‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 60 sur 170 · RÈGLES PRATIQUES · texte numérisé non relu

RÈGLES PRATIQUES

tion se trouvera tout émue en Dieu : alors, Philotée, il lui faut lâcher la bride, sans vouloir suivre la méthode que je vous ai donnée : car, bien que pour l'ordinaire la considération doit précéder les affections et résolutions, si est-ce que, le Saint-Esprit vous donnant les affections avant la considération, vous ne devez pas rechercher la considération puisqu'elle ne se fait que pour émouvoir l'affection. Bref, toujours quand les affections se présenteront à vous, il les faut recevoir et leur faire place, soit qu'elles arrivent avant ou après toutes les considérations... Ce que je dis non seulement pour les autres affections, mais aussi pour l'action de grâces, l'offrande et la prière qui se peuvent faire parmi les considérations, car il ne les faut non plus retenir que les autres affections, bien que, par après, pour la conclusion de la méditation, il faille les répéter et reprendre. » (Vie dévote, il, 8.)

« Quand on veut avoir du feu, disait saint Vincent de Paul à ses prêtres, l'on se sert d'un fusil, on le bat, et aussitôt que le feu s'est pris à la matière disposée, on allume de la chandelle : et celui-là se rendrait ridicule qui, ayant allumé sa chandelle, continuerait de battre le fusil; de même, quand une âme est assez éclairée par les considérations, qu'est-il besoin d'en chercher d'autres et de battre et rebattre notre esprit pour multiplier les raisons et les pensées? Ne voyez-vous pas que c'est perdre le temps, et qu'alors il faut s'appliquer à enflammer la volonté? » (V. Sa vie, par AbeUy.)

§ 2. — Corps de V oraison

284. Les sujets qui conviennent aux âmes varient selon leur attrait particulier. C'est une grande erreur de beaucoup d'âmes pieuses de vouloir, comme des débutants, suivre pas à pas leurs livres de méditation, et de s'en tenir strictement aux pensées et affections qui leur sont suggérées, et qui, parfois, ne répondent nullement ni à leurs dispositions ni à leurs besoins. « Comme des animaux attachés à un pieu ne peuvent aller que jusqu'où leur corde se peut étendre, et ne font après que tournoyer avec ennui, ainsi ces personnes se lient à certain nombre de points avec telle attache que c'est pitié de les voir. . . Celui-là ne serait pas familier avec un homme, qui l'allant voir, préparerait trois

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