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LES ASPIRATIONS DES FRANÇAIS

La réunion d’une conférence économique par le Gouverneur Général Schrameck, qui avait succédé au cours de l’année 1918 au Gouverneur Général Merlin, allait permettre aux représentants des colons français d'exprimer et de préciser leurs revendications.

La conférence économique de 1919

La guerre, à peine terminée, le Gouverneur Général Schrameck, successeur du Gouverneur Général Merlin, prit l'initiative de réunir une conférence économique à Tananarive du 15 au 31 janvier 1919.

Son objet, d’après les termes d’un télégramme adressé par le chef de la colonie aux chefs de circonscriptions administratives de Madagascar était « d'associer dans la mesure compatible avec les responsabilités personnelles du chef de la colonie, les colons de Madagascar à la discussion des grandes questions économiques qui se posaient avec acuité au lendemain de la guerre ».

Devaient faire partie de cette assemblée les représentants les plus éminents des différentes branches de la colonisation : les présidents ou délégués de chaque chambre consultative du commerce, de l’industrie et de l’agriculture, le président ou le délégué du comité permanent des études économiques, le délégué de la chambre des mines, les délégués des syndicats des agriculteurs, des chargeurs, des producteurs de graphite.

Cette assemblée, exclusivement économique, tant par sa composition que par la nature des problèmes qui étaient soumis à son examen, allait jouer un rôle essentiel dans l’évolution de la représentation des intérêts locaux et cela, parce que dans le programme de ses travaux figurait la question des assemblées économiques.

Pour mener avec plus de rapidité et de compétence l’étude des différents problèmes, les membres de la conférence se répartirent en 11 commissions. La onzième commission eut comme programme de travail la question des assemblées représentatives économiques.

La commission examina d’abord les modifications à apporter aux organismes existants (chambres consultatives, congrès des présidents de chambres consultatives) et émit à ce sujet différents vœux qui furent à l’origine de réformes que nous avons eu l’occasion de signaler dans la première partie.

Amenés par son ordre du jour à se prononcer sur la création d’assemblées nouvelles, les membres de la commission estimèrent qu'ils étaient qualifiés pour faire connaître les vues de colonisation fran-

çaise sur l’administration de la colonie. Alors qu’on ne leur demandait leur avis que sur l’organisation des assemblées représentatives économiques, ils posèrent le principe d’une collaboration générale de la population dans le domaine administratif et financier. Cette participation des habitants français au gouvernement de la colonie, s’imposait d’après eux parce que Madagascar n'était pas une colonie de traite, mais une colonie de peuplement où de nombreux Français sont établis et demeurent.

En agissant ainsi, la commission excédait incontestablement ses pouvoirs mais elle n’en avait cure. D'ailleurs, elle ne se contenta pas de poser des principes, elle étudia des solutions pratiques. A cet effet les membres de la commission s’inspirèrent de la situation des Français en Algérie. C’est ainsi qu’ils proposèrent la création à Madagascar de deux assemblées, des délégations financières et un conseîl de gouvernement qui n'étaient qu'une adaptation des institutions existantes en Algérie et dont le nom suffisait à marquer la filiation.

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La délégation financière serait formée par des délégations provin-

ciales composées de citoyens français et d’indigènes.

Les délégués français (deux membres titulaires et un suppléant) ne représenteraient que les intérêts économiques de la population europgéenne. Ils seraient élus par les chambres consultatives de commerce de chaque province et dans le cas où la circonscription en serait dépourvue par un conseil provincial formé à cet effet par les personnes remplissant toutes les conditions pour prendre part aux élections consulaires. | |

Les délégués indigènes seraient nommés dans chaque province par le Gouverneur Général sur présentation des autorités locales.

Les sessions de la délégation se tiendraient à Tananarive. Français et Indigènes siègeraient séparément.

Les principales attributions de l’assemblée consisteraient à examiner le compte définitif de l’exercice budgétaire précédent, à établir les projets de budgets de l’année suivante, à régler le régime fiscal, à arrêter le plan de campagne des grands travaux publics.

Les délégués français auraient à désigner les douze membres français du conseil de gouvernement, qui prendraient la place du conseil d'administration. Quant aux Indigènes, ils seraient représentés dans cette assemblée par deux fonctionnaires européens.

Ce conseil de gouvernement qui se réunirait une fois par an aurait

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