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RELIEF DE LA PORTE DE LA SACRISTIE DE SAINTE MARIE DES FLEURS

Dans l’art de Luca les formes seront d’antant plus fines et gracieuses qu’elles appartiendront à une époque plus avancée.

Aux coins de chaque bas-relief sont placées, comme motif de décoration, de petites têtes, selon la mode adoptée par Ghiberti dans sa première Porte. Ces petites têtes, qui pour la plupart sont des portraits, méritent d’être admirées à l’égal des figures d’Anges. A l’appui de notre attribution à Michelozzo des basreliefs des Docteurs, nous ferons remarquer que les petites têtes qui entourent ces quatre reliefs ont un style particulier. Par leur caractère nerveux, âpre, anti-féminin, par leurs attitudes tourmentées, elles contrastent avec le style de Luca, ainsi qu’on peut s’en assurer en les comparant avec les têtes qui ornent les six reliefs supérieurs dans cette même porte.

Cette Porte du Dôme ne jouit pas de la célébrité dont elle est digne ; elle n’est pas populaire comme les portes de Ghiberti et d’Andrea de Pise. Cela tient en partie à la monotonieoet à la froideur de l’ordonnance. Mais autant que tout autre elle mérite d’être louée en raison de la beauté des figures. Peu d’œuvres même pourraient être plus fructueusement consultées par les artistes modernes, peu d’œuvres leur conseilleraient un art plus élevé, un sentiment plus noble dans une forme plus plastiquement belle.

On peut se demander quel fut sur Michelozzo le résultat de sa collaboration avec Luca. Michelozzo jusqu’alors étroitement soumis à l’influence de Donatello ne chercha-t-il pas à modifier son style un peu rude après avoir vu les œuvres si douces et si fines de Luca délia Robbia ? Si réellement, comme cela est

probable, les Anges de la Chapelle Portinari à Milan sont de Michelozzo, nous aurions là un témoignage non douteux de l’influence exercée sur lui par Luca délia Kobbia. Sans doute, dans l’œuvre de Milan, c’est à Michelozzo seul qu’appartient l’idée de faire flotter dans les airs, autour d’une coupole, sous des arcatures

ANGES DE MICHELOZZO.

Chapelle Portinari de l’Église Sant’ Eustorgio à Milan.

qui l’isolent et la rendent plus aérienne, cette ronde de jeunes filles. C’était une idée de génie, une des plus originales et des plus belles de l’art moderne, et Luca n’a jamais fait preuve d’une invention aussi hardie. Mais, dans le style de chacune de ces figures, nous ne reconnaissons plus Michelozzo, tel qu’il s’était montré à nous jusqu’à ce moment, et ce style nouveau est si imprévu qu’on peut hésiter à lui attribuer ces sculp-

ŒUVRES DE LUCA

tures. Mais tout s’explique et devient naturel si l’on admet que Michelozzo, se souvenant de sa collaboration avec Luca, s’est inspiré dans la Coupole de la Chapelle Portinari des Anges de la Porte du Dôme de Florence.

Deux ans plus tard, en 1448, Luca sculptait encore pour la Cathédrale de Florence les deux Anges age-

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