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LES ASPIRATIONS DES FRANÇAIS

des attributions analogues à celles du conseil de gouvernement algérien.

Enfin, la onzième commission décida de réclamer l'envoi à Paris d’un représentant des intérêts économiques et politiques de la colonie, dont elle ne fixait pas le mode de désignation.

Pour appuyer les réformes qu'ils préconisaient et justifier sans doute leurs excès de pouvoir, les membres de la commission invoquèrent dans leur rapport les articles 14 et 15 des droits de l'Homme et du Citoyen :

« Article 14. — Tous les citoyens ont droit de constater par euxmêmes ou par leurs représentants la nécessité de la contribution publique, de la consentir pleinement, d’en suivre l'emploi et d’en déterminer la quotité, l'assiette, le recouvrement et la durée.

« Article 15. — La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ».

On ne pouvait réclamer plus explicitement des pouvoirs financiers et un contrôle politique.

La onzième commission clôtura enfin ses travaux en demandant la constitution d’une commission exécutive chargée de DORE Are la réalisation de ses vœux.

En séance plénière, les délégués de la conférence économique eurent à examiner les conclusions de la onzième commission. Ils déclarèrent nulle et non avenue la référence à la déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, mais pour le reste se rangèrent à l’avis de la commission, et émirent les deux vœux suivants :

« Qu'’une délégation financière fut instituée à Madagascar avec les mêmes attributions que celle existant en Algérie... ».

« Qu'un représentant de la colonie fut envoyé dans la Métropole pour soutenir les intérêts de la colonie... ».

Quelle fut l'attitude des autorités locales devant des revendications présentées dans des conditions si particulières ? Un extrait du discours prononcé par le Gouverneur Guyon, Secrétaire Général, à la séance de clôture de la conférence est, à ce point de vue, instructif.

« En vous demandant de faire connaître votre avis au sujet du mode de représentation des intérêts économiques, dit-il, M. le Gouverneur (rénéral s’est abstenu à dessein de vous demander votre avis sur la représentation de tous les intérêts et notamment des intérêts politiques ; c’est pourquoi le principal vœu qui est soumis à votre discussion et qui vient d’être formulé excède le cadre de vos travaux.

« Vous êtes une minorité de colons et de Français par rapport aux Indigènes. Prenez garde de n'être pas submergés par la majorité en vous engageant sur un terrain aussi peu sûr et les dangers desquels je ne veux pas m'étendre davantage 1ci.

Quant aux déclarations du chef de la colonie, le Gouverneur Général Schrameck, elles furent encore plus catégoriques : « Tant que je serai Gouverneur Général de Madagascar, dit-il également à la séance de clôture de la conférence, je ne saurais admettre aucune ingérance d'aucun élément de contrôle dans les actes de l’administration en dehors de ceux prescrits par les lois ». :

Comme il fallait s’y attendre, les vœux de la conférence économique n’eurent aucune suite directe ; toutefois ils ne pouvaient laisser l’administration indifférente. Tout d’abord, Madagascar obtint d'être représentée par trois délégués au conseil supérieur des colonies. Ensuite le gouvernement général s’employa à trouver une solution au problème de la représentation locale.

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La recherche d'une solution

Tout en refusant de faire droit aux revendications présentées par les colons, les autorités locales vont s'attacher à trouver une solution permettant de concilier les aspirations des habitants avec leurs propres exigences.

Pour apaiser les esprits, le Gouverneur Guyon, pendant son intérim, prépara et prit une série de mesures destinées à donner un caractère plus large à la représentation corporative, à permettre la consultation des habitants sur les questions financières et à leur faire une place plus large dans les organismes administratifs proprement dits.

Les colons estimèrent ces réformes insuffisantes et le proclamèrent bien haut au retour du Gouverneur Général Garbit à Madagascar. Le Chef de la Colonie s'étant empressé de réunir un congrès. économique pour étudier de concert avec les représentants qualifiés des habitants les principaux problèmes de l’heure, les colons et les autorités locales purent confronter une fois de plus leurs points de vue sur la question et opposer leurs solutions, ce qui permit à défaut de résultats positifs d'arriver à un accord sur les principes.

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