‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 42 sur 192 · MENT (M · texte numérisé non relu

MENT (M

Certes, le moment est propice; l'épreuve est suprême. Ce ne sont plus quelques pharisiens insidieux qui viennent tendre un piège à Jésus ; c'est tout, un peuple, avide du secours divin, qui le supplie de se faire connaître, de ne pas tenir plus longtemps leur pensée indécise et de déclarer enfin s'il est le Christ si impatiemment attendu. Eh bien! le croirait-on? Jésus refuse encore de s'expliquer catégoriquement; ilne répond que par de nouveaux reproches; il accuse les Juifs d'être incrédules ; il leur dit qu'ils ne sont point ses brebis; que ses brebis seules le connaissent, etc.

(1) Et ambulabat Jésus in templo, in portica Salomonis; circumdederunt ergo eum Judaei et dicebant el : Quousque animam nostram tollis ? Si TU ES Christus, dic kobis PaLam. — Jean, cli.X, V 23 et 24.

Incrédules! mais jamais peuple, nous ne sau? rions trop le redire, n'était plus disposé à acclamer le Sauveur d'Israël et de l'humanité! Incrédules! mais quand donc les Juifs avaient-ils été mis à même de croire soit au Messianisme, soit à la divinité de Jésus? Ils l'interrogeaient avec une sincérité manifeste, avec l'ardent désir de trouver en lui l'envoyé de Dieu si longtemps espéré ; et il ne leur répondait pas; il refusait de satisfaire à leurs justes réclamations, ou bien il enveloppait ses réponses d'un mystère impénétrable. Qui osera, après tous ces faits, blâmer les habitants de la Judée de n'avoir point vu dans le fils de Marie, l'héritier de David, le Christ promis par les prophètes?

Cependant, il aurait sans doute continué en paix ses prédications, si, peu à peu, elles n'avaient pas porté atteinte à l'un des principes fondamentaux de la loi juive, à I'Unité absolue et à riNvisiBiLiTÉ DE DiEu. Bientôt, en effet, Jésus s'attribua devant le peuple une nature et une autorité divines. C'était sans doute le fond de sa doctrine, puisque le christianisme en a fait le dogme essentiel delà foi nouvelle. Suivons-le sur ce nouveau terrain.

Page 1