PREMIÈRE PARTIE
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Vils délateurs, c'est vous que je vais attaquer!
Caton avait cette opinion, « que poursuyvre les meschants en justice, estait l'une des principales choses a quoy devait vacquer et s'appliquer tout homme de bien. » Plut. d'Jmyot. Tacite a dit de même : « Delatores, genus hominum publico exitio repertum , et pœnis quidem nunquam satis coercitum. Ann. lib. IV , cap. 3o.
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D'éloigner un époux donne un moyen légal.
Voyez, dans les journaux de *** le procès de la dame***
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Le crime n'a jamais qu'un empire éphémère.
C'est dans ce sens que Sénèque a dit :
Jniqua nunquam régna perpétua manent. Médée, acte 3.
Invisa nunquam imperia retinentur diu.
Hercule , au mont Oëta , acte 2
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Moderne inquisiteur, Dominique à cheval.
Saint Dominique fut le fondateur et le patron de l'inquisition. Il a eu dans ces derniers temps plus de successeurs sous le plumet que sous le froc.
go NOTES. n
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Un conseil de famille en une chambre ardente.
Les conseils de famille ont été institués dans chaque compagnie de la garde nationale , pour y terminer à l'amiahle toutes les discussions qui pourraient s'élever relativement au service. Ces conseils sont devenus dans plusieurs compagnies des comités de délation : que de témoins peuvent l'attester !
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Si, terrible aux méchants autant qu'aux ennemis, Un chef, guerrier loyal, ...
Il serait inutile de dire ici que l'application de ces vers s'adresse au commandant actuel de la garde nationale, si elle n'avait été successivement commandée par des chefs qui tous ont mérité les mêmes éloges.
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Celui-ci dans les flots cherche un dernier asyle.
Nombre d'employés supprimés par suite de délations ont perdu la vie de cette manière , à une certaine époque. En un seul jour il s'en précipita neuf entre le Pont-au-Change et le Pont-Neuf. Je me trouvais ce jour même dans une maison du quai où le fait me fut attesté.
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Vois 1 airain menacer le palais de Henri.
Qui ne se rappelera avoir vu, au bas du Pont-Royal, les eanons prussiens braqués sur le château des Tuileries!...
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Le fouet de Juvénal et la lampe d'Horace.
Juvénal, sat. I. a dit :
Hœc ego non credam l'enusiiiâ digna lucerna ? te poëte suppose que les crimes de son temps étaient
dignes d'être poursuivis à la clarté de la lampe d'Horace. J'ai cru pouvoir imiter cette ligure.
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J'ai chanté la j^atrie , etc.
Allusion à de nombreuses délations faites contre moi au sujet d'une pièce de vers prononcée dans une réunion de la garde nationale , et dont ce passage rapelle les principaux traits. Je pourrais dire ici, avec le fds de Philippe : Peràse expetunt , quia tuis injuriis doleo , quia tibiademptas tôt urbes , tôt gentes, indigner. Tit. Liv. Lib. t^o. Oratio Persei^ etc.
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La garde du château n'en défend pas le roi. Malherbe a dit, en parlant de la mort :
Et la garde qui veille aux barrières du Louvre, N'eu défend pas nos rois.
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De leurs considérant voulez-vous quelques traits ?
Il n'y a personne qui n'ait entendu dire aux orateurs d'un certain parti tout ce que je rapporte ici. Il existe une prétendue apologie deHenri-Quatre, par la duchesse de Rohan, qui prouve que le langage des courtisans du bon roi était absolument le même que celui des courtisans de nos jours.
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Au retour des faveurs plus qu au retour du maître. C'est aujourd'hui sur-tout que Sénéque aurait pu dire ;
Pauci reges, non régna colunt.
Hercule , an mont Oeta , acte 2.
^i NOTES.
Page i(j.
Leurs noms restent flétris, malgré leurs errata.
Un personnage , tlont je ne veux pas me rappeler le nom , avait rempli un volume entier de délations sans nombre contre des gens de toute espèce; à chaque réclamation, il s'empressait de donner un désaveu de son article , et d'inscrire cet aveu à la fin de son livre, en forme d'errata. Ce qui fournit dans le temps , à l'un des rédacteurs du journal de Paris , la matière d'un article fort spirituel.
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Domitien disait, effrayé de leur rage :
Domitien lui-même a sévèrement puni les délateurs; Trajan les exila ; Pline , dans son panégyrique , raconte qu'il les fit abandonner en pleine mer sur un navire sans voiles et sans agrès. Voyez, pour la plupart de ces citations, l'excellent abrégé de l'histoire romaine de M. le comte de Ségur.
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Telle autrefois Venise en prison transformée.
C'était sur-tout à Venise que la délation était jadis un des grands moyens de gouverner ; on s'en convaincra en lisant dans l'histoire de Venise de M. Daru , les règlements du conseil des dix. Cette lecture suffirait pour rendre odieux tout gouvernement despotique , et soulever l'ame , la moins amie de la liberté, contre les excès de la tyrannie.
Page 22.
Il est pourtant des chefs exempts d'un pareil blâme.
Deux ordres du jour , dont je joins ici l'extrait , ont été publiés le 21 janvier et 28 octobre 1816 par le colonel d'une des légions de la garde nationale.
« Il m'a été signalé un comité d'anonymes., intitulé , les 24 ?
NOTES. piJ
« qui a dénoncé plusieurs personnes de la légion J'ai
o chargé MM. les chefs de bataillon de s'informer si effec- « tivement il existe , pour le malheur et le déshonneur de la « légion, un comité semblable de dénonciateurs; j'aime à « croire que ce comité n'existe pas; mais si dans les rangs « de la *** légion il se trouvait des gens capables de ce vil « métier de dénonciateurs , et qu'ils fussent connus , je « les signalerais comme souillant le noble habit de garde na- « tional, et indignes de porter un uniforme aussi respec— « table. Rien n'est plus méprisable que des dénonciateurs, et « rien n'est plus odieux qu'une association et organisation « semblables. »
Du 28 octobre i8i6.
«C'est à nous, messieurs, à donner l'exemple du dé- « vouement le plus complet, nous qui avons eu le noble et « doux avantage d'éviter toute espèce de réaction , qui n'a- 4 vous éprouvé aucune perte ni disgrâce particulière , qui « avons éloigné ce système si affreux de dénonciateurs , sys- « tême qui n'apportait que haine, inquiétudes et malheurs. »
Voilà de véritables titres à l'admiration , à la reconnaissance , à la gloire, sur-tout si l'on veut considérer la date de ces deux ordres du jour. Que de malheurs n'eût-on pas évités, si tous les hommes revêtus du pouvoir, ou qui comptent de nobles aïeux, eussent professé des principes aussi honorables. Il m'est doux de rendre ce juste hommage à l'homme qui, déjà distingué par son nom, s'est rendu plus illustre encore par sa loyauté, sa modération , son amour pour les rois et la patrie :
Tros , Tfriusqiie mihi nnUo discrimine ageiur. JEn. lib. I.