‹ Les délices de la table ou les quatre saisons gourmandesChapitre 1 sur 95 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

Ce petit traité de gastronomie s'adresse aux gourmands et aux gourmets, c’est-à-dire aux gens d’esprit qui savent « ce que manger veut dire ».

Les gourmands — et les gourmandes aussi — y trouveront de nombreuses recettes pour accommoder les bons comestibles de chez nous, et les apprêter « à la française », c’est-à-dire de façon parfaite.

Les gourmets — et aussi les « gourmettes », qu’on nous passe ce néologisme — y apprendront quels sont les vins qu'il faut boire avec tels ou tels plats, et comment, pour la plus grande satisfaction des amateurs, on doit servir ces vins.

La maîtresse de maison y verra de très nombreux modèles de menus, établis pour chaque mois de l’année: Des menus simples, des menus de gala, et aussi des menus régionaux.

Ce livre, qui contient un millier de recettes de cuisine et de pâtisserie, nous semble être opportun, à cette heure

où, dans toutes les classes de la société, se manifeste un goût des plus vifs pour le bien manger.

« Bien manger » ne veut pas dire « manger beaucoup ». Nous sommes, en France, de trop délicats et fervents amateurs de la bonne chère pour excuser la goinfrerie.

L'art culinaire français —car, si la cuisine est une science, elle es aussi un art — est fait de mesure, d’harmonie, de logique. Depuis quelque mille ans, nos maîtres-queux et nos cordons bleus se sont appliqués à perfectionner cet art, et ils y ont réussi.

La cuisine française a toujours été magnifiée, et elle l’est encore, par nos meilleurs écrivains. De tout temps, elle a été le meilleur de nos agents diplomatiques.

Les gens de goût du monde entier nous rendent visite. Ils ne sont pas attirés seulement par nos sites incomparables, nos cités magnifiques, nos monuments, où s’inscrit notre histoire. Ils n’ont pas seulement le désir de suivre de plus près les travaux de nos savants, de nos artistes, de nos écrivains. Ils viennent aussi afin de goûter à notre incomparable cuisine, où, plus, peut-être, qu’en toute autre manifestation de notre activité, se reflète le génie séduisant de notre race.

ProsPER MONTAGXNÉ.

RE AT To

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