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L’Administration et les Colons

La situation troublée de l'Ile qui avait amené le Gouvernement français à renoncer au régime de protectorat exigeait des méthodes d'administration très énergiques ; c’est ainsi que les premières années de l’annexion furent utilisées avant tout à poursuivre la pacification. |

Vis-à-vis des Français anciennement établis ou récemment venus dans l'Ile, les autorités devaient exercer une tutelle étroite et un contrôle assez strict de leur activté afin d’assurer ne sécurité et ne pas éparpiller les efforts.

Pour connaître les idées du premier Gouverneur, le Général Gal- liéni, à ce sujet, le mieux est de se reporter au discours qu’il prononça lors de son arrivée à Madagascar (1) :.. :

« Je pense, disait-il, que rien ne doit être négligé lorsqu'il s’agit d’un colon français qui fait preuve d’activité, sauf à exercer un contrôle minutieux sur ses actes, ses relations avec les indigènes afin qu’elles soient conformes à l'équité et à l'humanité et à ne renonce: aux encouragements que lorsqu'il n’est plus possible de prévenir les abus.

« Il importe de mettre les colons sérieux à l’abri ; eux qui ont souffert du régime arbitraire auquel nous succédons, et en mesure d’exercer leur activité et de faciliter aux bonnes volontés qui se manifestent les moyens de tirer parti des ressources agricoles et industrielles offertes aux gens d'initiative, courageux et persévérants. »

Ainsi, dès le début, le rôle des colons a été apprécié à sa juste valeur comme le montrent encore ces paroles que Lyautey, alors chef d'état-major de Galliéni, adressait en 1902 à nos compatriotes établis à Fianarantsoa (2) :

« Vous êtes, Messieurs les Colons, notre raison d’être dans ce pays. Si la France, à grands efforts d'hommes et d'argent s’est reconstituée en ce dernier quart de siècle un des plus vastes empires coloniaux du monde, ce n’est pas pour en faire un champ de manœuvres ni des colonies de peuplement, mais pour y ouvrir un champ d'action aux plus courageux de ses enfants et créer des débouchés à leur activité économique. C’est une conception qui grâce à Dieu après avoir mis du temps à faire son chemin, paraît aujourd’hui acquise dans la métropole et dont personne n’est plus imbu que le Général Galhéni, et moi après lui. »

Dans les premières années de l’annexion le petit nombre des Français établis à Madagascar, leur. expérience trop neuve des affaires locales, la situation politique troublée ne permettaient pas aux autorités locales de faire partager aux habitants les responsabilités du gouvernement local.

Désireux cependant d'être informé aussi parfaitement que possible de la situation de la colonie et des besoins des colons, le Général Galliéni organisa la représentation des intérêts économiques en créant

(1) Hanotaux et Martineau : Histoire des Colonies françaises, T. VI p. 211. (2) Lyautey : Paroles d'action, p. 11. L

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