‹ Les Délires de Zoopathie interneChapitre 18 sur 35 · RS RS · texte numérisé non relu

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six ans ». V. ., n'a pas vu son ver, mais il sent quelque chose d'inexplicable dans son cerveau. C’est un ver, parce qu'on ne peut expliquer ses sensations que par cela. Tête lourde, malaise général, principalement dans la tête : « C’est fixe, ça ne remue pas ». Il n’a aucune idée de la forme du ver. Son parasite l’oblige à dire ce qu’il ne veut pas dire. V..., croit que c’est Dieu qui lui mit ce ver dans la tête. D'ailleurs ce fut pour lui un trait de lumière lorsqu'il lut une histoire sur le Ver rongeur de l'Ecriture dans le « Magasin pittoresque ». Il s’est dit alors que c'était là une coïncidence et qu'il avait bien un ver. Les ouvriers « tuent le ver avec de l’alcool ». V..., en conséquence a pris de lalcool et s’est trouvé plus gai car son ver en était affaibli. V..., a bien pensé un moment être un Rédempteur, mais cette idée ne s’est pas fixée. Le ver est confiné dans le cerveau et reste solitaire, jamais d’autres animaux dans le corps. Si on radiographie le malade et si on lui prouve ainsi qu’il n’a pas de ver dans le cerveau, il se dira alors qu'il s'agissait d’un esprit, puisqu'on ne peut avoir aucune idée de sa forme. Au point de vue physique, son ver ne le préoccupe pas, mais au point de vue spirituel : ce ver est une figure de rhétorique; il faut le prendre au figuré, ce n'est pas un ver matériel car on pourrait l'extraire, c'est un ver spirituel, un esprit. « Je ne peux pas vous donner d'explication, ce n'est pas un animal, car il remuerait ». Ce ver lui cause comme si c'était lui-même qui causait : « Nous sommes deux personnes confondues, tantôt c’est l’une, tantôt c’est l’autre qui parle, Je ne peux plus prier Dieu pour le faire passer. Le cœur n'y est plus, ce serait un monologue ».

Observation XVIII. — Esouiroz, Maladies mentales, L:Ep: 207

Mile ....., âgée de 18 ans, jouissait d’une bonne santé, quoique encore mal réglée. Elle éprouve, à la suite des événements de 1815, une douleur fixe au sommet de la tête. Bientôt elle se persuade qu'elle a dans le crâne un ver qui dévore son cerveau, La

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vue du cuivre la fait presque défaillir, et ses parents sont obligés de faire enlever toutes les dorures des appartements. Elle ne consentà se promener qu'avec la plus grande répugnance, parce que la poussière soulevée par les promeneurs est chargée d'oxyde de cuivre. Rien ne peut la décider à toucher à un objet en cuivre, à un flambeau doré, ni à un robinet de fontaine.

Plusieurs mois de traitement ayant été infructueux, je fus appelé près de cette jeune personne. Elle était maigre, un peu décolorée, très irritable, elle se refusait quelquefois à manger, dormait mal et avait de la constipation; elle parlait de ses répugnances, tantôt avec vivacité, tantôt avec colère, tantôt avec des larmes ; je m’efforçai de gagner la confiance de la jeune malade, je flattai d’abord ses idées et je lui donnai l'assurance que je détruirais le ver, cause de ses maux, si elle avait le courage de se laisser faire une opération peu douloureuse. J'avais si bien réussi à la persuader qu'après une de mes visites, pendant laquelle je lui avais parlé de guérisons obtenues par un moyen que je lui indiquai, sa tête se monta et mademoiselle se fit, avec un canif, une incision au cuir chevelu. À peine vit-elle son sang couler qu’elle se trouva mal. Je fus aussitôt prévenu; je me rendis auprès de la malade, elle avait recouvré la connaissance et était très décidée à laisser faire l'opération dont je l’entretenais depuis quelque temps. Son courage soutint celui de ses parents qui consentirent à l'emploi du moyen que j'avais proposé. M. Bigot, médecin ordinaire de la famille, fit une incision cruciale, de plus de deux pouces d’étendue, sur le point douloureux; on laissa couler lesang. Nous montrâmes à la malade un fragment de fibrine que nous assurâmes, M. Bigot et moi, le ver qui la faisait souffrir depuis si longtemps. Un séton fut établi au centre de l’incision et maintenu pendant trois mois; la douleur fixe, les illusions et les craintes du vert-degris, disparurent après ce temps.

