CHAPITRE X. i
son admirable livre de Y Ecclésiastique (*): « Pardonne à ton prochain l'injure qu'il t'a faite » et quand tu prieras, tes péchés te seront par- » donnés (^). Quoi! l'homme garderait sa colère » contre un homme et demanderait à Dieu son » appui ! Il n'a point de pitié d'un homme sem- » blable à lui et il demande pardon de ses pé- » chés ! Souviens-toi des commandements et » ne te mets point en colère contre ton pro- » chain ».
Voici ce que disaient enfin les Pharisiens, si violemment accusés par Jésus : « Ne sois point » enclin à la colère (^) ». — « Lorsqu'un homme » s'abandonne à la colère, si c'est un savant, il » perd sa science; si c'est un prophète, Vesprit » prophétique lui est retiré C*) ». — « Les amis » de Dieu sont : celui qui ne se met point en co- » /ère; celui qui donne l'exemple de l'humi- » lité (^) )).
(1) Ecclésiastique, ch. XXVIII, v. 2 à 12.
(2) Cette expression estpresque la reproduction littérale de ce que dit Jésus à la suite des paroles ci-dessus rapportées. Après la recommandation de ne pas se mettre en colère, l'Évangile ajoute en effet : « Si donc, lorsque vous présentez » votre offrande à l'autel, vous vous souvenez que votre frère » a quelque chose contre vous, laissez-là votre don et allez » vous réconcilier auparavant avec votre frère. »
(3) Pirké-Aboth,cli. II, v. iO.
(4) Talmud, traité Pesachim^ 67, col. 2.
(5) Talmud, traité Pesachim^ 113.
Le discours sur la Montagne poursuit : « Vous » avez appris qu'il a été dit aux anciens : « Vous » ne commettrez pas d'adultère » ; et moi je vous » dis que le désir lui-même est déjà l'adultère » dans le cœur » .
0 éternel Décalogue, n'avais-tu donc pas fait entendre avant Jésus cette belle parole : « Tu » NE DÉSIRERAS ni la femme de ton prochain^ ni sa )) maison, ni son champ, ni son serviteur, ni sa )> servante, ni son bœuf, ni son âne, ni aucune » chose qui soit à ton prochain? (i) »>
L'expression même dont s'est servi le maître des Évangiles avait cours dans l'enseignement des docteurs de Judée. — « Celui, disaient-ils, )) qui regarde une femme avec une intention im- » pure a déjà, pour ainsi dire, commis un adul- » tère(^)».
. Et lorsque Jésus, développant cette pensée morale, proclame la sainteté du lien conjugal et son indissolubilité, excepté dans le cas d'adultère (^), que dit-il de plus que Rabbi EHezer déclarant que « l'i^utel verse des larmes sur la )) conduite de celui qui répudie sa femme? (^) »
(1) -jyi nti;>^ Tnnn î«^S Exode, ch. XX et Deutéronome, cil. V, V. 21.
(2)-n'Sî^ NnSi>^3 n:i^.ûi r\xû^:^ S3nDi2n Sd — Talmud, Massecliet, Kalali.
(3) Discours sur la montagne, Matthieu, ch. V, v. 31 et 32.
(4) Talmud, traité Sanliedrin, 22 a.