SA DESCRIPTION
« Généralement, et presque universellement, ces âmes s'occupent des mystères de Notre-Seigneur et y trouvent tous leurs goûts et leurs délices. Ordinairement il se fait dans ces âmes une impression des mystères qu'on célèbre dans l'Église, et dans le temps où on les célèbre, ce qui fait que ces personnes célèbrent les fêtes avec une allégresse et une dévotion extraordinaires, et c'est une joie immense pour elles que l'approche d'unefête. Un salut, une grand'messe, une procession leur donnent des transports d'amour envers Notre-Seigneur dans le Très Saint Sacrement, et ainsi généralement cette impression varie selon l'objet et la circonstance qui se présentent. » {Ecrits, p. 157).
279. « Quoique l'âme en cet état, dit ailleurs le Vén. Père, ait de très grandes jouissances, cela n'empêche pas que très souvent elle n'éprouve des douleurs intérieures très fortes; mais ces douleurs sont si pleines de suavité et renferment une joie si grande et si violente, qu'on ne saurait s'en faire une idée si on ne les a éprouvées. Ces douleurs ont lieu par rapport à différents objets.
« Il y a en une qui provient des péchés passés. Elle est presque universelle, surtout dans les âmes que la bonté divine vient de retirer du péché. On est brisé de douleur d'avoir offensé son Dieu, qu'on aime avec tant de violence. La violence de la douleur est mesurée sur la violence de l'amour, car cette impression de douleur est une impression d'amour, et la violence de la joie est mesurée sur la douleur.
« Cette douleur suit les âmes jour et nuit, sans les quitter un instant, en se levant et en se couchant, en récréation comme dans les exercices de piété, dans l'étude comme dans la prière. Cet état dure plus ou moins, selon la volonté de Celui qui l'a donné. Il y a des âmes qui y restent d'un an à dix-huit mois, d'autres plus ou moins longtemps.
« Urfe autre douleur vient du désir d'obtenir une grâce, d'acquérir une vertu vers laquelle on soupire sans cesse. On ne se fait pas une idée des gémissements, des aspirations, des désirs violents qui crucifient une âme dans la vue d'une grâce ou d'une vertu qui lui manque. La joie que renferme cette douleur est exquise et différente de celle qui se trouve dans la douleur de la contrition. Elle est moins violente et se ressent davantage
2î6 i nvE
de la langueur de cette âme, qui aspire vers cette vertu, mais elle est plus exquise et plus douce.
« Une troisième douleur provient de la vue de la croix et des' souffrances de Notre-Seigneur; elle est d'un autre genre et a un tout autre goût que les deux précédentes; les joies qu'elle nne sont inouï -s, d'une violence extrême et incomparablement plus exquises que les deux premières.
« Les fruits de ces douleurs sont bien grands et bien désirables. La première produit une grande horreur du péché, une haine extrême du monde; elle purifie singulièrement l'âme et lui donne l'amour de Dieu ; elle la dispose aussi à la méditation et à la participation de la croix de Notre-Seigneur.
« La seconde attache fortement à Dieu, opère l'humilité dans une âme et procure la vertu si désirée.
« La troisième, la plus excellente, produit un grand amour de la croix et des souffrances et un désir continuel d'en avoir. Elle fortifie l'âme dans l'amour de Notre-Seigneur, la détache de toute créature et d'elle-même et la mène directement à la contemplation. » (Ecrits, p. 163.)
280. « Je crois que généralement la grande dévotion de ces âmes, c'est celle du Très Saint Sacrement. Et c'est un très grand avantage : elles voudraient passer toute leur journée devant le divin Maître; leurs désirs sont violents là-dessus et, les transportent continuellement d'amour envers ce Très Saint Sacrement; leurs visites sont brûlantes, mais leurs désirs de faire la
'sainte communion sont inexprimables. Ces désirs et cette dévotion augmentent à mesure qu'elles avancent dans cet état. ion est ardente, et elfes soupirent après le jour où elles doivent en r, avec une véritable impatience,
ne pouvant attendre le moment. Lf s effets de la sainte communion et ses fruits sont très considérables et remplissent ces âmes d'une nouvelle force et de nouveaux désirs. Elle produit en elles de puissantes impressions; la pie - Xotre-Sei-
gneur se fait sentir d'une manière extrêmement vive. » (Ecrits, p. 196).
281. On le voit, tes âmes affectives peuvent être impressionnées bien diversement : les unes penseront davantage à Notre- Seigneur, Le suivant dans ses mystères, d'autres l'envisagent dans la Sainte Eucharistie, d'autres songent surtout à leurs