‹ Les Délires de Zoopathie interneChapitre 24 sur 35 · NATURE DES ZOOPATHIES INTERNES · texte numérisé non relu

NATURE DES ZOOPATHIES INTERNES

Nousnous trouvons en présence d'opinions bien dissemblables : M. Kéraval, au sujet des observations d’Ossipow. (Obs. XIII et XIV), concernant un délire de possession par, les reptiles, chez deux malades atteints de tœnia, et dont l'un souffre d’entérite catarrhale, pense que « le délire de possession par les reptiles, comme les autres formes de possession, doit être rangé dans le groupe des’ psycho-: névrosés hystériques, vu les conditions dans lesquelles naît, se développe, évolue l'affection. On ne rencontre pas toujours l'association des signes physiques et psychiques de l'hystérie; parfois, les premiers sont peu marqués et peu nombreux, mais les signes psychiques sont si nets qu’on aflirme la nature hystérique du délire. Le texte de. la possession des reptiles n’est ‘pas unique, il. occupe simplement le centre de la psychopathie ; il faut encore tenir compte des troubles de la sphère émotive, des hallucinations, des illusions, Quelquefois se manifestent, en outre, d’autres idées délirantes. Le pronostic des psychoses de possession par les reptiles varie comme celui des psychoses hystériques ; elles peuvent guérir ou

devenir chroniques. Avant de le formuler, il faut envisager le degré de prédisposition psychopathique du sujet, la persévérance et la constance des troubles auditifs et sensoriels qui forment et entretiennent les idées délirantes. Il semble que les vers intestinaux puissent, en l'espèce, être une des sources de la psychose, le degré de culture intellectuelle joue un grand rôle ». ;

M. Angiolillo voit dans son cas de délire sensoriel (Obs. XXIIT), un cas des plus heureux pour démontrer le passage de la folie sensorielle à la paranoïa. Son obsertion montre, selon lui, que le délire de possession est une entité séméiologique pouvant se rencontrer unie à toutes sortes de formes mentales, mais éclatant de préférence

chez des sujets atteints de paranoïa ou d’hystérie.

Après avoir discuté le rôle de l’hystérie dans le cas du

sujet de l’observation du D' Baelz (Obs. XXVIT), concernant la possession par les renards, au Japon, M. Baret, médecin de la marine, se demande si cette affection est de nature hystérique. Il ne le croit pas « sans doute l’hystérie est une cause prédisposante à la suggestibilité du sujet, mais au même titre que les causes débilitantes : conditions hygiéniques, mauvaise alimentation insuffisante, surmenage, maladies typhoïdes, etc. La maladie est un délire

névropathique, dont la forme s'explique par les idées,

superstitieuses, spéciales au ‘pays où on l’observe, la fré-

quence relative, par la prédisposition héréditaire atavique, développée depuis neuf siècles et la pathogénie par la suggestion : suggestion de la parole, suggestion de l'exemple, auto-suggestion, etc. »

Après avoir dépouillé nombre d'observations, il nous est

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impossible de voir dans nos modernes possédés de vulgaires hystériques. Bien mieux, chez la plupart de nos zoopathes, l'examen le plus attentif n'a pas permis de retrouver l'hystérie ; et si quelques stigmates ont pu être constatés chez certains, cette névrose ne saurait être envisagée que comme un prédisposant à la suggestibilité.

Par contre, l’idée de possession animale semble bien l’équivalente absolue de l’idée hypochondrique, comme Pa indiqué M. Séglas, dans ses Lecons cliniques sur les maladies mentales. « Fréquemment, dit-il, au sujet de ceux qu'il appelle des persécutés-possédés, les sujets présentent des idées hypochondriaques en rapport avec les troubles de la sensibilité générale et viscérale. Il est certain cas même où ces idées hypochondriaques peuvent être considérées comme équivalentes de l’idée de possession ; par exemple, lorsque le malade dit qu'il a des animaux dans le-corps, qu'il a un ver, des tænias dans l’intérieur de ses organes ». Nos malades sont bien des hypochondriaques, en fait, ils-ont des préoccupations exagérées ou sans fondement au sujet de leur santé ; ce sont encore des hypochondriaques délirants. Croire ses organes en mauvais état, perforés, rongés par le pus ou quelque grave maladie est évidemment un fait de même nature que de les supposer déchirés par les griffes d’un animal parasite.

Etudiant la nature de ces délires, nous devons constater qu'ils ne sont pas absolument différents des délires hystériques (voir l'observation de possession par le renard), ni des délires de dégénérés, ni des délires d’intoxications, principalement d'intoxication alcoolique (sensation de

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