DONNE SANS CONNAÎTRE ET SANS ÊTRE CONNU
il Le troisième degré est cehii de l'homme qui » connaît le pauvre auquel il donne et qui ne se )^ fait pas connaître. Ainsi faisaient les sages; ils « allaient jeter secrètement des bourses d'argent » dans la maison des pauvres ;
)> Le quatrième degré est celui de l'homme qui » est connu par le pauvre sans toutefois le con- » naître personnellement ;
» Le cinquième degré est celui de l'homme » qui donne au pauvre de la main à la main, » sans attendre qu'on lui demande;
» Le sixième degré est celui de l'homme qui i> ne donne qu'après avoir été solhcité;
)) Le septième degré est celui qui donne moins )) qu'il ne devrait donner et sans bienveillance;
» Enfin le plus bas degré de l'échelle charita-
homme qui donnait publiquement une pièce de monnaie à un maUieureux; « Autant vaudrait, lui dit-il, ne pas donner, » que donner avec ostentation et en public ». — Talmud, Traite Ghaguiga, ch. I,
)> ble est celui de Fhomme qui donne avec, hu- » meur et regret (') ».
On voit qu'en fait d'aumône discrète les docteurs juifs n'ont pas été moins explicites que l'Évangile et que, sur ce point encore, le Discours sur la montagne a bien pu rappeler les grands principes de la doctrine juive, mais^non point les dépasser.
» Lorsque vous prierez, poursuit le fils de » Marie, n'affectez pas de parler beaucoup comme » les païens qui s'imaginent que c'est par la » multitude de paroles qu'ils méritent d'être » exaucés » .
« Il vaut mieux, disent les sages du Phari- » saïsme, faire une courte prière avec recueil- )) lement qu'une longue prière sans ferveur (^) »».
(( Faites-vous des trésors dans le ciel où ni la » rouille, ni les vers ne les mangent et où il n'y » pas de voleurs qui les déterrent, » dit encore le docteur Nazaréen.
V Ecclésiastique nous rapporte une parole identique de Jésus, fils de Sirach : « Mettez votre « trésor où le Très-Haut vous commande de le
(1) loreh Deah, 249.
(2) Talmud traité Schabbatb, 10— et traité Menaehoth, HO.