieds, du moins •qu'elles en étaient complètement désabusées, Dieu venant à les éprouver dans des choses de peu d'importance, elles se laissaient aller à tant d'inquiétudes, à de telles angoisses de cœur que j'en -étais tout interdite, et même je craignais pour elles. . .

u Quelque chose de semblable se passe pour peu qu'on méprise :mes ou qu'on touche à leur bonneur. Souvent, il est

l'il ! 1 AR1B£

! >i u leur fait la grâce de bien le rapporter, car II aime à rendre la vertu recommandante, U ne veut pas que l'estime qu'on a pour elle soutire d'atteinte; de plus H veut récompces âm>'s de leurs fidèles servie- s, car II est si bon, Lui, notre vrai Bien; mais, même dans ce cas, ilkurresteuneinquiétude qu'elles ne peuvent maîtriser, e[ cpii De cesse pas de sitôt. El pourtant, ô grand Dieu, ces personnes-là n'ont-elks pas tant et tant de fois considéré les souffrances du Seigneur, et compris combien il est bon de souffrir, et même ne le désirent-elk s pas? Que dis-je, elles voudraient que tout le monde imitât leur vie ! Plaise au Ciel qu'elles ne rejetti nt p. s sur ks autres la cause des peines qu'elles subissent et ne s'en attribuent que le mérite. »

La Sainte donne d'autres exempli s des défauts que rencontre dans cette troisième demeure : une attache plus ou moins avoués aux biens de ce monde, l'empressement à les augmenter, et cette crainte ex n trop faire, de dépasser-

les limites de la prudence, de compromettre son repos ou sa santé au service du bon Mai; Telles sont les fai-

blesses que blâme avec raison sainte Tbéièse; onks trouv efîet chez ces anus sincèrenn nt bonnes qui, du reste, ont bien conscience de leur mérite, mais qui sont encore loin de la perfection.

§ 3. — Défauts provenant du tempérament

. Dans toutes les âmes dont nous avons parlé jusqu'à défauts de tempérament restt nt dès apparents. Onks remarque surtout dans ks pruniers d^giés de la vertu; Us deviennent moins choquan e disparaissent pas, pendant la pér

des consolation- - ; ensuite iis redeviennent plus visibles,

si l'âme cesse de s'éleyer dans la vertu. Le tempérament est en effet une disposition naturelle provenant de l'organisme : tant que les puissances supérieures de l'âme ne sont pas assez fortes pour résister aux impulsions des facultés inférieures, le tempérament fait vivement sentir son action.

nt la faute orif - éléments du corps humain

ai dans un équilibre parfait, aucun n'avait sur ks autres

ndérance nuisible; depuis le péché, ce bel ordre a'

disparu. Sans doute chez certaines personnes les divers prin-

d'activilé, de modération, d'impressionnabililé.

fermeté, se contrebalancent très heureusement; mais chez beaucoup d'autres l'un des éléments a une grande puissance et les autres une action très faible; l'organisme alors est mal harmonisé et exerce sur l'âme une influence fâcheuse.

On distingue assez généralement les tempéraments sanguin, lymphatique, nerveux et bilieux. Qu'on ait raison ou non d'attribuer à la prédominance des éléments désignés par ces mots les caractères que nous allons décrire, nous ne l'examinerons pas : cette question n'est pas de notre compétence; mais on ne peut contester l'existence des caractères eux-mêmes; le lecteur nous permettra de Jcs rattacher, ne serait-ce que parce que cette hypothèse est généralement admise, à l'influence de ces divers éléments.

185. Il se rencontre des personnes qui par disposition native sont ardentes mais peu réfléchies, actives mais inconstantes, aimables et prévenantes quand rien ne les choque, mais, quand elles se heurtent à quelque obstacle, vives et impatientes; leur mauvaise humeur est du reste passagère et ne dégénère point en rancune. Elles sont optimistes, mais parce qu'elles voient tout en rose et ne prennent guère le temps de réfléchir, elles sont imprudentes : quand on leur expose une affaire, en trois mots, elles veulent la régler. Elles ne sont ni molles ni paresseuses, ne manquent pas d'initiative, se mettent de bon cœur au travail, mais facilement elles deviennent ombrageuses, jalouses quand d'autres réussissent mieux qu'elles. Elles sont d'une humeur agréable, souvent d'une gaieté expansive, elles ont un esprit primesautier, prompt aux réparties, mais sont mobiles, brouillonnes et téméraires. Le sang, quand il est vif et bouillonnant, et quand les autres éléments ne viennent pas modérer son action, serait, croit-on, le principe de ces qualités et de ces défauts; aussi appelle-t-on ce tempérament le tempérament sanguin.

186. Tout autres sont les défauts que l'on attribue au tempérament lympathique, à savoir la lenteur, l'insouciance, la mollesse : « Je ne puis pas, c'est trop difficile, c'est impossible » telle est la plainte qui s'échappe fréquemment des lèvres du lymphatique; le sang paraît figé dans ses veines, et rien ne peut l'échauffer. Son indolence le préserve des grands crimes, mais tant qu'e'le n'aura pas fait place à une énergie surnaturel^, elle le rendra incapable de vraie vertu. Quand l'élément qui

PROBATIONS SLR DIVERSES VERTUS 193

i 3° Couper court à toute rêverie et réprimer tout ce travail d'imagination, ces inquiétudes, ces préoccupations, ces plans, ces projets, ces calculs, ces souvenirs, dans lesquels on se répète à soi-même toujours la même chose, perdant par là un temps précieux et favorisant, sans y prendre garde, beaucoup de défauts,

4° Commencer dès son réveil à considérer Dieu près de soi; dans la journée, chaque fois que l'on entend l'heure sonner, renouveler cet exercice, en ayant toujours soin de joindre au souvenir de la présence de Dieu un acte d'adoration et d'amour. On peut très utilement alors Lui demander la grâce de Le bien servir, de garder fidèlement les résolutions prises.

5° Remplacer par des pensées pieuses et des élans du cœur simples et affectueux les pensées inutiles qu'on s'est habitué à retrancher, et cela surtout dans les moments où l'esprit est libre et inoccupé, en allant et venant, en travaillant.

6° Agir en tout pour Dieu. Rappeler très souvent à sa pensée les motifs surnaturels qui doivent inspirer toute la conduite d'une âme chrétienne : Dieu veut cela de moi. Mon Dieu, je suis heureux, jusque dans les actions les plus communes, d'accomplir votre sainte volonté.

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