Telles sont les marques données par saint Jean de la
L'OHAISON CONTEMPLATIVE
Croix et, après lui par tous les maîtres. Un auteur contemporain — M. Ribet — en propose une autre. « Il faut, dit-il, que l'âme qui éprouva la contemplation ait été purifiée par les épreuves passives dont nous parlons plus loin »; et, à la façon dont il expliqua plus loin ces épreuves passives, on serait tenté de croire que ces âmes-là seulement deviennent contemplatives qui ont subi préalablement les épreuves d'une rigueur effrayante ëi vraiment extraordinaire. Il ne faut cependant pas perdre Qe vue que les premières épr-uv.s, qui ont pour but de détacher sensibles et d° préparer à la contemplation, sont bien moins rigoureuses que celles qui viendront p!us tard. A la considérer dans sa partie ess 'ntielle, la purification, la nuit des s?ns, consiste précisément dans cette difficulté à méditer et ■goût universel dont nous avons parlé. Plus tard, sans doute, l'âme devra subir de nouveiks purifications destinées à la détacher plus complètement et à lui rendre plus facile la contemplation. Mais ces épreuves nouvelles ne sont pas le prélude nécessaire de toute oraison contemplative. (Xuit .obscure, n, 1 et suiv.) D'un autre côté, toute cette purification <*st plus ou moins rigoureus>\ s -Ion le degré de perfection auquel Dieu s :■ propose d'amener l'âme. (Ibid.. n, 7.) Ce serait par conséquent une grande erreur de prendre comme type de ce qui se passe d'ordinaire les épreuves auxquelles nous voyons que les 's ont été soumis.
L s signes donnés par saint Jean de la Croix suffisent donc : pas n'est b°soin de compléter sa doctrine.
Nous ne pouvons pas davantage nous ranger à l'avis de quelques auteurs contemporains qui ajoutent aux signes que nous v:nons de donner le sentiment de la présence de Dieu, qui le déclarent même le signe principal • et appellent oraison de
1 L'E prit-Saint par ses dons éclaire l'âm^ contemplative en lui fai sant saisir avec plus d; clarté et avec une conviction ardente tantôf une et tantôt une autre. Parfois, par ex mple, elle sera très frappée d?s bontés de Dieu et d?s ingratitudes humaines et son zèle sera par là fortement excité; d'autres fois elle sera vivement éclairée sur la sainhvineetsursa propre misèee: d'autres fois Dieu versant en elle des suavités d'amour très consolantes, lui donnera en même temps la persuasion comme irrésistible de cette vérité, connue d'ailleurs par la foi : Dieu est en moi. c'est Lui qui produit ces douceurs.
D:puis une vingtaine d'années quelques auteurs ont restreint singu-