‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 43 sur 47 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Conduit au champ d'honneur les fiHes d'Apollon ! A des faits inouis quand je la croyais due , J'ai donné la louange et ne l'ai point vendue. D'un noble engagement noblement délié , Au sang du grand Henri mon cœur m'a rallié. J'ai cédé sans effort à l'espoir que la France Verrait sous un Bourbon la fin de sa souffrance; Mais sans fouler aux pieds un noble souvenir ; Mais demandant la gloire encor pour l'avenir ; Mais sans que nul bienfait sortît de ma mémoire. Je voulais des vertus où je voyais la gloire; Mais je prétends la gloire où sera la vertu. De toutes deux un roi doit être revêtu^ Sur-tout s il est Français et fils de Henri quatre: C'est aidé de Henri que je veux vous combattre. T Acceptez le défi ! J y cours quelque danger ; Mais quand je sers l'honneur qui pourrait m'outrager ? Ma voix par vos serpents ne peut être étouffée : Les serpents de l'enfer n'ont point fait taire Orphée ! Pour un amour profane û accorda son luth. La patrie à mes chants offre un plus noble but ; Et de tout vrai Français libre et franc interprète , Si l'indignation peut faire un vrai poète , D'une lutte nouvelle arborant le signal,

Ressaisissant encor les traits de Juvénal,

Ainsi qu'en un gibet , à l'exemple d'Horace ,

J'irai clouer vos noms aux fourches du Parnasse,

Et de tout délateur délateur redouté ,

Dénoncer vos forfaits à la postérité :

Ou plutôt , dédaignant vos fureurs insensées ,

Vers le seul bien public élevant mes pensées ,

Tel que l'oiseau des mers , en planant dans les cieux ,

Brave le vain courroux des flots séditieux ,

Par des cris de douleur, par des chants d'espérance,

Essayant d enflammer, de ranimer la France ,

J'irai, de leurs flatteurs fesant taire la voix,

Porter la vérité jusqu'au trône des rois.

Toutefois rendons grâce à leur haute prudence ! Sans eux la liberté tombait en décadence, Des succès éclatants avaient doré ses fers ; Donnés par la victoire, on les avait soufferts; Les rois les ont brisés ! Au fort de la tempête , De son arbre immortel s'est redressé le faîte. Reine des siècles dor, antique liberté!

Toi qui fus légitime avant la royauté!

Louis est couronné ! ton noble feu l'inspire ! Remonté sur le trône , il te rend ton empire î

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