‹ Les Délateurs, ou, Trois années du 19e siècleChapitre 47 sur 47 · TROISIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE

Page 64.

Le fils de tel proscrit a défendu son père.

Rien de plus noble , de plus touchant, que la manière dont le jeune colonel Grouchy a défendu son père devant les conseils de guerre qui se déclarèrent successivement incompétents dans cette cause ; quels soins , quelles sollicitudes , quel empressement , quel dévouement , n'a-t-il pas montrés , soit

io4 NOTES.

qu'il volât du tribunal aux champs de l'Amérique , pour y partager l'exil paternel , soit qu'il revînt solliciter avec un ■zèle, une ardeur, que rien n'a pu décourager, le retour du héros de Novi,de Hoenlinden, de Friedland, de Wagram, de Raab , de la Moskowa ! Lors de la retraite de Russie , ce tendre et généreux fils , non moins digne de gloire par sa piété filiale que par sa valeur éprouvée dans vingt batailles , voyant périr les chevaux de son père, qui a^'^rs était malade et blessé, s'était attaché lui-même au traîneau et l'avait tiré sur les neiges et les glaces , pendant plusieurs lieues.

Page 64.

L'innocent condamné pour le crime d' autrui. Voyez les mémoires de M. Le JBlanc.

Page 64. Tel autre de son frère a brisé les verroux. Lisez, dans la Bibliothèque historique , le récit du dévouement du docteur Montain envers son frère, malade et prisonnier , dont il parvint à prendre la place.

Page 64.

Une épouse au supplice arracha son époux. Qui ne reconnaîtra ici l'action héroïque de madame de

la Vallette !

Page 66.

Il commente un discours , l'altère ou l'interprète ,

A'ihil est , Quin maie narrando possit depravarier.

Térence, Phormion, acte 4. s. 4.

Page 71.

Ils insultent l'armée , et Thersites nouveaux , \ oyez le discours du général Maison , à la chambre des pairs.

NOTES. io5

Page 73.

Épargnons les Français, poursuivons l'étranger.

Henri IV criait aux siens, après la victoire d'Ivri, épargnez les Français , main basse sur Vétranger.

Page 74.

L'oppresseur qui reçoit et l'opprimé qui paie.

Ne serait-ce ^^s le cas de répondre à ces avides sollicitenrs

d'emplois, de faveurs et de richesses, ce qu'un empereur

romain répondit dans le se'nat à Hortulus, qui lui demandait

de nouvelles libéralite's ?

«Quelle importunité condamiiable de forcer, pour ainsi « dire, le tre'sor public , qu'il faudra remplir par des crimes , « après que l'ambition l'aura épuisé. Auguste vous a fait des «• largesses, Hortulus, mais sans y être contraint, sans obliger «ses successeurs à vous en faire toujours; l'industrie lan- « guira , la paresse prendra le dessus , si l'on n'a plus rien à « craindre ni à espérer de soi-même. Chacun , comptant sur « des secours mendiés, ne fera rien pour soi , et incommodera « les autres. « Tacit. Ann. , l. 1.

L'homme qui parlait ainsi s'appelait Tibère.

Page 75.

Le roi ne veut qu'un peuple.

Paroles de S. M. au maire de Dijon.

Page 76.

Le fer reparaîtra quand l'or sera donné.

Spoiiatis arma stipersunt. Jar. s. 8.

Page 80.

Je rapporte à tes pieds l'hommage héréditaire. Feu M. le président Dupaty avait fondé à l'Académie de la Rochelle un prix pour le meilleur éloge de Henri IV, le bien bon ami des Rochellois.

io6 NOTES.

Page 8r.

« Bon voyage, messieurs, mais n'y revenez pas. » Paroles de Henri IV, en congédiant les Espagnols. Page 82.

Juvénal paya cher un seul trait de satire. Un de ses vers blessa l'histrion Paris, d'autres disent le favori d'Adrien, Antinous; le pocte octogénaire, fut relégué au fond de l'Egypte, où il mourut de vieillesse et de chagrin.

Page 82.

Lucain fut trop puni pour n'avoir point flatté. Néron , qui se piquait d'être poëte , fut jaloux de la préférence que les Romains donnaient aux vers de Lucain sur les siens, et le mortifia en plusieurs circonstances. Lucain jeune et bouillant s'en vengea par une satire violente. Il reçut l'ordre de mourir, et se fît ouvrir les veines, comme Sénèque , dont il était parent.

Page 83.

Les périls sont fréquents au chemin de la gloire.

....Non fit sine periciilo facimls magnum et meinorabile.

ïérence , Heantou. , acte 2.

Ardua per prceceps gloria vadit iter. Ovide ^ élégie 4. Non est ad astra mollis e terris via.

Sénèque , Hercule furieux, acte 2.

Ajoutons avec l'orateur romain :

Propositd invidiâ , morte , pœnâ ., qui nihîlo segnius rcinpublicam défendit, is virverè putandus est. Cic. Or. pro Milone.

Page «3, Souvent un prêtre infâme égorge au nom des dieux.

Sœpius olim.

Relligio peperit scelerosa atque impia facta.

Lucrèce , livre, \ v. 83.

NOTES. toy

Page 84.

Qu'il soit sujet des rois, non leur propriét*'?.

a II y a cette différence entre les bons et les mauvais princes que les uns veulent des sujets libres et les autres ne souffrent que des esclaves. » (St.-Arnhroise, Icttrei^àThcodose-le-Grand. Hist. de Fléchier , page 346. )

Page 84.

....Qu'au moins la raison trace de sages lois.

« Quels travaux n'a-t-il pas fallu pour fonder notre empire ! « quels efforts de bravoure pour affermir notre liberté.... 1 Songez qu'une seule nuit a pensé tout détruire. Vous de- « vez pourvoir à ce que des citoyens, à l'avenir, ne puissent 'c pas exécuter ni même imaginer de pareils projets. » Cic. , quatrième Catilinaire.

Page 84.

Puisque du hasard seul on attend les bons rois.

La légitimité, en effet, a donné à la Fiance, Louis XI et Louis XII, Henri III et Henri IV, Cette idée est empruntée

de l'histoire de CromvyelL» litfgMjJ'K^lemain

Mais quand je sers l 'ÏÏT wa[fjTL|" rffii'pii " ' ' ' ' m'outrager ?

'< Hoc animo semper/ui^ ut invidiam virtute partant , gloî» riam, non invidixim. putarem. » Cic, première catilinaire.

Page 86.

Porter la vérité jusqu'au trône des rois.

Un roi conquérant et philosophe , Frédéric-le-Grand, écrivait à Rollin , en 1787 :

« La carrière que vous courez vous donne le droit de fair«

,o8 NOTES.

« la leçon aux souverains ; vous pouvez leur faire entendre la « voix de la vérité , que la flatterie rend inaccessible au «trône (i). Je souhaite, pour le bien de l'humanité, que « vous puissiez rendre les rois hommes , et les princes ci- R toyens. »

(i) « Il voas est permis de fouetter le vice ceint du diadème sur « le dos des tyrans, dont fonnnillent les annales de l'univers, et de « corriger d'une manière indirecte ceux dont le rang fait respecter « jusqu'aux défauts. »

Rapport du secrétaire -perpétuel de l'Académie françaite , sur le concours d'éloquence de l8i8.

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