L'ORGANISATION MUNICIPALE
IV. — Le décret du 6 Mai 1924 : Nouvelle preuve de libéralisme
À la veille de la promulgation du décret instituant les délégations économiques et financières un nouveau texte est venu apporter quelques modifications importantes au décret de 1913. Le décret du 6 Mai :924 a pour objet essentiel d'étendre le corps électoral fançais et de constituer un collège électoral indigène.
Dorénavant, les citoyens français pour être électeurs ne sont plus astreints à des conditions de sens ; on n’exige plus d’eux qu'ils paient 40 francs d'impôt au minimum pour voter. Quant à la représentation indigène, si les conseillers sont toujours nommés par le gouverneur général en conseil d'administration, elle repose tout de même en partie sur l'élection. L’élite de la population indigène est appelée à désigner un nombre d'élus triple de celui des conseillers à élire. C’est uniquement parmi les noms de cette liste, que le chef de la colonie aura à porter son choix.
En dépit de cette législation libérale l’organisation municipale est relativement peu développée à Madagascar.
Un certain nombre de raisons nuisent à l’extension de la représentation municipale. Tout d’abord nos compatriotes sont relativement peu nombreux à Madagascar, ils ne forment même pas le centième de la population totale. D'autre part, ils sont localisés dans une proportion de plus 85 % dans les grandes villes. Il est difficile de doter d’une organisation municipale d’autres centres où vivent seulement quelques fonctionnaires car les colons sont dispersés.
Il ne faut pas oublier non plus que sur 158.000 habitants dans les agglomérations pourvues d’un conseil ou d’une commission, il y avait 142.000 indigènes et que dans les autres centres la proportion est plus forte.