FA Y ART
Que voulez-vous dire ?
LE MARÉCHAL
On prétend qu'il eslpeu favorisé delà fortune.
VAUCANSON
C'est une calomnie 1 Vous allez en juger par le repas qu'il nous prépare ; tout est chez lui d'une recherche I
Air: Vaudeoille de la robe et les boites.
On lo croirait dans les finances , l'aut 8es dîners sont brillans t.t choisis; Jauiais Eoissy u'a compté ses dcjjcnbcs , Pas plus que vous vos cuueniis ^ Il éblouit tous ceux qui le connaissent. Oui, vous-même eu seriez jaloux , Et les écus devant lui disparaissent , Comme les Angiais devant vous.
LE MARÉCHAL
Il est pourtant certain qu'il n'a re<^'u aucune grâce delà Cour ; et quelle (jue soit la lortune d un homme de lettres... 1 A VA HT.
A merveille , voila déjà Buissy au nombre de vos protégés... Mais le voici.
LES MEMES , B O l S S Y. '
BOISSY , d*^n air empre^isè.
Bonjour, mes chers amis.
i8 LES DEHORS TROMPEUUS,
FAVART
Bonjour Boissy , nous arrivons en bonne compagnie.
BOISSY
Ces! bien aimable à vous. Ah ça î point de gêne , je vous traite sans cérémonie.
FAVART
J'en agis de même et je t'amène un convive déplus , mongieur ]\iaurice, franc et loyal militaire , sous lieutenant dans l'armée royale.
BOISSY
C'est me faire plaisir. ( A part. ) Que le diable t'emporte avec ton convive de plus !
I^E MARÉCHAL
Je suis«ensible à une réception si polie, j'espère que vous ne me trouverez pas déplacé parmi vous i* BOISSY.
Un brave n'est déplacé nulle part.
FAVART
Eh bien ! mon cher Boissy , V Homme du Jour ^ va aux nues.... C'eslun coup de fortune pour toi. LE MARÉCHAL.
Marmontel n'a pas élé hier aussi heureux , sa Cléopâlre ne se relèvera pas.
BOISSY
Comment , tombée ^
LE MARÉCHAL
Sans espoir de rechi t?. Eh 1 parbleu , le cher Vaucanson peut nous en donner des nouvelles, lia travaillé à la pièce. BOISSY.
V Comment, Vaucanson , tu veux aussi devenir académicien: YAtCANSON.
Qu'appelles-tu académicien t je suis mécanicien et voilà tout.
FAVART
■Niarniontel crie partout que c'est son aspic qui l'a tué.
VAUCANSON
Messieurs, je vous en fais juges.
Air: l ille avant le mariage
Pour son dénomment tr.ngiqu* , J'avais surpassé luon art \ Cette invenlion magique Devait tromper le regard.
COMEDIE. f^
5V'l:uiçanl sur C!L'o|.àtre, D'un loii^ sillliiucui, l':iiipio Fit niruiir le tlié;Ui\' ; Mais , o l'a la t prouotlic !
Lv puh'ic.
Le public , Fut de l'avis de i'aspic.
LK MAKÉCIIAL.
Pauvre Marnioniol, ê re ifflt^' tnûina parses acfeurs !
BOISSY
Parbleu , le Maréchal de Saxe doit être enchanlé de sa mtsavonture.
LE MARÉCHAL
Pourquoi donc ?
BOISSY
Ce frinon de Marmontel lui a déjà enlevé quatre ou cinq maîiresses.
LE MARÉCHAL
Trois ou quatre ?....
BOISSY
Mais on fait tant d'histoires, il n'y en a peut-être que la moitié de vtai.
LE MARÉCHAL, à part, ^ C'est beaucoup trop, coi bleu !
BOISSY
Et que lui importe.
Air : Ces postiUans sont d*une maladresse.
Un accident aussi vulgaire Pourrait encore , je le crois, AlUiger une àtne ordinaire ,
Tout au plus quelqu'fsprit bourgeois ; ( bis, )
Maiâ un héros qu'en tous lieux on renomme, Est au-dessus d'un pareil coup ; Et sur la tèle d'un grand homme Les lauriers couvrent tout.
FA V ART
Ah ça, si nous allions causer à lable. YAUGANSON.
• Bien vu.
BOISSY, à part,
Aye! Aye ! ( Uaut. ) Je ne sais à quoi pensent mes
gens , holà ! hé l Labrie ?
FAVART
Tu as peut-être fait des façons ?
BOISSY
Non , non , en vérité.