‹ Les déicides; (volume 2)Chapitre 91 sur 192 · CHAPITRE X. i · texte numérisé non relu

CHAPITRE X. i

A la sainteté du mariage Jésus lie presque aussitôt la sainteté du serment -. « Yous avez appris » qu'il a été dit aux anciens : « Yous ne vous )> parjurerez point x. Et moi je vous dis de ne » point jurer, ni par le ciel, parce que c'est le )) trône de Dieu, ni par la terre qui sert d'esca- )' beau à ses pieds, ni par Jérusalem, ni par )> votre tête » .

— » Que votre bouche ne s'habitue pas à ju- » rer, disaitJésus, fils de Sirach(^), car, en jurant,

on offense Dieu de bien des manières. Que le » nom de Dieu ne soit point sans cesse en votre » bouche. Ne mêlez point dans vos discours le » nom des choses saintes, car vous n'en demeu- )) rerez pas impuni. Celui qui jure souvent sera » rempK d'iniquité et le châtiment ne sortira /) point de sa maison ».

Et, avant le fils de Sirach, on Hsait^ansle Décalogue : « Tu ne prendras pas le nom de ton » Dieu en vain (^) ».

Ici se place dans le sermon magistral de Jésus, une maxime qui a toujours été considérée comme le plus haut degré de la morale et de l'abnégation humaine : « Ne rendez pas oeil pour

(1) Ecclésiastique, cti. XXIII, v. 9 et suiv.

(2) Exode, cil. XX et Deiitéronome, cli. V

>^ œil, dent pour dent, blessure pour blessure, » ainsi qu'il a été dit aux anciens, s'écrie le Pro- » phète de Nazareth, mais ne résistez point au » mal que l'on veut vous faire, et si quelquun » vous a frappé sur la joue droite ^ présentez-lui n Vautre joue »,

Il y aurait beaucoup à dire sur le véritable sens de cette loi du talion dont on fait si grand bruit contre le mosaïsme, et qui n'est, sous une forme particulière, que le principe même du droit social de punir le crime (^). Mais un pa-

(1) Voici comment s'exprime sur ce point un rabbin israélite, dans d'intéressantes études sur le Pentateuque.

« Quant aux coups et aux blessures, la législation hébraïque en ordonnait la compensation par un dédommagement égal auitort causé. « Dent pour dent, œil pour œil, main pour I. main, dit l'Écriture. » Ce n'est pas à dire qu'il faille arracher une dent, crever un œil, couper une main à celui qui s'est rendu coupable de tels actes. La loi du talion n'eût été, dans ce cas, qu'une monstrueuse iniquité. Aurait-on pu avoir en effet la certitude de causer strictement à l'un le même dommage qu'à l'autre? Qui eût été capable de peser d'avance les deux douleurs pour infliger la seconde avec la même intensité que la première? Et si, par hasard, le coupable est privé d'une main ou d'un œil, lui couperez-vous son unique main, lui prendrez-vous le seul œil qui lui reste? Ce serait violer, par l'exagération et l'inégalité de la peine, la loi même du talion. Quel avantage, d'ailleurs, pourrait-il résulter pour celui qui a été mutilé, de la mutilation imposée à son adversaire" Il n'aura, avec la douleur d'avoir souffert, que le regret de s'être inutilement vengé; il sortira du tribunal avec sa blessure et sans la moindre consolation pour la lui faire oublier. La loi du talion ainsi comprise eût donc été une sauvage absurdité.

Le Talmud, qui nous a fourni les considérations gui pré-

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