‹ Les Délires de Zoopathie interneChapitre 9 sur 35 · SA PRE · texte numérisé non relu

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ception délirante qui consiste chez ceux qui en sont atteints, à se croire possédés du démon et nous se saurions mieux faire que de nous inspirer de ses travaux, de ceux de Macario, Dagonet, P. Richet, Séglas pour établir une comparaison, des rapports etdes analogies entre la démonopathie (délire de possession par le démon) et la z00pathie (délire de possession par les animaux).

Macario (Etudes cliniques sur la démonomanie, 1843), répartit les démonomaniaques en quatre groupes bien tranchés : le premier comprend ceux qui ont des rapports externesavec le diable (démonomanie externe), le deuxième ceux quüi le portent dans leur corps (démonomanie interne), dans le troisième on peut ranger les démoniaques incubés et succubes et dans le quatrième tous les aliénés tourmentés par la terreur de la damnation (damnomanie).

M. Rüitti a tenu à établir l'extension à donner au mot démonomanie ; nous devons, suivant cet auteur, entendre sous ce terme toutes les conceptions délirantes dans lesquelles le diable et l'enfer jouent un rôle prédominant. Ainsi comprise, la démonomanie se présente sous trois formes différentes : 1° la terreur de la damnation, la démo. nomanie de Macario, la damnophobie de Guislain ; 2° lobsession démoniaque dans laquelle les malades n’ont de rapports avec l'esprit malin que par les sens externes ; 3° la possession démoniaque dans laquelle les malades ont la conviction d’avoir l'intérieur du corps occupé par un ou plusieurs démons : c’est la démonopathie proprement dite.

Nous dirons après avoir suivi M. Ritti dans sa classification de la démonomanie qu’il existe symétriquement des

PHÉAONLE

possessions zoopathiques dans lesquelles les malades n’ont de rapports avec la bête indiscrète que par les sensexternes (c’est la zoopathie externe), des cas dans lesquels les possédés ont la conviction d’avoir l’intérieur du corps occupé par un ou plusieurs animaux (c’est la zoopathie interne). Le terme de zoopathie précise donc bien les analogies qu'il fallait constater entre les deux ordres de délires, zoopathique et démonomaniaque, et, des observations qui vont suivre sortira plus frappante encore la nécessité d’un terme nouveau opposant l'animal au démon.

De plus, l'observation XXIX, qui ne concerne évidem” ment pas un .cas de possession animale vulgaire montre pourtant une forme de possession qui offre certains rapports avec ceux décrits sous le nom de succubes et d’incubes. Ce cas complexe d’obsession zoopathique fournit encore des analogies aux deux grandes variétés de possession.

Les démonopathes externes, chez qui prédominent les hallucinations de la vue, voient le diable, l’entendent, le sentent, le touchent même parfois. Parmi les illustres obsédés, on rappelle que Socrate s’entretenait avec son Génie dont les conseils le conduisaient dans la voie de la Sagesse, que Denys de Syracuse fut empli de terreur à l'apparition subite d’un spectre immense accompagné d'un bruit assourdissant, que Néron était obsédé par le spectre de sa mère; que Constantia fut visitée pendant une maladie, par l'ombre de sainte Agnès (1). Nous laisserons de côté les hallucinations de Nabuchodonosor, de saint Cyprien, de saint Ambroise, de saint Martin

© (1) Calmeil.

ro

et de saint Jean Chrysostôme pour arriver à la zoopathie externe typique de saint Antoine, tourmenté par les démons qui avaient pris la forme de tigres, de lions, de serpents, de taureaux et de loups ; l’ascète entendait leurs sifflements, leurs mugissements, leurs grincements de mâchoires et les griffes de ces bêtes le déchiraient, les cornes des taureaux l'avaient meurtri. Et pour nous rapprocher davantage de l’histoire, Luther n'est-il pas un exemple bien connu de la démonomanie obsédante alors qu’il recevait fréquemment la visite du diable, qu’il le voyait, qu'il discutait violemment avec lui et qu’il le sentait même parfois se pendre à son cou.

Mais nous passons rapidement sur ces faits pour nous limiter à l'étude des zoopathies internes et nous essaierons d’abord en citantet en apportant des observations, d'établir l'existence de ces délires puis de préciser leurs caractères

par opposition aux démonopathies internes.

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