‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 14 sur 192 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

trement considérable. Dès que Jésus se présenta comme fils de Dieu, comme Yerbe divin, incarné dans un corps d'homme, dès que ses biographes affirmèrent qu'il avait été conçu par l'intervention de l'Esprit saint , avant l'union même de Marie et de Joseph, il est évident que la généalogie royale plus ou moins prouvée par ce dernier devenait indifférente. Pour le peuple juif, que ses adversaires représentent comme attaché servilement à la lettre, Jésus n'était plus le descendant de David, et les termes des prophéties ne pouvaient plus lui être appliqués. Nous verrons en effet que les juifs, qui l'accueillaient très-favorablement comme prophète, se retournèrent plus tard violemment contre lui aussitôt que, par sa qualité de fils de Dieu et par sa déclaration qu'il était Dieu lui-même, il troubla toutes leurs croyances, toutes leurs traditions et tout le système des promesses prophétiques.

Aussi l'Évangile s'appuie-t-il , pour la naissance miraculeuse de Jésus, moins sur la prédiction relative à la descendance de David que sur d'autres prophéties. Après avoir raconté la conception du fils de Dieu dans le sein d'une vierge, et l'annonciation angélique de la naissance d'un enfant qui serait appelé Jésus, il ajoute : « et » cela se fit pour accomplir ce qui avait été dit » par le Seigneur au prophète Isaïe , savoir :

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« Une vierge concevra et elle enfantera un fils ; »> 6i| on le nommera Emmanuel (1)...» Et vocabis rwmens ejus Jésus. Hoc autem totumfactuin e&È uf^ çtd implei^etur quod dictwn est a, Domino per proplietam : Ecce vif^go in utero habebit et pariet fdiiim et vocabunt nomen ejus Emmanuel.

Avec la meilleure volonté du monde, il était ^fficile que les Juifs, que l'on accuse d'être des adorateurs fanatiques du texte, consentissent à feconnaitre dans celui qui se révélait sous le nom de Jésus, le libérateur annoncé par Isaïe mm le nom d'EMMANUEL. Si plus tard le symbolisme mystique du christianisme naissant a ptt trouver une analogie entre ces deux noms, constatons que, pour les yeux et Fesprit matériel

(i) Matthieu, 4, v. 21 à 23.— Notons ici que le mot rra^sr dont se sert le prophète Isaïe dans le passage cité (Isaïe, VII, V. 14), peut aussi bien être pris dans le sens de « jeune femme » que dans celui de « vierge » — On trouve le même ipot employé dans le Cantique des Cantiques pour désigner positivement les femmes du harem de Salomon. — Au reste ce passage d'Isaïe a été, comme tant d'autres, étrangement détourné de sa signification. Le prophète, qui s'adresse au roi Achas, ajoute qu'avant que l'enfant prédit, Emmanuel , sache distinguer entr^le bien et le mal, les royaumes d'Israpletd,e., Syrie seront vaincus.— Et, en effet, s'étant approché d'une prophétessfi à laquelle il était fiancé, il dit qu'elle a conçu et enfanté un fils et qu'avant que l'enfant sache dire père et mère, les deux royaumes seront ravagés. (Isaïe, ch. VIII, v. 2 ^s^iy,) G'eS(t donc à un fait contemporain et non à unévéf nement de l'époque messianique que s'appliquait évidemment la^ prédiction du Prophète.

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