‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 61 sur 170 · l'oraison" affective · texte numérisé non relu

l'oraison" affective

points à lui proposer,, sans on oser sortir, et même ce lui serait une continuelle géhenne de se tenir renfermé dans, ce discours prémédité. Mais la familiarité veut qu'après avoir représenté votre affaire, si vous en avez, vous traitiez en propos libres et affectueux, et suivant l'ouverture que vous en donne la bonté de celui avec qui vous traitez. » (Surin. Catéch. spir.t t. I, 2e partie, ch. 'n.) .

Les personnes pieuses, déjà familières avec Notre-Seigneur, ne doivent pas se rendre à ce point esclaves de leurs livres de méditation et des sujets qui leur sont proposés. Qu'elles s'appliquent surtout aux points fondamentaux de la perfection chrétienne : l'amour de Notre-Seigneur, le recueillement, la patience, le détaeln ment; qu'elles se servent, pour aviver leurs désirs et rendre plus ferventes leurs demandes, ou des exemples des Saints, ou des livres de piété qui les touchent davantage. ou, ce qui sera toujours le meilleur, des mystères de la Vie et surtout de la Passion de Jésus-Christ.

Ainsi elles, choisiront les sujets les plus pratiques, s'attachant de préférence aux considéra lions qui 1rs émeuvent le plus et les rapportant toujours à leurs besoins particuliers.

285. C'est ce qu'enseigne très justement le P. Surin : « L'âme touchée de Dieu voit et connaît que sa principale affahre est son amendement; pour l'obtenir elle juge que deux ou trois choses lui sont absolument nécessaires, savoir : la récollection, la mortification de ses passions et appétits, et le dégagement de cœur de toutes les créatures. D'abord qu'elle est à l'oraison, après s'être mise en la présence de Dieu et après avoir conçu le désir de Lui plaire, elle s'en va, ainsi que nous l'avons dit, de tout son poids, à voir et goûter combien lui est nécessaire !e recueillement : elle creuse cela, pensant aux moyens, aux occasions, au empêchements d'un tel bien; elle le désixe et le demande à Dieu très h il: sur cela elle fait des propos très fervents

et ne quitte point cette matière qu'elle n'en soit rassasiée pleinement. Après cela, elle peut prendre un autre sujet, qui est la mortification, voir et pénétrer le bien qui lui revient de mourir à ses passions, appétits, goûts et satisfactions, s'affectionner et enflammer à ce bien, considérer en quelles occasions cela se peut pratiquer, et, par ce moyen, croître en la vraie mort à soi-même.

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« Outre cela, ofitte âme se dort appliquer au dégagement des •créatures, se mettant devant Dieu avec un dessein de se dénuer absolument de tout; alors elle doit penser quelle chose il y a an monde qui peu' engager son cœur et son affection : d'abord l'Esprit de Dieu, qui est bon et fidèle, lui montrera Pat) qu'elle a à son honneur, à ses commodités, à s< s emplois, à telle ou telle personne qu'elle aime. Si cette âme. qui a telles vu son oraison, est bonne, elle dira : "Mon Seign< ur, je vous donne tout cela; elle fera cent actes de renonciation aux

mpyé , déprendre tout à fait et tant de fuis dira qu'elle

n'en veut plus, qu'enfin '11 s'en trouvera quitte. Yoilàla bonne méthode de faire oraison ; ceux qui font autrement et prennent à chaque jour différents objets, s'affectionnant tantôt à une chose, tantôt à l'autre, et, sautelant ainsi de branche en branche, ne font pas un profit si important comme ceux qui ndements de la vie spirituelle, les pesant et goûtant plusieurs mois et années, et qui, par ce moyen, se trouvent enfin en possession des points principaux de la doctrine d ur, et, un jour qu'ils n'y penseront pas,

ils se trouveront tout à fait riches en esprit, et Dieu 1rs élèvera à de plus grands biens et à une plus haute manière d'oraison. » (Catéch. spir., t. II, 7e partie, ch. i.)

286. C'est là. dit le P. Surin, la meilleure méthode d'oraison pour les personnes « entièrement résolues à ne rien refuser à Dieu, mais qui ont néanmoins encore des imperfections à corriger et des vertus à acquérir »; ce sont celles que nous appelons, dans cet ouvrage, les émues ferventes. Quant à celles « qui ne sont pas ainsi déterminées, mais sont véritablement lâches, ne voulant qu'à demi, et traînant dans des imperfections qu'elles ne combattent guère courageusement — c'est cet état que nous avons nommé l'état de simple piété — la meilleure méthode qu'on leur puisse donner, c'est de leur faire demander à Dieu, sans cesse, qu'il leur donne cette entière volonté rtuer

par toutes sortes de considérations de la prendre. »

Que ces âmes ne craignent pas de demander beaucoup ! Une oraison qui se serait passée tout entière à demander serait excellente. Il faut rassurer ceux qui se tourmentent à ce sujet et croient tout perdu quand ils n'ont pas approfondi les points de méditation. « Vous ne faites rien, ce me dites-vous, en l'oraison,

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écrivait saint François de Sales à une dame. Mais qu'est-ce que vous y voudriez faire, sinon ce que vous y faites, qui est de présenter et représenter à Dieu votre néant et misère? C'est la plus belle harangue que nous fassent les mendiants, que d'exposer à notre vue leurs ulcères et nécessités. » (Lettres, t. VI, p. 383. Édition Briday.)

287. Résolutions. — Quant aux résolutions, les âmes affectives ne doivent pas les négliger; elles doivent s'attacher à celles qui répondent à leur attrait et à leurs besoins, et les réitérer plutôt que les varier à chaque instant.

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