Observation XIX. —/d., ibid, p. 209,

Quelques années plus tard, pendant que je faisais, à la Salpé-

trière, mes leçons cliniques sur les maladies mentales, un Cas semblable se présenta chez une femme de la campagne, entrée dans la division des aliénés. Cette femme se plaignait de douleurs fixes et très aiguës au sommet de la tête; douleurs qu'elle attribuait à la présence d’un animal; ce qui l'avait jetée dans la lypémanie avec penchant au suicide. Je pratiquai une incision cruciale sur le point douloureux; j'eus soin de montrer à la malade un fragment de lombric de terre, lui assurant que c'était la cause de ses maux. Après l’opération cette femme montra à ses compagnes

l'animal dont on l’avait délivrée, exprimant sa joie d’être guérie. Mais trente-six heures après, les compagnes de cette malheureuse se moquèrent d’elle, lui disant que je m'étais joué de sa crédulité : elle arracha aussitôt le cautère qui avait été établi; les douleurs ancienne se réveillèrent et avec elles les illusions.

Observation XX.— Auzouy, Ann. méd. psych., & S.,T. V, 1859, p. 557.

Délire des grandeurs consécutif à une ancienne mélancolie. Idées de perfection (par le D' Anzouy, méd. de l'Asile d’aliénés de

Maréville).

A. Marm...,âgé de 33 ans, était, en 1853, sergent-major dans une garnison du nord-est, lorsqu'une cause morale vint ajouter l'élément mélancolique à la prédisposition héréditaire qui l’entratnait vers la folie. A. M... dont la mère est morte à l'asile d’aliénés d'Albi, eut un enfant illégitime. Cet enfant fut tué par sa mère, et celle-ci fut condamnée aux travaux forcés à perpétuité. Un événement aussi tragique retentit d’une manière pénible dans la sphère de la sensibilité morale du jeune militaire. Désirant la mort, sans oser se la donner, il écrivit au commandant de place de le faire fusiller. Il fut alors amené à Maréville, où un traitement prolongé, un régime tonique et réparateur, ont entièrement modifié le cours de ses idées, et quoiqu'il délire toujours, ses aberrations ont changé de caractère.

A.M... est devenu causeur etexpansif; il fait dans nos bureaux un travail d'expéditionnaire, et ces attributions, cependant si modestes, n’ont pas peu contribué à grandir la haute opinion qu'il a de son mérite et de ses talents universels. Il se dit administrateur de Maréville; il repousse avec indignation la qualification d'aliéné, et prétend qu'il est le seul soutien de 1250 aliénés, etc., ete. Dans son fatras de paroles oiseuses et incohérentes domine toujours la prétention à une supériorité, à une perfection à laquelle nul autre ne saurait atteindre. Alors qu’il a besoin de la protection de tous, il offre la sienne. ÊT É :

Notre malade est loin d’être exempt d’hallucination:; il est fortement convainçu qu'il a dans le corps un lézard dont il ne redoute plus les atteintes depuis qu’il est parvenu à l’annihiler par un traitement spécial et notamment par l'électricité. Voici la pièce curieuse dans laquelle il expose ses idées sur le saurien en question. ;

Direction de Maréville.

« Monsieur le Directeur des forêts,

« J'ai l'honneur de vous informer que le sieur Dub..., garde forestier peut-être placé sous votre commandement direct ou indirect, est atteint de manies très dangereuses pour ses supérieurs surtout. Le but de ma présente est basé sur une plainte que j'ai à faire sur son compte personnel; ex-fourrier d'ouvriers d'administration (5° Ci°), en garnison à Marsal en 1853, il eut l’idée très mauvaise par la voie secrète du mauvais catholicisme, de me mettre, alors son sergent-major, un petit lézard gris dans la fourniture de literie; ce petit animal s’introduisit lanuit, pendant mon sommeil, dans monindividu par les voies inférieures, et ce n’est qu'après un traitement énergique de quatre années environ que j'ai pu le réduire à zéro. »

Etc,,.ete,

Sous l’action de l'électricité momentanément s'écroule l’échafaudage de ses conceptions délirantes. Quant au lézard, tout en persistant à croire à son introduction subreptice dans son corps,

il affirme n’en être plus incommodé et il le juge détruit par l’électricité et les moyens qu'il a lui-même employés. __

Obsérvation XXI. — De CazenNeuve, La cellule sympathique normale et ses altérations dans la paralysie 8 générale (Obs.

