‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 4 sur 192 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

au milieu de toutes les familles humaines ? L'heure était donc propice, tellement propice qu'une foule d'ambitieux vulgaires et d'adroits imposteurs en avaient profité , et qu'au dire de Josèphe (^), le nombre de pseudo-Messies et de faux prophètes fut considérable durant cette période. Si d'habiles intrigants entraînaient ainsi le peuple, en se prétendant faussement les messagers de l'Éternel, quelle puissance devait avoir le véritable Messie lorsqu'il se manifesterait enfin ! La Judée tout entière se grouperait infailhblement autour de lui, prête à l'acclamer, prête à l'exalter sur le trône, prête à obéir à sa voix!

Et si la liberté , si ardemment attendue , ne venait pas seulement d'un homme mais de Dieu lui-même; si la Providence, qui ne cessait pas de veiller en faveur d'Israël, daignait intervenir pour affranchir les Hébreux du despotisme romain, comme elle les avait sauvés jadis du joug de l'Egypte et de la captivité de Babylone, est-il possible de croire que le peuple pût rester indifférent devant cette miraculeuse manifestation et ne pas adorer la main céleste qui frapperait ses ennemis et délivrerait Jérusalem ?

Ainsi, les juifs n'avaient aucune raison pour

(i) Josèphe, Antiquités, liv. XVII.

repousser les grandes destinées que Dieu leur enverrait directement ou indirectement, pou méconnaître le Messie, fils de David, aussitôt qu'il se révélerait, pour résister, en un mot, à l'évidence d'un fait qui, constaté et accompli, devait leur donner, outre leur affranchissement national, la domination matérielle et spirituelle du monde entier.

Pourquoi donc n'ont-ils pas vu ou n'ont-ils pas voulu voir ce rédempteur en Jésus-Christ?

L'Évangile va nous répondre, l'Évangile, le seul document qui nous reste sur la vie, les paroles et les actes du fils de Marie ; car le silence des écrivains contemporains sur ce dramatique épisode de l'histoire juive dit assez clairement que Jésus, confondu parmi tous les faux messies dont cette époque fut prodigue, ne laissa pas, d'abord, une trace plus caractérisée et ne produisit pas une impression plus profonde que ces derniers.

Or, il résulte du récit évangéhque que Jésus ne fit rien, qu'il ne voulut rien faire pour [être reconnu par les Juifs, et qu'il ne cessa de leur

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