CHAPITRE VII
rien ne leur avait démontré qu'ils condamnaient et faisaient périr un prophète , un Messie , un Dieu ! Oui, ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient, et , dès lors , devant quelle loi pourraient-ils être coupables de ce crime de Déicide qui a servi de prétexte à dix-huit cents années de persécutions, et dont, s'ils l'ont commis, ils n'ont pas eu la conscience?
Mais celui-là même qu'ils frappaient du dernier supplice, doux et miséricordieux à l'heure de sa mort, s'écriait : « 0 mon père , ô mon « Dieu, pardonne-leur! » Pardonne-leur! Et, loin de pardonner, les disciples du Grand Crucifié ont voué au peuple juif, à l'instrument aveugle des décrets éternels, une haine sans pitié et sans trêve ; et , pendant de longs siècles de tourments et de deuil, des raillions de Juifs innocents ont expié, sur les bûchers, dans de vastes massacres, par le courroux et le mépris des peuples, le prétendu crime de leurs pères! Yoilà comment s'est traduite , hélas ! dans le monde, cette belle parole de pardon et de d'oubli prononcée, à sa dernière heure, par Jésus mourant sur la croix. 0 sombres passions de l'humanité! 0 despotisme des intérêts terrestres ! 0 cruelle violation des saintes lois de la charité et de l'amour!