‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 156 sur 192 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

empire temporel à ce vicaire du Christ qui avait dit : « Mon royaume n'est pas de ce monde. » Elle domine les souverains et leur dicte leur politique et leurs lois; elle extermine, par leurs bras, ceux qui la gênent ou l'inquiètent, les Albigeois, les Hussites, les Calvinistes, les Protestants; elle inspire la Saint-Barthélémy; dit-elle, par la bouche de saint Dominique, poussant les soldats au massacre: « Tuez toujours. Dieu saura » distinguer les siens, n En un mot, elle suit la pente inévitable de tous les gouvernements sans contre-poids, qui ne tolèrent aucune volonté, aucune idée, aucune liberté, aucun principe, contraires à leur pouvoir, et qui se sentent perdus s'ils sont discutés ou contrôlés.

En constatant rapidement ces faits, nous ne voulons pas dire qu'ils n'ont pas d'excuse légitime. Loin de là ; l'Église attaquée , menacée par des adversaires sans cesse renaissants, mise en péril dans ses éléments les plus essentiels , a obéi à un grand intérêt de conservation en se défendant et en réduisant à l'impuissance, par tous les moyens en son pouvoir, ses nombreux ennemis. Nous ne reprochons à aucune puissance humaine de se protéger, et avec elle, de protéger, même par la force des armes, le système sur lequel elle repose. Seulement on nous per-

mettra de voir dans les nécessités, dans la violence et dans les péripéties de cette lutte, un fait éminemment humain et non point un acte providentiel. Nous comprenons très-bien que les hommes, dans l'ardeur de leurs passions et de leurs intérêts, se livrent à ces guerres acharnées; nous ne consentirons jamais à associer le nom du Dieu de justice et de bonté à des œuvres d'oppression, de vengeance et de sang.

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