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tes: dans les cas rapportés, témoignent de l'existence dans certaines circonstances de troubles réels de l’organe, à la base de l'idée hypochondriaque de possession. Nous sommes en présence de ce que Sérieux appelle
un délire d'interprétation. Le délire n'est pas erroné
dans son fondement, il a un point de départ exact, mais le malade tire faussement de cette donnée vraie des déductions et des conséquences illogiques.
Suivant M. Régis « le délire de possession corporelle par des animaux, des êtres vivants, des démons est bien un délire d'interprétation; il a souvent pour point de départ des tumeurs abdominales, de la dilatation d'estomac avec zones douloureuses de Head, des contractions intestinales ou de simples borborygmes bruyants ».
Parchappe écrivait dès 1551. «Les altérations organiques dans les viscères sont l’occasion de sensations, de mouvements, qui, susceptibles de faire illusion même à une rai-
son saine, deviennent des causes d’erreur de jugement, et des éléments de délire pour une raison troublée. Ainsi une folle qui portait un sarcome de l'utérus se croyait enceinte, quoiqu elle fût âgée de cinquante ans; elle sentait les mouvements de son enfant. Atteinte d’une péritonite mortelle, elle prenait les douleurs de la maladie pour lès douleurs de la parturition. Les exemples de sensations internes illusoires sont très communs chez les fous.
. Une femme atteinte de métrite chronique, dit sentir les mouvements de son enfant et se croit enceinte. Une autre prétend qu'il lui sort des enfants par les voies génitales où elle éprouve des douleurs. Une vieille demoiselle qui se
croit mariée, se plaint de ce que son mari la tourmente la
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nuit, de ce qu'on lui fait la nuit des tours de physique contre la décence. Rien de plus fréquent chez les folles que des plaintes relativement à des attouchements obscènes. Un mélancolique croit avoir dans le ventre des animaux, ou le diable, ou des lames de rasoirs et de couteaux.
La croyance à l’existence d’animaux vivants développés ou introduits dans l’intérieur de l’organisme a eu souvent pour fondement des sensations internes illusoires » (et l’auteur cite les observations de Bonnet que nous avons mentionnées plus haut).
La part que des sensations subjectives illusoires ont prises à l'erreur de jugement et à la génération de l’idée fixe dans ces faits curieux est incontestable et facile à reconnaître ».
Pour Marcé (1862) « la science renferme un grand nombre de faits dans lesquels des lésions viscèrales ou des phénomènes purement physiologiques sont devenus l’origine d'illusions de toute sorte. Chez les hypochondriaques le moindre malaise gastrique ou intestinal, les digestions pénibles, les borborgymes sont autant de phénomènes qui se transforment et s’accomodent aux idées délirantes du malade; c’est un lombric, une grenouille, une vpère dont ils sentent les mouvements et les morsures, qui se trouve porté tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, ne leur laisse ni paix ni trève et absorbe toute leur activité intellectuelle ».
Les conceptions hypochondriaques qui nous occupent ne sont donc que l'interprétation délirante de sensations anormales réelles, et, disait M. Roy (Rapport sur l'hypochondrie 1905), le malade qui sent un animal qui le ronge
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ne fait que traduire à sa manière par une interprétation délirante, quelque sensation anormale réelle; « un de nos paralytiques généraux dont le délire hypochondriaque est d’une variabilité et d’une richesse extraordinaires se plaignait un jour d’avoir un chat dans sa gorge qui l’empêchait de respirer et de manger; il suffit de lui faire ouvrir la bouche pour constater une amygdalite et une pharyngite intenses avec exsudat abondant; l’angine, grâce au traitement convenable guérit, débarrassant du chat qu'il avait dans la gorge le malade qui se mit à adopter d’autres conceptions délirantes plus ou moins absurdes. »
Or s’il est des cas incontestables de délires zoopathiques à base organique nettement appréciable, fil est des cas non moins certains où aucune lésion, macroscopique ou microscopique des organes, ne peut être saisie.
Ces faits ne prouvent pas que l’idée hypochondriaque puisse naître indépendamment de troubles de la sensibiliié profonde : les cas de délires de possession sans lésion matérielle perceptible ont pour cause des troubles de la cœnesthésie. La cœnesthésie est pervertie, qu'ilexiste ou non des lésions organiques et dans les deux cas les délires de zoopathie interne sont bien des cœnesthésiopathies.
Les troubles de la cœnesthésie ressentis par un cerveau débile peuvent être l’occasion de délires de zoopathie interne. C'est une idée analogue qu'exprimait en 1905 M. Roy (Congrès de Rennes) sur l’origine des délires hypochondriaques lorsqu'il voyait cette origine dans les troubles de la cœnesthésie agissant sur une constitution psychique spéciale. |