‹ Les degrés de la vie spirituelleChapitre 97 sur 170 · MARQUES DE LA CONTEMPLATION 9S · texte numérisé non relu

MARQUES DE LA CONTEMPLATION 9S

simplicité, en refusant de la reconnaître comme mystique, toute oraison de simple regard où ce sentiment de la prés de Dieu nYst pas signalé. Pour nous nous somim-s persuadé,, surtout si nous examinons les exemples donnés (sainte J. de Chantai, les premier, s Yisitandines), que dans cette oraison de simplicité saint Jean de la Croix eût reconnu une oraison mystique, ayant ks signes distinctifs que nous venons d'indiquer. En se bornant à ces trois marquas, dont il expose longuement les motifs, le grand Maître de la mystique nous paraît présenter une doctrine à la fois très rationnelle et très conforme à l'expériej

90. Les marques de la contemplation deviennent plus frappantes et plus faciles à reconnaître à mesure que le fidèle fait plus de progrès dans la voie mystique, et ses progrès dépendent de la générosité qu'il apporte à purifier son âme. En effet, plus il écartera les obstacles, plus deviendront puissantes et visibles les opérations de la grâce. Quand il réussit par sa fidélité à lutter contre les vaines rêveries et les pensées inutiles, à faire le vide dans son esprit et à l'appliquer uniquement à Dieu et à ses . devoirs, son intelligence reçoit plus de lumières. Quand il se détache plus courageusement de tout ce qui n'est pas Dieu, il reçoit dans sa volonté de plus fortes impulsions d'amour. L s faveurs donné s a la volonté sont d'ordinaire celles qui se remarquent les premières.

« L'influenc- mystique, dit saint Jean de la Croix, s'exerce directement sur l'intelligence, et la volonté y participe avec une paix et une délicatesse pleine de délices. Parfois ces deux puissances s'unissent (pour recevoir la grâce mystique), et V opérât wn divine en elles est d'autant plus parfaite et délicate que

lièrement le concept de l'état mystique en ne l'appliquant qu'à c nier cas. Ils prétendent que le fond essentiel, la caractéristique exclusive de tout état mystique est le sentim nt de la présence de Dieu. Pareille restriction est d'abord tout à fait arbitraire : on n'a pu citer unseul texte des Maîtres en faveur d'une thèie si étrange. Elle est de plus inai table, car elle amènerait logiquement à regarder comme ascétiqu

qui ;ont certain* m -nt mystiques, notamment les épreuves des contemplatifs, comme la nuit de l'esprit. Plus inacceptable encore est l'explication que quelques-uns ont donnée de ce sentiment de U

le Dieu, comme nous l'avons dit plus haut, nc 34 bis.

96 l'oraison contemplative

la purification de V intelligence est plus complète, Mais avant d'en arriver là, la touche d'un amour brûlant dans la volonté précède le plus souvent la touche d'une parfaite connaissance dans V intelligence. » (Nuit, il, 13.)

« L'âme, dit-il ailleurs, est par rapport à Dieu comme le verre par rapport au rayon du soleil. En effet la divine lumière de l'Être de Dieu circonvient toujours l'âme, ou pour mieux dire, réside toujours en elle essentiellement. Aussi, que l'âme se mette dans les dispositions voulues, c'est-à-dire qu'elle se purifie de toute tache dont elle serait ternie par la créature; qu'elle ait donc sa volonté unie parfaitement à celle de Dieu, (car cette union de volonté, cet amour implique le dépouillement, le renoncement à tout ce qui n'est pas Dieu), alors cette âme se trouve éclairée de la divine lumière et transformée en Dieu. Comme il ne peut y avoir une transformation parfaite, s'il n'y a pas une parfaite pureté, l' illumination et l'union de Vâme avec Dieu seront plus ou moins grandes et proportionnées à cette pureté de Vâme. » (Montée, il, 4.)

91. En résumé, quand il y a lieu de douter de l'état d'une âme, on s'assure si elle est ou non dans la voie contemplative en examinant les points suivants :

Cette âme vit-elle habituellement, et sans qu'elle ait besoin de faire effort, en présence de Dieu? A-t-elle l'expérience de cet -état où l'on se sent uni à Dieu, tout en vaquant aux devoirs de la vie extérieure? Est-elle vraiment avancée dans l'abnégation et bien affermie dans la pratique des vertus et la mort à ellemême ? Dans les épreuves, les humiliations, ressent-elle une paix infuse et la joie de souffrir pour Dieu? Éprouve-t-elle un dégoût vague et non raisonné, mais profond, de tout ce qui n'est pas Dieu, ou ne touche pas à ses intérêts, accomplissant par devoir plus que par goût les fonctions de la vie profane, et ne cherchant de consolation que dans la prière l? Ressent-elle de la répugnance pour les considérations et pour tout ce qui est méditation discursive? Éprouve-t-elle parfois un sentiment subit

1 « Lorsqu'on a une fois goûté les joies de l'esprit, tout ce qui sent la nature et la chair devient fade et rebutant. » Saint Jean de la Croix, Vive flamme, strophe III, § 7. C'est le mot de saint Grégoire le Grand : Gustalo spiritu, desipit omnis caro.

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