CHAPITRE VII
apparaître et se manifester, par un prodige éblouissant, ce Messie tant désiré, qui devait être le libérateur, la gloire et le salut d'Israël.
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Malheureusement ils ne purent obtenir cette dernière preuve , qui eût été si décisive. Jésus mourut comme meurent tous les hommes, et les dernières paroles^qu'il prononça avant d'expirer furent même de nature à affaiblir encore parmi le peuple, s'il était possible, la croyance à sa divinité. « C'était alors environ la neuvième » heure, dit l'Évangile, et Jésus poussa un grand » cri, en disant: « Eli, Eli^ lamma sabactani ? » » c'est-à-dire : « Mon Dieu , mon Dieu ! pour- » quoi m'as-tu abandonné (^)? » Ce cri était, pour ceux qui l'entendirent et qui en prirent sans doute les expressions dans leur sens textuel, exclusif de toute idée de divinité. Se dire abandonné de Dieu lui-même, n'était-ce pas démentir toute participation à la nature, à l'essence, à la puissance de l'Éternel, et même toute inspira-
(1) Et circa horam nonam clamavit Jésus voce magna, dicens : Eli, Eli, lamma sabactani? hoc est : Deus meus, Deus meus, ut quid dereliquisti me? — Matthieu, ch. XXVII, V. 46.
tion et toute autorité venant de lui? Jamais Moïse, jamais aucun des prophètes d'Israël n'avaient montré cette suprême défaillance et ce sombre désespoir. Les Juifs, à ce moment sinistre, durent être plus convaincus que jamais de la légitimité de la peine prononcée contre le fils de Marie; ils n'hésitèrent plus aie confondre avec ces pseudo-prophètes et ces faux rnessies qui, depuis longtemps déjà, surgissaient en Israël, surexcitant, sans résultat, les passions populaires.
Cependant le maître des Évangiles prononça, avant de rendre le dernier soupir, un mot sublime qui aurait dû être un ordre pour ses disciples, et qui jetait d'ailleurs une vive lumière sur la disposition d'esprit où se trouvait le peuple à cette époque : « Mon Père , s'écria-t-il , mon