CHAPITRE PREMIER
refuser les preuves qu'ils sollicitèrent de lui avec une douloureuse anxiété.
Voici quelles étaient les preuves que réclamait le peuple hébreu d'après une tradition constante et de nombreuses prophéties.
Les unes étaient d'ordre naturel et politique ; les autres d'ordre surnaturel.
Le Messie prédit par les Écritures devait être précédé parËlie(^), le prophète le plus respecté et le plus populaire parmi les Juifs.
La révélation du nouveau libérateur devait se faire au moyen d'un de ces éclatants miracles dont le Dieu qui s'était manifesté jadis au sein des foudres du Sinaï, qui avait consacré Moïse aux yeux de tout le peuple, se servait dans toutes les occasions où il s'agissait du salut d'Israël et de l'humanité {^).
Dans l'ordre naturel des faits, le Messie devait être le descendant de David et relever en Israël le trône du Roi Prophète. Il devait affranchir le peuple de Dieu du joug étranger, réunir les enfants dispersés de la race sainte, attirer au dogme de l'unité toutes les nations de la terre, changer
(1) Malachie, ch. IV, v. 5. Ecce ego mittam vobis Eliam Prophetam, antequam veniat dies Domini, magnus et terribilis.
(2) Malachie, ch. III et IV passim. — Zacharie, ch. XII, XIII et XIV passim.
â-2 LES DÉICIDES.
en instruments de travail les armes homicides et inaugurer le règne de la paix universelle. La Bible fait le plus saisissant tableau de cette époque de fraternité et d'amour où « le loup vi- » vra en paix avec Fagneau , le léopard avec la ^ génisse, où tous les hommes auront un cœur » de chair à la place de leur cœur de pierre, où » tous les peuples parleront la même langue , » adoreront le même Dieu et où Jérusalem sera » le sanctuaire de toutes les nations. »
« J'ai trouvé mon serviteur David , s'écrie le » Psalmiste ; je l'ai oint de mon huile sainte ; ma » main demeurera avec lui et mon bras l'affer- » mira. Je l'établirai mon premier né ; je l'élève- » rai au-dessus des rois de la terre. Mon alliance » avec lui sera éternelle ; sa race ne finira point et » son trône durera autant que le ciel. J'ai juré » par ma sainteté, et je ne mentirai pas à David : » Sa postérité subsistera à jamais ; son trône sera » comme le soleil, dans tout son éclat, comme la » lune dans sa plénitude, et il sera éternellement » maintenu (M.
« Il dominera d'une mer jusqu'à l'autre, de- » puis le grand fleuve jusqu'aux extrémités de » la terre Tous les rois se prosterneront
(i) Psaume 88, passim.