XI), Th. de Bordeaux, 1904.

Paralysie générale avec des délirantes de négation et HUE d'excitation du plexus solaire -

F. L. 43 ans, ouvrier mécanicien, entre le 28 août 1903 dans le service de M. Régis

Il a contracté la syphilis à 23 ans et présente actuellement les symptômes psychiques et physiques de la démence paralytique. Ils ont débuté vers le mois d'octobre. On observe chez lui les signes suivants : troubles de l'intelligence, de la mémoire, embarras de la parole, tremblement labio-lingual, réflexes pupillaires paresseux, réflexes plantaires exagérés, sensibilité testiculaire abolie. Il présente, en outre, des troubles viscéraux très accusés, coexistant avec des idées de négation.

Il éprouve une douleur en demi-cercle au niveau de l'estomac ; et des douleurs vagues, sans localisations précises dans tout l'abdomen. L'estomac est très dilaté, douloureux à la pression, point épigastrique très sensible. Le moindre frottement provoque au niveau de l’abdomen de vives douleurs ; les réflexes abdominaux sont très vifs et produisent des grimaces qui expriment la souffrance. La pression profonde calme au contraire le malade, et est employée fréquemment par lui pour diminuer les douleurs. Constipation persistante opiniâtre.

: Sur ces troubles viscéraux se greffent des idées délirantes de négation : « Il est ventriloque ; il a dans son ventre tantôt un orgue, tantôt un violon qui jouent certains chants particuliers au moment de ses coliques. » Un rat a pénétré dans son ventre, mangé et pourri ses intestins. Quelquefois le malade se Saint de ne plus pouvoir manger «il est bouché ». Il garde plusieurs

heures durant des aliments dans sa bouche parce que € son gosier est bouché » — Un tramway a électrisé ses intestins qui sont brûlés !... son estomac est dans son bras droit... il n'a plus rien... ilest mort vivant... les personnes qui l'entourent sont mortes aussi... on lui a coupé la tête, et on l’a mise dans son ventre... » Malgré ces troubles viscéraux, le malade mange énormément et gloutonnement. ENS

Le 18 juillet. — Les symptômes douloureux abdominaux ont disparu ; mais la démence paralytique est plus profonde. Gàtisme permanent. Ïl est envoyé à Cadillac.

Observation XXII. — (Obs. XV de Krarrr-EBING.) à Mélancolie démonomaniaque.

Ransch, 42 ans, garçon de ferme, célibataire, reçu le 5 février 1881, est né d’un père ivrogne, mort aliéné. Un frère‘est idiot. Le malade, autrefois bien portant, avait beaucoup de peine à maintenir sa ferme, endettée ; 1l la perdit en 1879 et fut obligé d’aller en condition ; il en conçut un profond chagrin ; il fut obligé de travailler durement, devint faible, sans appétit, triste, mélancolique, déprimé (août 1880). L’angoisse précordiale apparaît. Le poids de ses péchés lui pèse lourdement, il essaye de se soulager par la prière et la confession. Il n’y réussit point. Il s’accusait de s’être confessé et d’avoir reçu la communion alors qu’il en était indigne. En janvier 1881, il s'aperçut que Dieu l'avait abandonné et que le Diable lui avait jeté un sort parce qu'il avait commis de graves péchés. Il sentait alors le diable lui monter à la gorge (boule), devint désespéré et eut des idées de suicide. Lorsqu'il fut reçu à l'asile, on constata chez lui un catarrhe gastrique chronique, de l’emphysème, une nutrition très abaissée. — Il sent l'oppression de ses péchés, demande un prêtre, projette de se couper la gorge parce qu'il sent le diable dedans.

