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une tumeur à la région épigastrique. Elle avait en effet un squirrhe du pylore.
Un lypémaniaque cité par Dagonet (Obs. XV) souffrait d’un ulcère de l'estomac dont la perforation détermina la mort. |
Un malade de Morel avait un rétrécissement auriculoventriculaire : il croyait qu'un animal lui rongeait le cœur. Une malade de Marcé qui ressentait une grande pesanteur et une grande gêne dans les parties génitales s’imagina qu'elle avait un loup dans son corps; l’examen fit constater un prolapsus utérin. Esquirol ouvrit à la Salpétrière le corps d’une femme lypémaniaque, laquelle avait cru pendant plusieurs années qu’elle avait un'animal dans l'estomac : elle avait un cancer de cet organe. |
Une autre de ses malades atteinte de péritonite chronique croyait avoir des animaux dans le ventre. M. Marchand (Rev. de Psychiatrie, mai 1904) chez une femme quise plaignait d’avoir des animaux, entre autres des rats et des chiens, à la place de ses intestins, constate de l’hydropisie.
Voilà donc des cas bien nets de zoopathies à point de départ organique.
Au sujet de ces psychoses, nous pouvons méditer les paroles de Macario (Des hallucinations, 1846) : « Pour éviter l'erreur et établir un bon diagnostic, on doit donc interroger les organes avec une minutieuse attention, et on ne saurait trop le répéter, les médecins psychologues ne s'occupent guère d’un tel examen : aussi les bévues sont-elles nombreuses et fréquentes. Combien ai-je vu à l’autopsie de lésions dans divers organes des gavités splanchniques qui sont passées inaperçues pen-
CADREKO NTAOEER
dant la vie ! Ce fait est grave. La guérison ou l’incurabilité des malades en dépend ».
Or, c’est l’incessant apport à la conscience d’incitations venues des différents organes lésés qui « détermine dans la sphère psychique des prédisposés l'apparition d'un délire hypochondriaque qui englobe dans sa systématisation extensive, non seulement les malaises sensitifs, mais les troubles moteurs et les symptômes fonctionnels et opère la synthèse des interprétations pathologiques en une psychose qui tient à la fois des délires de possession et des délires hypochondriaques » (Dupré et Lévi).
C’est ainsi que chez le malade de MM. Dupré et Lévi l'examen de l’estomac atteint de gastrite alcoolique révèle une hyperesthésie avec sensation de pesanteur ou de distension, aérophagie, tremblement des membres et de la face, tachypnée se produisant simplement à la suite de l'absorption d’un peu de lait ; le clapotage qu'on perçoit alors à trois travers de doigt au-dessous de l’ombilic correspond dans l’esprit du malade au grouillementde l'animal.
M. Mirallié a relevé le parallélisme complet des symptômes de l’entérocolite muco-membraneuse avec les idées délirantes. Quand l’entérocolite s’apaise, les idées délirantes persistent mais s’atténuent : le crocodile, objet de
la possession existe toujours, mais il est blessé. Dès que l’entérocolites’exacerbe, le délire reprend toute son acuité.
Ce sont ces lésions organiques qui ont servi d’orientation au délire de nos malades ; elles ont provoqué un état émotionnel persistant exagéré chez certains par le caractère plus ou moins latent de la lésion.
Ces lésions viscérales grossières et absolument net-