SCENE V
Les MEMES, AUGUSTE.
liOISSY.
Ah ! le voiU , ce cher enfant ; parbleu, mon ami| tues expédiiif.
AUGUSTE
Ma charge n'était pas lourde.
BOISSY
Ah ! ah ! on ta donné de l'or.
AUGUSTE
Mon père , on ne m'a rien donné ; la caisse était fermée. La Comédie Française est à Versailles depuis ce matin pour les fêtes delà Cour.
BOISSY
Ah ! mon Dieu , que m£ dis-iu là ? Le caissier....
AUGUSTE
Air: Ma cojnmére quand je danse»
Un caissier peut se permettre Quelquefois de ces tours-là ; En roule il vii;nt de se mettre ; Pans huit jour» il revit-udra , Et les auteurs sont , d'aprùt ça^ Prie's de vouloir remettre Leur appétit jus(^ue-lù.
r* LES DEHORS TROMPEURS,
Aussi , vous pensez bien que je n'ai amené ni cuisinier, ni musiciens,
BOISSY
O mal-adroit ! et mes conviTes?
FRANÇOISE
Il faut vite envoyer un exprès et leur faire dire qu'un accident, qu'une affaire imprévue
BOISSY
Impossible ! à l'heure qu'il est , et puis oùles trouver ? de tous mes convives à peine si j'en connais trois ou quatre. FRANÇOISE.
A merveille .. Voilà ces bonsjamis, dont vous ne savezpas même le nom.
BOISSY
Mais j'en ai d'autres qui peuvent m'aider , monsieur Leroc
lui-même
FRANÇOISE , ironiquement.
Oui, oui, lisez donc sa leJtre.
BOISSY
Voyons, voyons, (^11 lit.) m Monsieur, je respecle » beaucoup les lettres et le talent, mais j'ai trouvé un locataire >* qui a l'air aussi d'un homme d'esprit et qui m'a avancé le *> premier ternie ; voussentez qu'à mérite égal je dois la pré- » férence au talent qu« paye. Je vous préviens donc que dès » aujourd'hui ma maison est à la disposition du nouveau loi> cataire. »
FRANÇOISE
Nous voilà bien.
AUGUSTE
Et mon amour ! Et ma pauvre Jenny ! Que je suis malheureux.
BOISSY
Il est bien question de ton amour , et ma petite fêle , et mon dîner ?
FRANÇOISE
Vous y pensez encore ! Quoi , après un congé définitif.
BOISSY
Le congé ne me défend pas de dîner peut-être ; allons Françoise, nos convives vont arriver..... Voyons.... Rassemblons tout ce qu'il peut y avoir.)
FRANÇOISE
Oh ! monsieur il n'y a rien , rien absolument,
BOISSY
C'est malheureux ! Mais c'est égal , conservons les appa^ rences ; tu vas préparer
FRANCO TSE
Ah ! je ne veux pas être témoin de quelque catastrophe.
Air : Une fille est un oiseau.
Eh quoi ! vous pouvez songer A \es trailei de la sorte , Quand on vous met à la porte De votre salle à manger?
3S^on, je ne puis plus me taire; De n'otre propriétaire , Je connais le caracièiie , Et redoutant ses projets , Tandis que tranquille à table , Vous allf z faire l'aimable , J« vais faire nos paquets.
{Elle sort. )