La confession suivante, datée du 22 février 1881, caractérise son état mental dans les premiers temps de son entrée à

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l'asile: « Mon âme a été trop chargée de péchés de sorte qu’en sentant ma conscience, je suis devenu incertain et pusillanime ; j'ai pensé en moi-même que le bon Dieu ne me pardonnerait Jamais; cependant j'aimais à aller encore à confesse, mais je n'y étais jamais suffisamment préparé, ou je ne confessais pas sincèrement tout ce que j'avais à dire, ou je n'éprouvais aucun repentir de ce dont je n'accusais. Ainsi Dieu m'a éprouvé par la peur et par l'angoisse cardiaque pour me châtier de mes mauvaises confessions et communions mauvaises. C'est aussi pour cette même raison que Satan se trouve dans ma poitrine, car il y avait toujours de l'inquiétude dans mon cœur. Beaucoup d'idées me tourmentent la tête et dans mon cœur il n’y a point de repos. Ces pensées graves me rendent tout à fait fou. Je désire un prêtre pour m'aider au salut de mon âme, car je crains que plus tard tout cela s'aggrave. J’ai été un homme bien méchant et bien malin. Que la bonté et la miséricorde de Dieu soient encore une fois sur moi et sur nous tous ensemble. »

Avec le traitement opiacé, les bains, la bonne nourriture et le vin, l'angoisse précordiale s’atténue bientôt. Le malade devient plus calme, passe des nuits à peu près supportables, se déclare malade au moral, compte sur la miséricorde divine et sur sa guérison, et ne manifeste plus d'idées démonomaniaques.

Au commencement du mois d'avril, le malade voit s’exacerber de nouveau les symptômes d’angoisse précordiale, de boule et les sensations paralytiques dans la poitrine. Il est maintenant tout à fait en la possession du diable qui l’étrangle à la gorge (boule), le tiraille dans tous les sens (paralysie), travaille d’une manière terrible dans sa poitrine etlui oppresse le cœur (oppression précordiale). Il est souvent désespéré, et s'attend d’un moment à l’autre à ce que le Malin l’enlève et l'emporte en enfer. Souvent et surtout à l'apogée de son oppression anxieuse, il éprouve l'impulsion à maudire et à blasphémer Dieu.

En accentuant le traitement opiacé, qu'on cesse peut-être trop tôt, on ramène le tableau clinique de la démonomanie à celui de <a mélancolie religieuse, forme plus bénigne.

Il s’est confessé, a communié en état d'indignité, car il n’en a éprouvé aucun soulagement (anesthésie psychique); par là ila commis un vol à la divinité, il ne peut plus compter sur le salut de son âme, sa conscience lui pèse lourdement (anxiété précordiale). S'il pouvait seulement purifier sa conscience ! Les sensations paralytiques dans la gorge et dans la poitrine, autrefois interprétées dans un sens démonomaniaque ne lui semblent plus que Je ver rongeur du remords. Il prie qu'on lui ouvre avec un cou-teau la poitrine afin d’en retirer le ver du remords. La fin de l’année 1881 amène une amélioration de l’état physique, un heureux revirement dans le tableau de la maladie. Les sensations et avec elles les illusions qui s’y rattachent disparaissent ; de même l’anesthésie psychique et l’angoisse précordiale. Le malade se met à travailler, essaie de faire sa prière et se sent soulagé., Après une période de nostalgie douloureuse, la psychose se termine par la guérison ; et, au milieu de juillet 1882, le malade complètement guéri peut être renvoyé de l'asile.

Observation XXIII. — D' AxGro1ILLO, 1] manicomio moderno 1896.

Il s’agit d’une femme de 39 ans, sans antécédents personnels avérés, mais probablement syphilitique, issue d’une mère morte d'hémorragie cérébrale. Mariée à 23 ans, à un homme dont elle était depuis longtemps la maîtresse, elle a témoigné d’appétits sexuels désordonnés, de sorte que les absences de son mari, trop fréquemment en prison, lui étaient pénibles au point de déterminer chez elle, à certaines époques, des convulsions'et d’autres phénomènes nerveux, attribués par les médecins traitants à une abstinence conjugale trop soutenue. Le besoin de la copulation se. montrait si vif, qu'elle dut éloigner son fils, âgé de 13 ans, dont le contact la surexcitait. Elle alla par la suite habiter seule une ‘maison isolée au bord de la mer. LA, les troubles nerveux s’accentuant, elle eut des hallucinations de la vue, et se crut tentée du diable qui, pour la punir de s’être refusée à sa lubricité, se mit

à lui ronger l'utérus et le cœur. Elle finit par penser que ces deux organes avaient totalement disparu, et qu’il ne lui restait que peu de jours à vivre. Des animaux de toute espèce entraient et se mouvaient dans son corps aussi bien que les démons qui lui criaient «Tu n’as pas voulu être la femme de l’un de nous, tu mourras |! ». Ces maudits qui, chose singulière pour elle, s’exprimaient avec sa propre langue, lui parlaient en tous lieux, jusque devant l'autel durant la communion, et même dans le train la conduisant à l’asile.

Observation XXIV. — RousinovrrcH. Ann. méd., psych. 7° S.T. XX, 1894

Alcoolisme et délire de persécution avec auto-accusation

- Il s’agit cette fois, d’une nommée P..., âgée de 47 ans, concierge, entrée le 21 déc. 1893 à la clinique de l’asile Sainte-Anne, dans le service de mon excellent maître, M. le Pr Joffroy. L’extérieur de cette malade est bien remarquable, Imaginez un être humain dont les yeux, le nez, la bouche, les oreilles, toutes les muqueuses et toute la peau seraient soumis à desexcitations pénibles continuelles : vous le verrez cherchant à éloigner de ces différentes régions la cause de sa souffrance : il clignotera des yeux, il toussera, il crachera, il se mouchera sans cesse, il se bouchera les oreilles, remuera sans discontinuer; eh bien, tel est l’habitus extérieur de cette malade chez laquelle nous notons entre autres phénomènes, un ptyalisme excessivement intense, puisqu'elle mouille jusqu’à cinq, six mouchoirs par jour et cela depuis fort longtemps. Son interrogatoire est très laborieux, elle est réticente et, par moments, complètement muette.

Voici en peu de mots son histoire d’après les renseignements fournis par des parents et aussi d’après le récit que nous avons pu lui arracher.

Elle n’a présenté aucun trouble psychique jusqu'en 1885. En qua- Jité de concierge, elle prenait de temps à autre de petits verres

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de rhum. En 1885, elle perd son mari, et comme dans le cas précédent, pour noyer son chagrin, elle boit davantage et plus régulièrement du vermouth, du madère, du vin blanc. Elle a bientôt des gastralgies et des céphalalgies matinales. En 1888, elle devient la maîtresse d’un des employés d’un locataire. Les excès alcooliques redoublent : effets de la joie. En 1890, son amant la quitte. Sonchagrinesttrès vif, nouvelle recrudescence deses excès. Elle devient triste, s’enferme souvent dans sa loge. Puis, un jour, elle détourne une lettre destinée au locataire qui employait son amant, sous l'influence de cette idée dominante, que le locataire en question avait appris ses relations et qu'il la faisait suivre par la police.

En février 1891, elle a eu en pleine nuit, un accès de délire avec hallucinations visuelles terrifiantes, elle appelait au secours, à l'assassin. En mars 1891, nouvel accès nocturne, à la suite duquel elle est conduite à l’Infirmerie du dépôt, où le Dr Legras rédige le certificat suivant : «€ Délire mélancolique d’origine probablement alcoolique. Hallucinations de la vue ; réticence. Insomnie, cris à l'assassin. Refus de nourriture, apathie. Indifférence. Idées de persécution, tremblement des mains et de la langue ». Deux jours après, elle est examinée par M. Magnan, et un nouveau certificat est ainsi conçu : « Délire alcoolique avec hallucinations, peurs, craintes, frayeurs, excitation, tremblement des mains ». Je n’insiste pas sur les périgrinations ultérieures de la malade. Disons seulement qu'elle a quitté l’Asile de Vaucluse en août 1892, nullement guérie, et dans l’état où nous la voyons aujourd’hui. Le 21 déc. dernier, elle se présente à la consultation externe de la clinique Sainte-Anne. Là, elle est examinée par M. le P' Joffroy, qui l’engage à entrer dans son service.

Actuellement son état peut se résumer de la façon suivante : « On lui jette, dit-elle, dans tous les orifices, bouche, narines, oreilles, des imbécilités qui ont un goût de martyr, de traître »; elle entend des discussions interminables dans l'intérieur de sa tête et en dehors d’elle; les hallucinations auditives sont chez elle de caractère différent pour chaque oreillé : à l'oreille droite on

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